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Nationale

Deux milliards de dollars de perte

Deux milliards de dollars de perte

Au moment où le gouvernement cherche des possibilités de gonfler les caisses de l’Etat, en pleine crise financière due à la chute des prix du pétrole, certains secteurs, à l’image des ports secs, ratent de grandes opportunités d’engranger des revenus.

Le manque à gagner pour l’Algérie est de l’ordre de 2 milliards de dollars chaque année, à cause du monopole des compagnies étrangères qui contrôlent et gèrent les transactions de marchandises dans nos ports secs.

Mohamed Ibn Boushaki, directeur de la marine marchande et des ports au ministère des Transports, a affirmé hier sur les ondes de la Chaîne 3, lors de l’émission « l’invité de la rédaction », que le transport maritime de marchandises est toujours sous le « diktat » de trois ou quatre compagnies étrangères, seul un taux de 2% est assuré par les compagnies nationales.

La situation des ports secs du pays est alarmante et préoccupante à la fois, le transport maritime de marchandises est, présentement, détenu à 98% par des compagnies étrangères. C’est ce qu’a dévoilé hier Ibn Boushaki. Il a tiré la sonnette d’alarme du moment que les rares compagnies nationales activant dans le secteur ne détiennent que 2% du transport de marchandises.

De ce fait, il a déploré les graves conséquences de cette situation, soulevant notamment le problème de la TVA. Sur ce plan, Ibn Boushaki explique que « ces entreprises étrangères ont ouvert des ports secs, donc la marchandise est transportée directement vers leurs ports sans payer la TVA ».

Pour faire face à ce constat, plusieurs mesures ont été préconisées lors de différents séminaires. Le directeur de la marine marchande a cité l’ouverture de ports secs aux entreprises portuaires au niveau d’Alger uniquement pour leur permettre de désengorger les quais.

Les tarifs appliqués au niveau de ces ports secs sont passés du simple au quadruple. « Cette situation a fait que nos ports sont en train de perdre énormément et les tarifs sont prohibitifs », explique-t-il. Une situation que l’orateur a qualifiée d’anormale surtout que cela dure depuis plusieurs années. Ce qui a été décidé en urgence, selon lui, c’est de geler l’octroi d’autorisations pour de nouveaux ports secs.

« Il a été décidé de ne plus octroyer de nouvelles autorisations, que ce soit pour les compagnies maritimes publiques ou privées ». Il a appelé à l’encadrement de cette activité au niveau des ports secs. Les pouvoirs publics ont élaboré un dispositif intersectoriel entre douane, commerce et transport pour mieux voir ce qui se passe au niveau de ces ports.

« Il faut revoir l’opportunité de l’ouverture de ces ports et appliquer les mêmes tarifs que les ports humides ». Il a fait savoir que ce secteur a connu aussi une nouvelle organisation avec la création d’un guichet unique au niveau des ports pour centraliser toutes les opérations de dédouanement et le transfert des marchandises.

« Plusieurs mesures ont été prises, notamment la création de zones logistiques qui couvriront plusieurs régions du pays et qui seront connectées au réseau ferroviaire », a expliqué l’invité. Il a ajouté que la flotte maritime acquerra prochainement 18 navires dans le cadre du renforcement des échanges commerciaux.

Opération qui lui permettra d’accroître son trafic et d’atteindre une part de marché de 20% dès 2016 avant d’arriver à 35% à l’horizon 2020/2022. Toutes ces mesures, explique-t-il, vont permettre de réhabiliter, de renforcer et de consolider le pavillon national surtout pour le transport des marchandises stratégiques. 

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