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Nationale

Des sites archéologiques en attente de classement

Des sites archéologiques en attente de classement

Il existe des sites archéologiques dans la commune rurale de Boudjima. Des sites susceptibles de révéler de grands pans sur l’histoire de cette région. Hormis Azrou miyazène, qui a fait l’objet d’un classement depuis la décennie 1990 par les services compétents de la wilaya de Tizi Ouzou, le reste des sites ne semble pas retenir l’attention. Et puortant, ils sont d’un intérêt certain.

Il s’agit des sites de Tamda-Oukalouache, Azrou-Ouzaghar, Azrou N’tzizoua, Laâfir (village ancien) et Garoura.

Ces sites, identifiés et signalés aux autorités compétentes par les bons soins de l’association écologique et scientifique Garoura, sont certes officiellement recensés mais ne sont pas encore classés.

A Garoura, selon Mourad Boukandour, Soufiane Hidouche et Djamel Semmani, cadres dirigeants de cette association baptisée au nom du site même, il existe deux moulins d’huile d’olive dont la construction remonte à plus de deux mille ans avant Jésus-Christ.
Selon leur plan architectural, ils sont édifiés sur une plate-forme rocheuse.

L’ensemble de la structure des deux moulins est également rocheux. Une simple étude a révélé un bassin de broyage des olives situé sur le point le plus surélevé. Plus bas, un autre bassin, et un autre plus bas encore. Ces trois bassins sont reliés l’un à l’autre par une canalisation en pierre.

Le deuxième bassin est évidemment fait pour réceptionner l’huile et le troisième pour contenir la margine. Il se trouve que le deuxième moulin, qui obéit à la même architecture et au même façonnage que le premier, risque de s’écrouler vers un ravin au fond duquel coule un ruisseau. L’érosion menace sérieusement, par la base, l’ensemble de la structure rocheuse supportant les deux moulins.

Toutefois, le danger le plus craint n’est pas celui de la nature, mais celui de l’homme tout simplement. En effet, un artisan casseur de pierre peut commettre sans le vouloir, car ignorant sa valeur archéologique et scientifique, l’irréparable en s’attaquant à coup de burin et de marteau à la structure rocheuse.

En avril 2017, nous révèlent nos interlocuteurs, une commission de contrôle de la wilaya de Tizi Ouzou s’est déplacée sur ces lieux pour déterminer si ce site est à classer et à sauvegarder. « La suite de leur décision est toujours en attente », précisent les trois cadres dirigeants de l’association Garoura.

Sur ce même site rocheux, et à de nombreux endroits, des écritures libyques sont visibles. Toujours à Garoura, une autre découverte a porté sur l’existence d’un village ancien. Sa construction remonte, selon quelques objets trouvés ou quelques traces de fondation, à une époque très lointaine. Ce village en question se trouve au lieudit Laâfir.

Sur les autres sites archéologiques, en l’occurrence Azrou-Ouzaghar, Azrou N’tzizoua et Tamda-Oukalouache, bien des épigraphes et des écritures libyques ainsi que des hiéroglyphes sont visibles sur certaine parois rocheuses.

Cela indique et renseigne d’une façon on ne peut plus claire que cette région de la commune de Boudjima a été habitée par l’homme depuis une époque très lointaine.

Cela renseigne également sur le fait que la civilisation algérienne ne date ni de l’époque de la présence française en Algérie ni de l’époque ottomane. Soufiane Hidouche, Mourad Boukandour et Djamel Semmani ont signalé que les sites en question ne sont pas inconnus des scientifiques étrangers puisqu’à maintes reprises, des archéologues les ont visités et photographiés.

Il n’en demeure pas moins cependant que l’absence de leur classement est responsable du non-démarrage des opérations de fouille.

Et le commun des mortels sait que c’est à partir des résultats de celles-ci qu’une nouvelle page de notre histoire s’écrira. Ce qui suscite toutefois une grande interrogation, c’est l’absence d’intérêt volontaire de la part des responsables concernés pour ces sites.

L’APC de Boudjima, la première concernée, aurait pu clôturer tous les espaces abritant ces sites en attendant l’implication directe des compétences archéologiques. Les élus de cette APC auraient pu également signer une délibération portant protection de ces sites. Mais rien n’a été fait dans ce sens.

La direction de la culture de la wilaya semble aussi accorder plus de valeur aux rendez-vous de chants et de danses folkloriques qu’à cet patrimoine pouvant nous révéler quand nos espaces géographiques ont été habités par l’homme.

Il va sans dire aussi que la protection des sites archéologiques et historiques ne relève pas seulement de l’administration mais aussi de celle des scientifiques et des intellectuelles.

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