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Nationale

Des pieds-noirs sur les traces de leurs ancêtres à Annaba

Des pieds-noirs sur les traces de leurs ancêtres à Annaba

Des français natifs d’Annaba ont revisité leur passé en sillonnant la ville pour retrouver leurs anciens lieux d’habitation, leurs écoles voire les lieux que leurs ancêtres ont occupé, par le fusil, pendant 132 ans.

C’est toujours à la même période, vers la fin mars et durant tout le mois d’avril, que les pieds-noirs, ces français d’Algérie, viennent revisiter les endroits où ils ont vécu durant la période coloniale.

« Bône la Coquette est, par excellence, une ville accueillante et hospitalière « , c’est en ces termes qu’un groupe de pieds-noirs bônois, accosté aux abords de la grande APC d’Annaba s’est exprimé devant des citoyens annabis. Ces Français jurent à qui veut les entendre qu’ils étaient contre les exactions de l’armée coloniale.

« Si nous sommes ici, c’est parce que nous aimions Bône, cette belle ville qui nous avait offert tout le bonheur du monde et dans laquelle nos grands-parents sont enterrés ».

Pierre Pau, un octogénaire, ravi de se retrouver sur le Cours de la Révolution, ex-Cours Bertagna, nous désigne du doigt le théâtre régional « Azzedine Medjoubi », autrefois théâtre de Bône. « C’est ici que j’ai joué en 1959 dans ma première pièce de théâtre. » Ce Français d’Algérie avoue qu’il porte son pays et sa ville de naissance dans son cœur.

Touché par l’accueil qui lui a été réservé ainsi qu’à sa femme par le directeur de l’école Victor-Hugo, ce pied-noir n’a pas caché sa joie de se retrouver dans la classe de sa première année scolaire. Il ira même s’asseoir à la deuxième rangée face au tableau.

« C’était toujours ma place, ici en deuxième rangée « , dira t-il, les yeux embués. Nicholas Arras, bibliothécaire marseillais, octogénaire comme son compatriote, visitera son ancien appartement situé à la « Colonne ».

Bien sûr, cette visite a été rendue possible après consentement du nouveau locataire. Hospitalité algérienne oblige, ce dernier invitera M. Arras, sa femme et ses deux enfants à déjeuner. Au menu, couscous, chorba et chakhchoukha. « L’histoire de la France et de l’Algérie ressemble à celle d’un couple ; nous sommes condamnés à nous entendre pour mieux vivre dans le respect et la dignité. »

Tino Colomba, un italien pied-noir de 92 ans, accompagné de sa nièce et de son neveu, interrogé sur son tourisme à Annaba, n’a pas caché son mécontentement quant à notre question : « Non, ce n’est pas du tourisme que je fais à Bône, c’est un pèlerinage.

Mes parents et mes grands-parents sont tous natifs de Bône ; ils ont été des marbriers, des sculpteurs et des tailleurs, mais ce n’est pas nous qui avons maltraité les musulmans (…) mais, qu’importe, c’est la passion pour la ville de Bône qui nous réunit aujourd’hui.

Par ailleurs, il faut signaler que des travaux de réhabilitation sur le vieux bâti sont en cours et toucheront les quartiers de la Colonne. Cette réhabilitation, selon les services de l’APC, ne touchera aucunement à l’architecture d’origine des immeubles.

Un ancien moudjahid bien connu à Annaba, questionné sur la présence des pieds-noirs dira : « Toute civilisation nouvelle doit commencer avec le pardon, et sans le pardon on ne peut pas construire l’avenir (…) Il faut que les pieds-noirs sachent que notre Révolution a été juste et sincère mais ils sont nos frères aujourd’hui grâce au souffle de l’indépendance de 1962 »

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