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Nationale

Des milliers de manifestants empêchés de rejoindre la capitale

Des milliers de manifestants empêchés de rejoindre la capitale

Les Algériens persévèrent dans la mobilisation. Septième vendredi de manifestation pacifique depuis le 22 février, premier depuis la démission du président Abdelaziz Bouteflika le 2 avril. Encore hier, les Algériens ont manifesté en masse pour réclamer le « déracinement » de tout le système, estimant que la démission du président n’est qu’une « demi-victoire » et une étape vers la construction d’une Algérie nouvelle. 
Cependant, un grand nombre de manifestants n’ont pas pu joindre la capitale pour participer à la marche, car il était difficile de la rejoindre, notamment à l’entrée Est d’Alger. Et pour cause : les équipes de la Gendarmerie nationale filtraient la circulation routière, au grand dam de ces milliers de personnes qui ont fait le déplacement.
Selon des témoins, les gendarmes ont demandé aux passagers des bus venus d’autres wilayas à destination d’Alger de descendre, et de ne laisser que les familles continuer le trajet. Ceux qui voulaient continuer à pied ont été dispersés par les forces antiémeutes de la gendarmerie, fortement déployées à la rocade sud d’Alger, qui ont fait usage d’un canon à eau et de gaz lacrymogène. D’aucun s’interrogeaient sur le pourquoi de cette interdiction de rejoindre la marche à Alger, d’autant qu’elle s’annonçait aussi pacifique que les précédentes ? Et se demandent qui a ordonné de réagir ainsi ? Car il faut le rappeler, les algériens se sont réappropriés le droit de marche à Alger alors que depuis 2001 il était interdit de manifestation dans la capitale, et toute tentative était rapidement empêchée. Plus que cela, l’armée réaffirme encore une fois « sa pleine adhésion aux revendications légitimes du peuple algérien ». En effet, dans l’éditorial « La voix du peuple est souveraine » du dernier numéro de son organe officiel El Djeïch, l’armée nationale confirme son soutien aux revendications populaires, évoquant ce lien solide et vital qui unit le peuple algérien à son armée…
Quoi qu’il en soit, des millions d’Algériens ont marché à Alger et dans plusieurs wilayas. Ces manifestants sont, en fait, déterminés à « chasser » tout le système, pas uniquement la personne du Président.
Selon les observateurs, c’est cet acquis qui encourage les manifestants à aller de l’avant. Puisque la mobilisation populaire a réussi à faire partir le Président, « la rue » persévèrera et maintiendra la pression pour en faire de même avec les autres « têtes du système ». « Le départ de Bouteflika ne répond pas à l’essentiel de nos revendications », nous a déclaré Karim, un habitué des manifestations du vendredi. A en croire ses dires, la mobilisation durera jusqu’à ce que partent « toutes les personnes ayant contribué au marasme que vit le pays », avant de lancer le fameux slogan « Yetnahaw gaâ », pour exprimer le refus de toutes les figures apparentées au système. « Djeich chaâb, khawa khawa » (Armée et peuple frères), « Ulac Smah Ulach » (Il n’y aura pas de pardon), « Ecchaâb yourid yetnahaw gaâ » (Le peuple veut le départ de tous, ont également scandé les manifestants, qui, comme à l’accoutumée, ont gardé le caractère pacifique des marches. 
 

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