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Nationale

Des lendemains incertains guettent le pays

Des lendemains incertains guettent le pays

La crise est bien là, réelle, menaçante, même, et c’est le Premier ministre Sellal qui le dit : « La situation est dure et les contraintes sont réelles avec des perspectives d’évolution incertaines » a-t-il reconnu avant hier.

Cette crise annonce des lendemains incertains pour l’économie nationale. L’Algérie a été déjà confrontée à une telle crise en 1986, qui a duré plus de dix ans. Mais cette fois les réserves de change peuvent tenir 23 mois au lieu de six à l’époque.

Le ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa, comme pour enfoncer le clou, a avancé hier devant les députés que les réserves de change vont fondre à l’horizon 2016 pour baisser à 121 milliards de dollars alors qu’elles avaient atteint le seuil historique de 190 milliards de dollars en 2014.

Soit une baisse de 70 milliards de dollars en moins de deux ans ! Les temps sont durs, les finances de l’Etat vont très mal et le gouvernement, pensant pouvoir dissimuler encore longtemps le fait qu’elle nous conduit brutalement sur le chemin de l’austérité et de la rigueur, a décidé enfin de dire la vérité aux Algériens.

Et à leur demander un effort supplémentaire pour mettre la main à la poche. Les nouvelles taxes (le PLF 2016 propose d’ajuster le taux de la TVA pour passer de 7% à 17% sur la vente de gasoil, la consommation du gaz naturel dépassant 2.500 thermie/trimestre, et sur la consommation d’électricité dépassant les 250 kilowatt-heure/trimestre, le tabac, les vignettes automobiles etc…) contenues dans la loi de finances 2016 en sont la preuve.

Au quotidien, cela se traduit déjà par d’impressionnantes mais surtout inégalitaires hausses d’impôts et d’injuste création de nouvelles taxes !

La détestable manie du secret des dirigeants algériens est tout de même assez insupportable. Le gouvernement a toujours tenté de se faire passer pour le champion de la lutte contre la fraude, alors qu’il se montre en réalité d’un laxisme rare envers les fraudeurs fiscaux.

Des centaines de milliards de DA ne rentrent pas dans les caisses du Trésor. L’administration fiscale manque terriblement de ressources humaines pour mener à bien sa mission principale, à savoir la collecte des impôts. De même que la lutte contre la corruption est devenue un slogan creux que le gouvernement sert à chaque occasion. Cette pratique, loin de cesser, a pris une nouvelle et inquiétante tournure lors de la dernière décennie.

Le ministre du Commerce Belaid Bekhti a lui-même révélé il y a dix jours que la fraude commerciale liée à la surfacturation a atteint le seuil de 30 milliards de dollars. Cette surfacturation, qui permet aux opérateurs du commerce extérieur de transférer illicitement des devises vers l’étranger, a énormément renchéri le coût des importations.

« Ce sont souvent les nationaux qui sont impliqués » dans les transferts de devises, a-t-il ajouté en notant que ces opérateurs « ont créé des sociétés écran » à l’étranger et ont ainsi le statut de « vendeurs et acheteurs ».

« Ils se sont rendus coupables de ces transferts qui ont pris une ampleur inquiétante », a accusé le ministre.Or, le secret bancaire en vigueur en Algérie est un obstacle à la lutte contre le blanchiment d’argent. Il ne permet pas à l’institution financière de donner des informations sur le propriétaire du compte bancaire.

En outre, il n’y a pas de collaboration réelle entre les banques et la justice dans la lutte contre le blanchiment d’argent. Pourtant, les banques sont les premières concernées par la lutte contre le phénomène. A chaque affaire judiciaire liée à la corruption, la justice est confrontée à l’absence de données permettant de remonter aux sources des biens des personnes inculpées.

Le parquet ne s’autosaisit que sur preuve tangible, autrement dit si le mis en cause est inculpé dans une affaire. Or, devant l’absence de banques de données il est pratiquement impossible de prouver des crimes de corruption, sauf en cas de flagrant délit.

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