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Nationale

Des experts préconisent une flexibilité dans les relations de travail

Des experts préconisent une flexibilité dans les relations de travail

Longtemps banalisé, l’emploi informel prend une place imposante dans le paysage socioéconomique de l’Algérie.

Pour lutter contre l’évolution galopante de ce phénomène, des experts recommandent de réformer le droit des relations de travail en les rendant plus flexibles.

La rigidité qui caractérise le contrat du travail est en grande partie responsable de la prolifération de l’informel, selon les experts intervenus hier dans le cadre d’une rencontre organisée par la CARE ayant pour thème « Pour un droit du travail inclusif ». Se référant à des statistiques fournies par le ministère des Finances, Mahrez Aït Belkacem, membre du CARE et consultant en entreprise, a relevé que l’emploi informel en Algérie a représenté 3,3 milliards de dollars de pertes fiscales et 2 milliards de dollars d’évasion fiscale pour la Sécurité sociale en 2011.

Pour freiner l’informel, M. Aït Belkacem a préconisé « l’’autorisation et la libération du travail temporaire, la légalisation des emplois intérimaires et l’assouplissement de la loi relative au placement de l’emploi, tout en réhabilitant l’assurance-chômage ». De son côté, Karim Tamir, membre du CARE et ancien directeur d’un cabinet-conseil en ressources humaines, a souligné la nécessité d’encourager les gens à aller de l’informel vers le formel.

Il a noté que la présence d’une importante économie informelle ne semble émouvoir ni les pouvoirs publics ni les syndicats « qui semblent accepter l’existence de cette économie informelle », alors que son importance démesurée est de nature à mettre en cause la cohésion sociale et l’édification d’une économie citoyenne.
« Au lieu de faire des efforts pour ramener l’économie informelle à une économie formelle, on se félicite presque du rôle de l’informel dans la réduction du chômage, acquiesçant le fait d’abandonner une frange importante de la population active dans la précarité et dénuée de toute protection sociale », a-t-il encore regretté. De l’avis de cet expert, la solution réside dans l’introduction de nouvelles formes d’emploi, à travers la diversification du statut des salariés.

« Cette démarche inclusive devrait permettre d’extraire du travail au noir une proportion élevée de travailleurs », a-t-il estimé. Pour cet intervenant, le travail informel est, par définition, générateur d’injustice sociale et de précarité de tous genres du fait qu’il exclut tous les travailleurs « au noir » de toute protection sociale.

Aussi, la diversification des formes d’emploi sera, selon lui, un moyen « efficace » de lutte contre le chômage et l’informel, surtout s’il s’accompagne d’une fluidification du recrutement. Les intervenants ont également évoqué l’impact financier de l’informel sur la caisse de la Sécurité sociale.

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