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Nationale

Des dizaines de hauts cadres de l’Etat rattrapés par la justice

Des dizaines de hauts cadres de l’Etat rattrapés par la justice

Premiers ministres, ministres et leur descendance pour certains, walis, présidents d‘APC, PDG de grandes entreprises publiques, patrons de banques, 40 fonctionnaires d’administration ou de ministères, patrons de grosses boîtes privées, simples agents et des complices sont aujourd’hui derrière les barreaux de la prison d’El Harrach, devenue désormais leur maison de villégiature. La justice a lancé plusieurs enquêtes sur des faits de corruption et de « dilapidation des deniers publics ». Plusieurs richissimes hommes d’affaires, la plupart soupçonnés d’avoir profité de leurs liens avec le chef de l’Etat déchu ou son entourage pour obtenir des avantages ou des marchés publics, ont été incarcérés. Beaucoup de ministres de l’ère Bouteflika sont en train de comparaître les uns après les autres devant le tribunal, certains à la Cour suprême, pour des faits de corruptions et autres motifs liés à des malversations, ou de détournements de biens appartenant à l’Etat.

Hier, c’est un ministre encore en activité, celui du Tourisme et de l’Artisanat et ancien wali de Tissemssilt, Abdelkader Benmessaoud, qui a comparu devant le conseiller enquêteur près la Cour suprême à Alger, dans le cadre de l’enquête sur des faits à caractère pénal reprochés à l’homme d’affaires Mahieddine Tahkout et d’autres mis en cause, dans le volet relatif aux cadres et hauts fonctionnaires. Benmmessaoud a été remis en liberté provisoire par le conseiller enquêteur près la Cour suprême.

Dans la même journée, l’ancien ministre des finances Karim Djoudi a été auditionné pour octroi d’indus avantages et dilapidation des deniers publics, dans le cadre de l’affaire du richissime homme d’affaires Ali Haddad. Djoudi avait été, pour rappel, placé sous contrôle judiciaire après son audition pour dilapidation des deniers publics, abus de fonction et octroi d’indus privilèges. Il avait été placé sous contrôle judiciaire le mois passé.

Idem pour Abdelghani Zaâlane, l’ancien ministre des Transports et des Travaux publics placé sous contrôle judiciaire lundi dernier dans le cadre de l’affaire Tahkout. Auditionné de nouveau par le conseiller enquêteur de la Cour suprême, Zaâlane n’a pas subi le même sort que Youcef Yousfi, placé en détention provisoire dans le cadre dumême dossier. L’ayant mis sous contrôle judiciaire le 13 juin dernier dans le cadre l’affaire Ali Haddad, le conseiller-enquêteur a décidé de maintenir la même mesure à l’encontre de Zaâlane, cité dans l’affaire Tahkout, patron de TMC et Cima Motors. Jusqu’à aujourd’hui, il faut compter au moins une dizaine d’ex-ministres dont deux Premiers ministres, Abdelmalek Sellal et Ahmed Ouyahia, emprisonnés à El Harrach parmi les centaines de responsables choisis par le président sortant Bouteflika. Quatre ministres, Djamel Ould Abbès, Amara Benyounes, Youcef Yousfi et Said Barkat sont aujourd’hui détenus à El Harrach. Rares sont ceux qui seront épargnés par la justice.

Dimanche dernier ce fut au tour de Mohamed El-Ghazi, ancien ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, d’être entendu par le procureur de la République de Cheraga. Ancien wali

d’Annaba, puis de Chlef, et de Constantine, Mohamed El-Ghazi a été auditionné avec son fils, également concerné par l’enquête.

El-Ghazi a été convoqué dans le cadre d’une enquête concernant des soupçons de corruption, d’abus de fonction et de dilapidation de deniers publics.

Deux autres anciens ministres, Abdelmalek Boudiaf et Abdelkader Kadi, vont eux aussi devoir répondre de faits délictueux devant la justice. Boudiaf, ancien ministre de la Santé, ex-wali de Constantine puis d’Oran, et l’ancien ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Abdelkader Kadi, qui était wali de Tipasa, ont été auditionnés par le juge d’instruction de Sidi M’hamed pour « octroi d’indus avantages à Abdelghani Hamel et sa famille ».

Une affaire concernant des soupçons de détournement du foncier et d’enrichissement illicite où est impliqué l’ancien DG de la Sûreté nationale (DGSN), le général-major à la retraite Hamel, en détention provisoire à El Harrach.

Enfin, l’ex-ministre Amar Ghoul devra, lui aussi, comparaître bientôt devant la Cour suprême dans l’affaire de l’autoroute Est-Ouest. Deux autres anciens ministres, Chakib Khelil pour l’affaire Sonatrach I et II et Abdesslem Bouchouareb, poursuivis, eux aussi, pour les mêmes faits de corruption, se trouvent actuellement à l’étranger. Des mandats d’arrêt internationaux vont être lancés par le parquet d’Alger contre ceux aux fins de leur extradition vers Algérie.

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