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Nationale

Des contrats pétroliers français sous le feu de Daech

Des contrats pétroliers français sous le feu de Daech

Mardi passé, au moins 40 membres des forces loyalistes ont été tués dans des combats avec les djihadistes du groupe État islamique (EI) à Syrte (centre-nord), en Libye. Tandis que dans l’est du pays, 29 personnes ont été tuées avant-hier dans l’explosion d’un dépôt d’armes. Cela se passe au moment où la France vient de signer un important contrat pétrolier avec le gouvernement d’Union nationale libyen pour un montant de 500 millions de dollars.

Un soutien monnayé que la France a proposé pour aider la Libye à lutter contre Daech. Par ailleurs, les sociétés de mercenaires étrangers, à l’image du canadien Gardaword, infectent la Libye au grand bonheur des services secrets occidentaux. En parallèle, le bras de fer entre Sarraj et Haftar n’arrange pas les choses.
Rien ne va plus en Libye.

En l’espace de 48 heures seulement, 69 Libyens, dont des dizaines de militaires, sont tombés sous les feux de l’Etat islamique (EI), appelé aussi Daech. Des combats violents ont éclaté entre les djihadistes de Daech et les membres des forces loyalistes libyens dans la ville de Syrte, faisant des dizaines de morts parmi les forces libyennes.

La menace de Daech se fait lourdement sentir, l’Algérie partageant avec la libye plus de 700 km de frontières. La montée de Daech en Libye est systématiquement une menace pour l’Algérie, qui a renforce son dispositif sécuritaire tout le long des frontières avec la Libye.

En face, le gouvernement d’Union nationale libyen, formé à la fin de l’année dernière grâce aux efforts déployés par l’envoyé des Nations unies en Libye, Martin Kobler, et dirigé par le Premier ministre libyen, Fayez El-Sarraj, est loin d’avoir réussi à neutraliser le général Khalifa Belkacem Haftar, commandant de l’armée nationale.

Ce dernier bénéficie toujours du soutien de l’Egypte et d’autres pays du Moyen-Orient, et continue de jouer un rôle de premier plan sur la scène politique libyenne.

Sur le plan militaire, il se prépare, depuis plusieurs semaines, à une importante opération pour libérer Syrte et la zone du Croissant pétrolier de l’emprise de l’Etat islamique. Toutefois, Daech semble très féroce à Syrte.

La nébuleuse a en effet pris l’initiative en s’attaquant aux forces libyennes à Syrte. Une attaque qui a provoqué la mort de plus de 40 membres des forces libyennes.

Dans cette optique, et pour la troisième fois en deux ans, le général Khalifa Haftar s’est rendu il y a quelques jours à Amman, où il a notamment rencontré son homologue jordanien, le général Mechâal Mohammed El-Zaben. Cette visite était consacrée au dossier de la coopération militaire, la Jordanie s’étant engagée à fournir un soutien à l’Armée nationale libyenne.

Elle devrait prendre ainsi en charge la formation de trente pilotes libyens au combat nocturne et à des missions de reconnaissance, ainsi que la maintenance des avions militaires.

En outre, la Jordanie aurait accepté de détacher des officiers et des techniciens en Libye pour fournir une assistance à l’armée, ainsi que des médecins militaires. Les deux parties ont convenu de former une commission mixte pour superviser et coordonner la mise en œuvre de cet accord.

D’autre part, Tripoli a reçu un nouveau camouflet de la part de Moscou, qui a livré le premier avion de transport Il-76 Iliouchine à l’armée de l’air libyenne, et ce contre la volonté du gouvernement d’Union nationale.

L’appareil, payé par le gouvernement qui siège à Bayda, est ainsi arrivé à la base aérienne de Tobrouk. Les autorités russes s’étaient engagées en 2013 à assurer la modernisation et la maintenance de cinq avions de ce type auprès du gouvernement libyen, dirigé alors par Ali Zeidan.

L’intervention du Premier ministre, Fayez Al-Sarraj, auprès de l’ambassadeur de Russie en Libye, Ivan Molotkov, est donc restée lettre morte. Lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, le 4 juin, Moscou a même indiqué qu’il étudierait la demande de lever l’embargo sur les importations d’armes à l’armée libyenne, tout en appelant le gouvernement libyen à donner la priorité à la lutte contre « les groupes terroristes ».

Contrats pétroliers en pleine « guerre »

Au moment où l’Etat islamique est en train de gagner du terrain en Libye, les groupes parapétroliers occidentaux sont en train, de marchander le pétrole libyen en signant d’importants contrats avec le gouvernement d’Union nationale libyen.

C’est le cas du groupe parapétrolier français Technip et le consortium MellitahOil&Gas, qui ont signé, au début du mois de juin en cours, une lettre d’intention pour développer le champ de Bahr Essalam Phase 2 en Méditerranée. Ce champ de gaz naturel est exploité par la filiale libyenne de MellitahOil&Gas B.V., un consortium formé par la compagnie nationale libyenne NOC et Eni North Africa.

Il sera raccordé à la plate-forme de Sabratha, située à environ 110 kilomètres des côtes libyennes, à près de 190 mètres de profondeur. La plate-forme devra assurer 40% de la production du gisement gazier de Bahr Essalam (environ 12,6 millions de mètres cubes par jour). Cette production, qui passera par le gazoduc Green Stream, sera destinée à l’Italie.

La lettre d’intention a été signée au ministère français des Affaires étrangères, en présence du ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault. Le contrat final, d’un montant de 500 millions de dollars, devrait, quant à lui, être signé au cours des prochains jours lors de la visite à Tripoli du président de Technip, Thierry Pilenko. Le français Technip, qui fusionnera bientôt avec l’américain FMC, opère déjà en Libye, en coopération avec ce dernier groupe ainsi qu’avec Eni.

Soutien monnayé

Le gouvernement libyen s’est assuré le soutien de la Force de protection des installations pétrolières, dirigée par Ibrahim Jadhrane.

Il s’est engagé à payer les arriérés des soldes des membres de cette force, qui s’élèvent à 30 millions de dinars libyens (16,8 millions d’euros). Le gouvernement s’est également engagé à l’approvisionner en armes et en munitions.

En contre partie, cette force, qui contrôle quatre des principaux terminaux pétroliers du pays (Sedra, Brega, Ras Lanouf et Zeitouna), devra faire face à l’armée libyenne en cas d’avancée de Benghazi vers la zone du Croissant pétrolier.

Gardaworld renforce ses équipes sur le terrain

Présent en Libye depuis la chute du régime du colonel Mouaâmar El-Kadhafi en 2011, Gardaworld renforce son équipe dans
l’ex-Jamahiriya. Le groupe canadien de sécurité recrute actuellement des experts en protection rapprochée statique et mobile. Ceux-ci viendront renforcer l’équipe locale, qui s’est étoffée en avril avec le retour à Tripoli du directeur des opérations, Nelson Macleod.

Ce dernier dirigeait la force de protection de la mission de sécurisation des frontières, EubamLibya. GardaWorld se prépare à la réinstallation à Tripoli de l’ambassade du Royaume-Uni et des représentations de l’Union européenne, dont elle assurait la protection jusqu’à leur délocalisation, à Tunis, en 2014.

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