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Nationale

Des citoyens menacent de s’en prendre aux commerçants

Des citoyens menacent de s’en prendre aux commerçants

La mercuriale est en folie. Quelques jours seulement nous séparent du mois de ramadhan. « La Coquette » se prépare à accueillir le mois sacré, qualifié pour de nombreux foyers, de mois de dépenses, « Mais que faire », souligne ami Tahar, vendeur de chaussures au quartier marché aux blés.

Ramadhan, un des cinq piliers de l’Islam, est un mois rassembleur pour de nombreuses familles musulmanes. C’est l’occasion propice pour chaque famille de se rassembler autour d’une meïda pour déguster la fameuse « chorba » et partager des moments agréables que seul ce mois sacré peut procurer.

Mais malheureusement ce n’est pas le cas aujourd’hui, où la spéculation en tout genre ravage le pays pour « quelques dinars de plus ». 

Des commerçants crient à qui veut les entendre que « celui qui ne se remplit pas les poches durant le mois de ramadhan ne fera rien durant les 11 mois suivants ».

Des magasins de produits informatiques, des restaurants, des cafétérias, des pizzerias et même des petits kiosques à tabac arrêtent leur activité pour louer à des particuliers pour la fabrication de zlabia, kelb el-louz et autres friandises prisées par les jeûneurs durant le mois sacré.

Le prix de location de ces locaux varie entre 500 000 et 800 000 dinars le mois. Ils rapportent à leurs occupants, selon nos sources, 7 fois le montant de la location.

Au marché couvert ou au marché populaire d’El-Hattab, situés tous les deux en plein centre-ville, les prix des fruits et légumes commencent à atteindre des « prix infernaux ».

« C’est scandaleux, nous ont déclaré quelques citoyens retraités, y a-t-il quelqu’un qui contrôle les prix des produits alimentaires mis à l’étalage ? ». Pour preuve, les prix des viandes rouges ont augmenté de 250 dinars par rapport à ceux affichés au début du mois de mai.

Concernant les viandes blanches, une hausse timide a été constatée. Dans les deux principaux marchés que nous avons visités, le prix du kilogramme de viande ovine ou bovine est affiché entre 1 500 et 1 800 DA. Le kilo de poulet, qui était à 170 dinars avant le mois de mai, avoisine maintenant les 250 dinars. Et ce n’est pas encore Ramadhan. 

Mais, par expérience des années précédentes, cette tendance des prix ne durera que les deux premières semaines du jeûne, avant une baisse. Les revendeurs, comme à l’accoutumée, dira une mère accompagnée de ses deux filles, saisissent cette occasion pour majorer les prix de leurs produits, sachant pertinemment que les consommateurs sont contraints d’acquérir certains légumes ou viandes.

Cette hausse des prix donne d’ores et déjà un aperçu de ce que sera la mercuriale le jour J de Ramadan. A titre indicatif, la pomme de terre, vendue il y a quelques jours entre 3O et 40 dinars le kilogramme, a augmenté brusquement autour de 60 dinars. 

La tomate et le poivron ont vu leurs prix majorés respectivement de 20 et 30 dinars pour être cédés entre 80 et 120 dinars. La salade, très prisée par les jeûneurs, fait un saut à hauteur des 60 dinars, alors qu’il y a juste trois jours elle était cédée à 40 dinars.

La flambée des prix semble n’épargner aucun produit, nous a confié un père de famille, qui paraissait désorienté face à la frénésie des prix qui a non seulement touché les fruits et légumes, mais également le blé concassé, appelé aussi « frik », denrée essentielle pour la préparation de la chorba qui atteignant les 460 dinars le kilo, alors qu’il était à 250 dinars il y a juste une semaine.

Les pêches, cédées il y a quelques jours seulement à 100 dinars, semblent prendre des ailes puisqu’elles sont proposées aujourd’hui à 180 dinars.

Les poissons blanc ou bleu, proposés entre 400 et 800 dinars le kilogramme, augmentent à 600 et 1 400 dinars, l’escalope de dinde, cédée à 500 dinars début mai, fait son envol à 650 dinars. Devant ces tristes constats, hier, des pères et des mères de famille désorientés n’ont pas caché leur colère.

D’une voix unanime, ces citoyens en détresse avec des yeux ébahis devant les prix affichés nous ont déclaré : « Nous jurons devant Dieu que si ces mêmes prix seront affichés le jour J du mois de ramadhan, nous ferons des dégâts contre les commerçants spéculateurs ».

Il va sans dire aussi que d’autres commerces spécifiques à ce mois de jeûne suivront la valse des prix à partir du premier jour du mois de ramadhan, à l’exemple des revendeurs à la sauvette des fines herbes (persil et autres) et des pois chiches trempés. Triste constat. 

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