Des chauffeurs licenciés de Sotraz demandent l’intervention de Tebboune – Le Jeune Indépendant
-- -- -- / -- -- --


Nationale

Des chauffeurs licenciés de Sotraz demandent l’intervention de Tebboune

Des chauffeurs licenciés de Sotraz demandent l’intervention de Tebboune

Des chauffeurs de la Société de Transport d’Arzew (SOTRAZ), filiale du groupe Sonatrach, licenciés abusivement puis réintégrés sur décision de justice ont sollicité l’intervention du président de la République Abdelmadjid Tebboune, suite au refus de la direction générale de l’entreprise d’appliquer la sentence de la loi.

Dans une vidéo relayée sur les réseaux, les chauffeurs affirment avoir été victimes des abus de l’ex-PDG Abdallah Arar, à cause de leur refus de conduire des bus en piteux état ou le manque de pièces de rechanges.

«Nous avons attiré l’attention de la direction générale sur le danger que nous faisions courir aux employés de toutes les filiales de Sonatrach en les transportant dans des véhicules dangereux qui risquent de provoquer des accidents faute de maintenance», lance un chauffeur dans la vidéo en question.

Désemparés, le groupe de chauffeurs saisit, dans la vidéo, le président de la République, exhortant son intervention.

« Notre tort est d’avoir pris conscience ces risques que nous faisions courir aux employés du groupe Sonatrach, car en cas d’accidents la direction générale auraient tous mis sur notre dos », a indiqué un des chauffeurs ayant été réhabilité par la justice.

« La tactique de Arar était soit de ne pas renouveler les contrats des employés qui osent attirer l’attention sur le parc automobile soit il mettait fin aux contrats qu’elles que soient les pertes que ça cause à l’entreprise en raison des compensations financières ordonnées par la justice aux victimes.

Plusieurs autres employés de Sotraz, qui avaient dénoncé ces pratiques, ont vécu le même «calvaire» avec l’administration Arar. Parmi eux, le Secrétaire général du bureau syndical de Sotraz, Mohamed Mourad Bendaha, qui a payé le prix de son dévouement à son entreprise et sa défense des travailleurs. Il a été poursuivi en justice par Arar pour diffamation et falsification des dossiers d’adhésion des travailleurs au syndicat.

Répondant aux questions du Jeune Indépendant, M. Bendaha a estimé que même avec la nomination à la tête de l’entreprise de Brahim Guessoum, ancien membre du Conseil d’administration, qui avait suivi de près les évènements à l’entreprise, le statu quo a été maintenu à Sotraz.

«Maintenant les décisions abusives prises par son prédécesseur Arar, le nouveau Pdg a illégalement mis fin à mon contrat de travail, sous prétexte que je suis poursuivi en justice, alors qu’il savait que j’ai été innocenté », a-t-il lancé.

Pour M. Bendaha, la vraie raison de l’acharnement de la nouvelle administration, « qui applique la feuille de route de Arar », est le combat que mène le bureau syndical pour défendre les droits de travailleurs et les intérêts de l’entreprise que «certains veulent privatiser ».

Comme son prédécesseur, le nouveau PDG ne s’inquiète point de l’état désastreux de la majorité des véhicules de Sotraz, et préfère recourir aux opérateurs privés faisant perdre de « de gros marchés », s’est indigné le syndicaliste, citant à titre d’exemple l’entreprise NAFTEC, l’une des filiale de Sonatrach (NDLR: NAFTEC est devenue raffinerie d’Arzew depuis 2009), qui va, selon lui, interrompre sa collaboration avec Sotraz préférant recourir à des opérateurs privés pour transporter les travailleurs.

« Ton innocence  pour ton retour » 

«En tant que syndicaliste, il est de mon devoir de tirer la sonnette sur ces agissements qui visent le déclin de l’entreprise », a-t-il affirmé, expliquant que le but du recours aux privés est de ne plus renouveler les contrats des chauffeurs et de museler toute personne intègre cherchant à s’opposer à leur plan de dislocation de Sotraz.

Après l’avoir suspendu,  le PDG actuel a exigé de Bendaha de ramener le verdict de son innocence dans l’affaire qui l’opposait à Arar. «Chose faite, j’ai été blanchi par la justice mais  voilà qu’il s’est défaussé par la suite», a indiqué Bendaha.

La décision de mettre fin au contrat de travail du SG du bureau syndical a été contestée par l’Union syndicale de l’UGTA, bureau d’Oran, qui a demandé, via un courrier officiel dont la rédaction détient une copie, au P-dg de «revenir sur sa décision contraire aux lois de travail, notamment les articles 51, 52, 53,53 bis, 54 et 55 de la loi 90-14 ».

La section syndicale de Sotraz, quant à elle, a qualifié de «complot à grande échelle et de manipulation indigne» la manière dont le Pdg Guessoum a manipulé le dossier du contrat de travail de M. Bendaha. La section syndicale a lancé un appel au président de la république pour mettre un terme à ce qu’elle qualifie de gabegie qui règne dans cette entreprise employant plus de 1100 travailleurs dont le siège est à Arzew.

« L’entreprise est victime de manigances et de manipulations par des dirigeants motivés uniquement par la préservation de leurs privilèges à travers des objectifs sournois», lit-on dans un rapport, dont le Jeune ‎Indépendant a obtenu une copie, ‎accusant directement l’ex Pdg Arar Abdallah de «complicité » et de tentative de déstabilisation de la section syndicale en écartant « illégalement » son Secrétaire général.

Contactée pour avoir sa réaction quant à cette affaire, la direction générale de Sotraz n’a pas répondu aux sollicitations du Jeune Indépendant.

Arar toujours au cœur de la polémique
Arar est de nouveau convoqué par la justice dans une affaire survenue durant la période où il était à la tête de Sotraz. Convoqué pour le 19 février, Arar ne s’est pas présenté aux audiences du 8 et 29 janvier dernier, selon M. Bendaha.

Après avoir été condamné par le tribunal d’Arzew pour diffamation et faux et usage de faux, la cour d’appel d’Oran a innocenté M. Bendaha, qui a saisi la justice, accusant Arar « de diffamation et d’abus de pouvoir ».
« Même si Arar est convoqué, cette fois-ci, en tant que témoin, son nom est cité dans plusieurs affaires liées à la mauvaise gestion de l’entreprise et l’attribution des marchés d’une manière non conforme à la loi, notamment celle du fournisseur de pneus Sarl Boukhelf Distribution des pneus », a-t-il précisé, tout en exprimant son étonnement que Arar soit convoqué en tant que témoin alors que la plainte a été déposée contre lui.

L’instruction a été diligentée par le procureur Mohamed Bouralia qui a justement instruit toutes les affaires de Sotraz y compris celles qui sont en cours. Dans toutes ces affaires, Arar est convoqué en tant que témoin même lorsque des plaintes sont déposées contre lui, ce qui suscite l’étonnement des travailleurs.

Ainsi, les travailleurs demandent aussi l’intervention du président dans « l’affaire Hakoum » dans laquelle ce fournisseur a reçu un versement de 9.2 millions de dinars pour une marchandise (quatre  factures de pièces détachées) que Sotraz n’a jamais réceptionnée, en dépit des alertes des travailleurs. L’affaire a eu lieu au temps d’Arar et le versement a été effectué par la direction actuelle.

Des mois durant, des rapports ont été adressés régulièrement par les travailleurs de Sotraz à la DG de Sonatrach, sur les entorses graves et multiples dans la gestion de Sotraz. « Malheureusement sans résultats concrets.

Au contraire, Arar a été coopté à la tête de Agro-Alimentaire-Activité « 3A SPA » (filiale de Sonatrach ndlr) », a-t-il regretté, faisant savoir que les travailleurs qui le dénonçaient ont payé au prix fort leur intégrité et dévouement envers l’entreprise.

Veuillez activer JavaScript dans votre navigateur pour remplir ce formulaire.

Cet article vous-a-t-il été utile?

Cet article vous-a-t-il été utile?
Nous sommes désolés. Qu’est-ce qui vous a déplu dans cet article ?
Indiquez ici ce qui pourrait nous aider a à améliorer cet article.
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email