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Culture

Des bédéistes de plusieurs pays au rendez-vous d’Alger

Des bédéistes de plusieurs pays au rendez-vous d’Alger

Une exposition collective regroupant les œuvres de créateurs de bande dessinée algériens et étranger est organisée à l’Office Riadh El-Feth dans le cadre du 13e Festival international de la bande dessinée d’Alger (Fibda, 22-26 décembre).

Des bédéistes algériens et étrangers ont participé à cette exposition qui a réuni une trentaine de planches relatant des faits historiques, des tranches de vie ou mettant en avant de célèbres super-héros de fiction.

Le bédéiste algérien, Boudjella Mohamed, a revisité à travers la bande dessinée le parcours du militant anticolonialiste, Maurice Audin, membre du Parti communiste algérien.

Les visiteurs pourront ainsi revisiter l’histoire de ce militant de la cause algérienne, disparu à Alger en 1957, après avoir été arrêté par les parachutistes de l’armée coloniale. Son arrestation à son domicile, devant sa femme Josette, son évasion invraisemblable et son exécution, après avoir été torturé à mort, ont été racontés à travers les planches en noir et blanc de ce jeune bédéiste.

Pour sa part, la dessinatrice et scénariste japonaise, Miki Mamamoto, livre à travers sa série “Sunny Sunny Ann”, le portrait d’Ann, une femme libre, sincère, généreuse et fuyant toute forme de routine et de servitude.

Le super-héro “Sunny Sunny Ann” a été distingué du prestigieux Prix “Osamu-Tezuka”, une récompense remise annuellement au Japon pour le meilleur mangaka.

La dessinatrice américaine, Elitha Martinaz, propose aux passionnés de comics, ses plus célèbres super-héros, notamment “Nubia”, nouvelle “Wonder Woman”, un personnage culte de Dc Comics.

Aimé Serge, dessinateur ivoirien de bande dessiné, participe, quant à lui, à cette exposition, par des BD mettant en avant “Oli Nouchi”, son héro de fiction qui livre un combat brutal contre “Charly Bécé” dans un monde violent.

Des bédéistes de plusieurs pays dont la Tunisie, invitée d’honneur de cette édition, participent au 13e Fibda qui s’est clôturée  dimanche soir à l’Office Riad El Feth avec au programme des ateliers dédiés au dessin digital et des animations mettant en valeur des costumes de cosplay.

“Fatima, la fille du fleuve”, une BD dédiée aux victimes des massacres du 17 octobre 61
Pour sa part, le bédéiste Benyoucef Abbas-Kebir a présenté, lors de sa participation au Festival), un nouvel album intitulé “Fatima, la fille du fleuve” dédié à la mémoire des milliers de victimes des massacres du 17 octobre 1961 à Paris.

Paru aux éditions “Dalimen”, cet album restitue l’histoire de la petite Fatima Beddar, le plus jeune martyr de ces massacres, victime de la barbarie coloniale, assassinée par la police française, après avoir pris part à une manifestation pacifique contre un couvre-feu injuste et dont le corps a été jeté à la Seine par les hommes de Maurice Papon.

Les premières planches de cet album de 31 pages relatent l’arrivée de Fatima et de sa famille à Paris où ils se sont installé dans une banlieue avant que la petite fille ne rencontre son amie Anie avec qui elle est scolarisée.

Le hasard voudra que Fatima soit dans la classe du père de son amie ce qui donne une amitié des plus solides entre les deux fillettes malgré les différences culturelles, jusqu’au déclenchement des manifestations du 17 octobre 1961 que le père de Fatima a participé à préparer en sa qualité de militant de la fédération de France du Front de libération nationale.

Fatima qui souhaite participer à la manifestation se voit interdite de le faire par sa mère qui juge qu’elle est trop jeune et qu’elle doit se concentrer sur ses études, mais la fille réussi à sortir de la maison familiale en cachette pour rejoindre les milliers de manifestants qui seront très violemment réprimés par la police française et jetés dans la Seine.

Inspiré d’une histoire vraie, “Fatima, la fille du fleuve” porte également une part de fiction afin d’éloigner l’oeuvre du travail historique et de se rapprocher de la BD et du travail artistique.

L’album comporte également des planches poignantes montrant la petite Fatima se noyer dans les eaux froides de la Seine, ou des manifestants subir une violence policière atroce, en plus de la célèbre phrase inscrite sur les quais “Ici on noie les Algériens” et des célébration du recouvrement de l’indépendance.

Benyoucef Abbas-Kebir qui a également annexé à son ouvrage une liste de plus de 300 noms de victimes de cette répression, a indiqué que cet album a été réalisé pour les 60e commémorations des massacres du 17 octobre 1961 et qu’il fait suite à son ouvrage “17 octobre 1961, 17 bulles” publié en 2011.

Il explique par ailleurs, avoir entamé ce travail pour les commémorations en étant conscient de l’importance de ce triste événement qui donne une idée réelle de “l’extension de la guerre de libération nationale sur les terres du colonisateur”.

Il a indiqué que le but de cette publication est de faire connaitre aux plus jeunes ces événements historiques importants et mettre en avant la participation des plus jeunes dans l’effort de libération, rappelant son ouvrage paru en 2018 “P’tit Omar, la révolution dans le cartable”, dédié au parcours de ce jeune héro de la bataille d’Alger, Omar Yacef, mort aux côtés de Hassiba Ben Bouali, Ali la Pointe et Hamid Bouhamidi.

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