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Nationale

Des Algériens maltraités en Tunisie

Des Algériens maltraités en Tunisie

En attendant la grande ruée des vacanciers algériens à destination de la Tunisie, un malaise persistant existe concernant le traitement de nos concitoyens. Il ne se passe pas un jour sans qu’un citoyen algérien de retour de la Tunisie ne dénonce un mauvais traitement, un manque de considération, une hogra, ou pis encore des agressions physiques relevant en premier lieu des services de sécurité tunisiens, puis de la part d’une catégorie de citoyens, vraisemblablement en dérive sociale.

Même, après le départ de Zine El Abidine Ben Ali, ex-président de la République tunisienne, la situation sécuritaire des Algériens se rendent chez le « pays frère »,-que l’Algérie ne cesse d’aider « presque gratuitement, sinon gratuitement » en matière d’électricité, de gaz et de pourvoi souvent en devises fortes, -ne s’est pas améliorée.

Durant le premier mandat du président Bouteflika, élu en 2009, des Algériens se sont plaints déjà des « mauvais traitements réservés aux Algériens par les Tunisiens ».

Le Président de la République, lors d’un discours télévisé, avait déclaré alors : « Pourquoi allez en Tunisie si vous êtes mal accueillis, personne ne vous a demandé de venir dans ce pays (…) faites votre tourisme en Algérie et découvrez les magnifiques richesses naturelles du pays ».

Bouteflika avait raison et, à travers son discours plein de connotations, le palais présidentiel de Carthage, chamboulé, ordonnera à ses services sécuritaires un meilleur traitement pour les Algériens en visite en Tunisie. Mais ce ne sera qu’une simple éclaircie- cela durera quelques mois-, mais pas plus.

Même si la Tunisie a « été plus belle sous le règne de Ben Ali », les actuels dirigeants politiques de la Tunisie, présidence de la République et chefferie du gouvernement, trouvent encore du mal pour contrôler des « humeurs encore plus violentes et incontrôlables nés probablement chez les Tunisiens durant la Révolution du Jasmin ».

En Algérie, de mémoire algérienne, aucun policier ni citoyen algérien n’avaient agressé des ressortissants tunisiens en visite dans le pays. Revenons-en à la situation de nos voyageurs algériens de retour de Tunisie.

Témoignages d’Algériens de retour de Tunisie

« J’ai reçu plusieurs coups de poings par des policiers en civil. Ils m’ont véritablement passé à tabac en me frappant sur le visage, la poitrine, le dos et en me tirant par la nuque tout en me déclarant avec obscénité que ça-va être ta fête ce soir ».

Ce témoignage émane d’un jeune citoyen annabi, âgé de 25 ans, que nous avons rencontré tout prés de la gare ferroviaire d’Annaba, principal départ vers la Tunisie qui, faut-il le rappeler, est effectué par des transporteurs clandestins. Et de poursuivre : « J’ai vu une voiture blanche sans aucune immatriculation et autour de laquelle se tenaient trois hommes.

Ces derniers m’ont fait signe de m’arrêter. J’ai refusé parce que j’ai pensé qu’ils s’agissaient de bandits ou de terroristes ». Notre interlocuteur, toujours terrorisé, continuera : « J’ai accéléré pour fuir le plus loin possible ces hommes, mais quand j’ai aperçu un barrage sécuritaire de policiers en uniformes, je me suis arrêté pour leur signaler ce que j’avais vu précédemment ».

Dix minutes plus tard, les trois hommes de la voiture blanche sont venus et agressèrent le jeune Algérien devant les policiers. La malheureux touriste, originaire d’Annaba, embarqué de force par les trois hommes vers le commissariat de la ville de Tabarka apprendra plus tard que les hommes en civil qui l’avaient sommé de s’arrêter ne sont en fait que des policiers. Au niveau du commissariat, il subira durant deux jours heures les pires outrages et insultes.

Ne donnant aucun signe de vie depuis son arrivée en Tunisie, la famille du jeune Annabi commença par s’inquiéter tout en dépêchant de suite le frère aîné de la victime en territoire tunisien. D’hôpital en hôpital, de commissariat de police vers un autre, aucune nouvelle de son cadet. Ce n’est que grâce à des cousins de la victime habitant en Tunisie qu’il sera libéré dans un état lamentable.

Autre cas qui concerne deux familles originaires d’Annaba qui avaient séjourné à Tunis-ville pour assister à une célébration de mariages. « Nos parents, enfants et sœurs sont complètement sous le choc », relate le fils d’une de ces familles avant de poursuivre : « Nous avons assisté de justesse à une agression mortelle.

Des Tunisiens munis d’armes blanches avaient percuté notre voiture de plein fouet avec la nette intention de nous brutaliser et de nous voler », déclare t-il encore. Cette agression a commencé lorsque les familles, après avoir séjourné une dizaine de jour en Tunisie prenaient le chemin de retour.

Durant le trajet, deux familles du même groupe avaient stationné leurs voitures au bord de la route, à la sortie de Tunis-ville, pour attendre le restant des membres de leurs familles. Et à ce moment-là, un véhicule de marque « Toyota » vint percuter les deux véhicules stationnés. S’ensuit une altercation violente entre nos concitoyens et les occupants de la voiture tunisienne.

Selon deux membres de la famille algérienne, l’automobiliste tunisien était accompagné de plusieurs personnes armées d’armes blanches qui avaient tenté d’agresser les familles algériennes.
Mais l’arrivée des deux autres familles manquantes poussèrent les agresseurs à prendre la poudre d’escampette.

Plusieurs habitants de la « Coquette » jurent de ne plus voyager en Tunisie, et pour boucler la boucle, les transporteurs clandestins de la gare ferroviaire d’Annaba comptent déjà, à l’approche de la saison estivale, de doubler les prix de voyage, car aux prix pratiqués et les risques existants, il vaudrait mieux rester chez soi, ou carrément trouver un « autre job ». 

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