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Culture

Dernier voyage

Dernier voyage

En présence de personnalités culturelles, de compagnons de la scène et du ministre algérien de la Culture, l’enterrement du comédien et metteur en scène Hamid Remas aura lieu, dans l’après-midi de ce vendredi 25 novembre, au cimetière de Cherchell.

Décédé des suites d’une longue maladie, l’artiste Hamid Remas est parti trop tôt. Trop tôt en raison de son âge (67 ans).

Par conséquent, son apport aux arts demeure inachevé. Son long itinéraire, et donc son expérience de comédien et de metteur en scène, servira certainement encore à ceux qui ont travaillé avec lui, aussi peu nombreux sont-ils. Nul doute qu’il représente l’un des plus talentueux artistes de sa génération et de l’histoire du théâtre et du cinéma en Algérie.

Il est de ceux qui composent le personnage qu’il doit incarner sans rechigner à l’ouvrage. Pourtant, il est peu connu du large public. Il jouit cependant d’une grande reconnaissance auprès de ses pairs, des cinéphiles et des passionnés du 4e art. Le voilà faire ses adieux sans prévenir, mais comme tout artiste, il est imprévisible.

Pour son dernier voyage sans retour, il rejoindra sa dernière demeure, non sans léguer de beaux souvenirs inhérents à son parcours et à ses relations personnelles.

Respecté pour sa qualité artistique, il l’est également pour sa modestie, sa générosité et sa gentillesse. Personne charismatique, Hamid Remas le natif d’Oran, la ville de théâtre par excellence, a survécu à tout rebondissement de l’art en Algérie.

Il entame sa vie théâtrale en 1973, il est alors membre fondateur d’une troupe avec Mohamed Fellag et Sonia, entre autres. Six ans après, il ne tardera pas à se retrouver au Théâtre national Mahieddine-Bachtarzi (TNA). Il y interprète nombre de rôles dans différentes pièces et met en scène plusieurs spectacles. Et naturellement il est appelé pour le grand écran.

Il est aisé de dire qu’il a sillonné le territoire national, passant notamment par Théâtre régional d’Annaba, dirigé alors par Sid Ahmed Agoumi (1975).

Il a assisté le regretté dramaturge Abdelkader Alloula, Ahmed Benaïssa et Aziz Arbia sur la pièce El Bedla, une adaptation de Ray Bradbury avec Mustapha Ayad, Sissani, Dalila Helilou. En 2002 et 2003, il participe à deux créations de Ziani-Chérif Ayad au TNA. 

Avec le metteur en scène français, Antoine Caubet, ils créent ensemble au TNA La Pluie (le Journal d’une femme insomniaque) d’après le roman de Rachid Boudjedra. Il est aussi dans la pièce Les Martyrs reviennent cette semaine d’après une nouvelle de Tahar Ouettar. Pour l’année de l’Algérie en France, il fait Un été de cendres de Abdelkader Djemaï (monologue).

En juin-juillet 2003, il est stagiaire au Théâtre Cazaril et avec Antoine Caubet, il travaille sur Shakespeare : Désir et folie chez Shakespeare : Lear, Hamlet et Othello. Dans le cinéma, il sera apprécié dans Rachida, Le voyage à Alger, La dernière solution, Mémoires de scènes…

Dans L’Archipel de sable, il joue le rôle principal de Gacem, l’anticolonialiste humaniste appelant à la non-violence et à la tolérance.

Ce long métrage constitue aussi des retrouvailles avec son réalisateur Ghouti Bendedouche, avec qui il a assuré dans La Voisine (2002) et Hassan Niya en 1990. Pour Hamid Remas, ce film fiction est une nouveauté dans le cinéma algérien, il relève même d’une idée originale. 

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