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Nationale

Dépistage précoce du cancer : Les médecins généralistes impliqués 

Dépistage précoce du cancer : Les médecins généralistes impliqués 

Classé comme étant le plus meurtrier des cancers en Algérie à cause de son taux de mortalité, le cancer du poumon est en nette progression. Plusieurs milliers de personnes sont atteintes de cette maladie C’est ce qu’a indiqué le Pr Asma Kerboua, cheffe de service d’oncologie au CPMC d’Alger, plaidant pour la formation médicale continue des médecins généralistes en matière de dépistage précoce des cancers du poumon et de la prostate.

Plus de 3 000 personnes sont atteintes du cancer du poumon en Algérie, a fait savoir le Pr Asma Kerboua lors d’une une journée de formation professionnelle sous le thème « Médecin face aux cancers du poumon et de la prostate », organisée à Alger, en coordination avec la direction de la prévention et de la promotion de la santé au ministère de la Santé ainsi que l’Association El-Amel d’aide aux cancéreux.

En plaidant pour la formation médicale continue des médecins généralistes, la spécialiste a mis en avant leur rôle incontournable dans la prise en charge de ces cancers, estimant que ces derniers doivent connaître les symptômes et les signes qui font suspecter ces cancers. « D’une part, ils pourront orienter à temps le patient vers les spécialistes pour confirmer ces diagnostics, et d’autre part, il faut qu’ils connaissent les différentes thérapies en oncologie pour pouvoir gérer certains effets secondaires qui ne nécessitent pas un suivi par un oncologue ou une hospitalisation, comme par exemple les effets secondaires de grades 1 et 2 comme les aphtes », a-t-elle expliqué.

Dans son intervention, l’oncologue a recommandé le dépistage du cancer de la prostate puisque, selon elle, il est détectable grâce à un simple bilan sanguin et à un toucher rectal à partir de 50 ans. 

Le Pr Asma Kerboua a mis en alerte contre la dangerosité du cancer du poumon, appelant à se départir du tabagisme qui constitue le premier facteur de cette maladie.

De son côté, la secrétaire générale de l’association El-Amel d’aide aux cancéreux, Hamida Kettab, a fait savoir que cette journée de formation, qui entre dans le cadre d’une campagne de prévention contre le cancer du poumon et de la prostate, a pour objectif d’assurer une meilleure prise en charge des patients atteints des deux pathologies.

« Plus de deux tiers des patients atteints de ces deux cancers arrivent à un stade avancé aux hôpitaux pour deux raisons, soit ils sont mal informés, mal orientés ou mal diagnostiqués par le médecin généraliste, lequel n’est pas à jour des dernières recommandations ou conduites à tenir face à ces deux cancers », a-t-elle constaté. Elle a plaidé pour une équité et une égalité dans l’accès aux soins et au diagnostic précoce, considérant « que la formation des médecins généralistes fait partie des jalons qui assurent cette équité, dès les premiers stades, par un bon diagnostic et une bonne orientation ».

Mme Kettab a également insisté sur la nécessité d’ouvrir des centres de soins palliatifs et d’accompagnement pour les patients atteints de cancer en fin de vie, et ce pour leur permettre de partir dans la dignité.

En guise de conclusion, elle a appelé à mettre en place de stratégies de dépistage pour les cancers dépistables comme la prostate et de mener de grandes campagnes de sensibilisation contre le tabac pour le cancer du poumon, ajoutant la nécessité de la mise en place de stratégies efficientes en matière de prise en charge et de traitement.

La sous-directrice chargée des maladies non transmissibles au ministère de la Santé, le Dr Djamila Nadir, a évoqué, de son côté, la formation du médecin généraliste dans le dépistage précoce du cancer du poumon et de la prostate, qui viennent en tête des types de cancer prévalant chez l’homme en Algérie, soulignant « la nécessité de modifier les pratiques en matière de prise en charge de cette pathologie et de donner la priorité aux EPSP dans le dépistage, en vue d’une prise en charge précoce de cette maladie avant son développement et sa propagation ».  

 

Le tabagisme, premier facteur de risque

Dans une autre intervention, la cheffe de service des maladies respiratoires à l’Etablissement hospitalo-universitaire (EHU) Lamine-Debaghine de Bab El-Oued (Alger), le Pr Souad Souilah, a mis en valeur certains axes du plan national de lutte contre le cancer 2015-2019, citant le cancer des poumons et la lutte contre le fléau du tabagisme, qui est le premier facteur de risque de ce cancer.

En dépit de l’augmentation annuelle de la taxe sur le tabac, dans le cadre de la loi de finances et de l’ouverture de services pour l’aide au sevrage tabagique, ces mesures sont « insuffisantes » au regard des effets négatifs du tabagisme sur la santé de l’individu et le Trésor public, a estimé la spécialiste, relevant la nécessité d’améliorer le dépistage précoce à travers une évaluation « cas par cas » et d’intensifier la prévention en direction des adolescents, et ce à travers le renforcement de l’éducation sanitaire.

S’agissant du dépistage précoce, le Dr Amira, oncologue au service de médecine légale, a déclaré que le cancer du poumon est très grave vu qu’il est le premier cancer de l’homme par la mortalité et par l’incidence. « Cette pathologie est plus fréquente en Algérie. Elle se féminise de plus en plus, et les gens ont tendance à fumer de plus en plus », a-t-elle déclaré.

Pour lutter contre ce cancer, la spécialiste a estimé qu’il faut agir sur le tabac en multipliant les campagnes anti-tabac, précisant que si le taux de tabagisme diminue, les incidences du cancer du poumon seront moins importantes.

Elle a ajouté qu’il n’y a pas de dépistage pour ce type de cancer, contrairement à celui du sein et du côlon, expliquant que l’Algérie est actuellement limitée par les moyens. Elle a insisté sur l’impératif de prendre toutes les mesures anti-tabac pour diminuer le cancer du poumon.

Selon le registre national du cancer élaboré par l’Institut national de la santé publique (INSP) pour l’année 2019, l’Algérie enregistre 2 619 nouveaux cas/an de cancer de la prostate, soit une moyenne de 13,9 cas/100 000 habitants et 3 076 nouveaux cas/an de cancer du poumon, soit 16,2 cas/100 000 habitants. Si le premier type est lié au facteur du vieillissement, le deuxième est essentiellement dû au tabagisme, soulignent les spécialistes. 

 

 

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