Dénonçant un génocide prémédité à Gaza: Pedro Sanchez appelle à l’exclusion d’Israël de l’Eurovision
Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a appelé à l’exclusion d’Israël du concours Eurovision de la chanson, appelant à la fin des « doubles standards » dans le monde de la culture.
« Personne ne s’est indigné lorsque la Russie a été exclue des compétitions internationales après l’invasion de l’Ukraine. Il ne devrait pas en être autrement pour Israël », a affirmé Sánchez lundi au cours d’une conférence sur l’impact économique de la culture en Espagne. « Ce que nous ne pouvons pas permettre, ce sont des doubles standards. Israël ne devrait pas participer à l’Eurovision », a-t-il insisté.
« L’engagement de l’Espagne en faveur du droit international et des droits de l’homme doit être constant et cohérent, comme celui de toute l’Europe devrait l’être », a-t-il souligné, estimant qu’il fallait être « solidaire du peuple de Palestine qui (vit) l’absurdité de la guerre et des bombardements ».
Cette prise de position survient dans un contexte de forte polémique autour de la participation israélienne à l’édition 2025 de l’Eurovision qui s’est déroulée en Suisse. Le week-end dernier, la représentante d’Israël a terminé à la deuxième place du classement final, grâce à un soutien massif du public, recueillant la note maximale de 13 pays.
RTVE, la télévision publique espagnole, a demandé à l’Union européenne de radiotélévision (UER), organisatrice du concours, une enquête sur la répartition des votes du public espagnol. Cette démarche intervient après que la chaîne a diffusé, en marge de la finale, un message de solidarité avec la Palestine : « Face aux droits humains, le silence n’est pas une option. Paix et justice pour la Palestine », affiché en lettres blanches sur fond noir. Un geste similaire avait été pris par la télévision publique belge, qui a même interrompu la diffusion du passage de la chanteuse israélienne.
La participation d’Israël a suscité de nombreuses réactions dans le paysage politique espagnol. Les partis de gauche, Podemos et Izquierda Unida, ont exigé l’exclusion d’Israël du concours, accusant une campagne orchestrée par l’extrême droite et le gouvernement israélien d’avoir influencé le télévote en sa faveur.
En dépit des mises en garde de l’UER contre toute référence politique, la guerre à Gaza a continué de s’inviter dans l’édition 2025 de l’Eurovision, ravivant les tensions sur la scène internationale et révélant les fractures internes de l’Espagne autour de la guerre en palestinien.
Sánchez, qui a exprimé à plusieurs reprises sa solidarité avec « le peuple palestinien confronté à l’injustice de la guerre et des bombardements », appelle désormais à une réponse européenne cohérente, fondée sur le droit international et les droits de l’homme.
L’Espagne, qui a reconnu l’Etat de Palestine le 28 mai 2024 avec l’Irlande et la Norvège, s’est imposée ces derniers mois comme l’une des voix les plus critiques de l’UE à l’égard du gouvernement de Benjamin Netanyahu, et fait figure de soutien historique de la cause palestinienne.