Démocratie, paix et sécurité en Afrique : L’Algérie prône l’unité d’action
À la présidence du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine pour le mois d’août, l’Algérie veut donner un nouvel élan à la convergence entre gouvernance, démocratie, droits de l’homme, paix et sécurité afin de renforcer les capacités africaines de prévention des crises et favoriser des réponses communes aux défis du continent.
L’ambassadeur et représentant permanent de l’Algérie auprès de l’Union africaine, Mohamed Khaled, a déclaré que « la situation actuelle sur le continent exige de passer d’un engagement théorique à des mesures pratiques et concrètes et de renforcer la capacité de l’Union africaine à prévenir les crises et à y répondre, afin de construire une Afrique plus stable, démocratique et prospère, loin du ‘’deux poids, deux mesures’’ », et ce lors de son intervention avant-hier, à l’ouverture de la réunion consultative annuelle entre le Conseil de paix et de sécurité (CPS), le sous-comité du Comité des représentants permanents (COREP) chargé des droits de l’homme, de la démocratie et de la gouvernance et la plate-forme AGA-APSA.
A la tête du CPS pour le mois d’août, l’Algérie a placé la recherche d’une meilleure coordination entre les différents mécanismes africains au centre de cette rencontre. Les discussions ont porté sur les évolutions et les défis liés à la gouvernance, à la démocratie, à l’Etat de droit et aux droits de l’homme, ainsi que sur leur impact sur la paix et la stabilité du continent.
Présidant les travaux, M. Khaled a relevé plusieurs avancées enregistrées depuis les précédentes consultations, notamment l’adoption du thème de l’Union africaine pour 2028 consacré aux droits de l’homme, à la démocratie et à la gouvernance, ainsi que l’élaboration d’une feuille de route commune entre les structures AGA et APSA. Il a également évoqué le développement du « Trigger Model » de l’Union africaine, intégré au mécanisme d’alerte précoce et de réponse rapide aux crises. Cet outil doit permettre de renforcer l’anticipation des risques et la capacité de réaction face aux situations susceptibles de provoquer de nouvelles tensions.
En outre, il a appelé à « unifier les efforts », à éviter la multiplication des initiatives et à orienter les ressources disponibles vers des actions communes, tout en renforçant les mécanismes déjà existants, soutenant que « l’efficacité de l’action continentale dépend d’une meilleure complémentarité entre les différentes structures de l’Union africaine ».
Cette question revêt une importance particulière pour la période 2026-2028, durant laquelle le CPS assure la présidence de la plate-forme AGA-APSA aux niveaux politique et technique. Cette responsabilité offre ainsi un cadre pour rapprocher davantage les mécanismes consacrés à la gouvernance de ceux chargés de la paix et de la sécurité.
Mohamed Khaled a, dans ce contexte, rappelé que la gouvernance, la démocratie, les droits de l’homme, la paix et la sécurité sont des « piliers interdépendants et essentiels à la réalisation de la paix, de la stabilité et du développement durable en Afrique ».
La réunion a également été marquée par les interventions du commissaire de l’Union africaine aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité, Bankole Adeoye, de l’ambassadeur de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) auprès de l’Union africaine et vice-président de la plate-forme AGA-APSA, Jevin Pillay Ponisamy, ainsi que de l’ambassadeur et représentant permanent du Burundi auprès de l’Union africaine, Willy Nyamitwe, vice-président du sous-comité du COREP chargé des droits de l’homme, de la démocratie et de la gouvernance.
Les participants ont examiné les moyens d’améliorer la mise en œuvre des instruments juridiques africains relatifs aux valeurs communes, notamment la « Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance ». Les Etats membres qui ne l’ont pas encore ratifiée ont été invités à achever les procédures nécessaires. Dans cette perspective, l’accent a été mis sur l’application concrète des engagements pris et sur le respect des obligations liées aux rapports périodiques. En outre, les échanges ont également porté sur la nécessité de transformer les consultations annuelles en une coopération plus opérationnelle, fondée sur des initiatives communes, le partage d’informations et une analyse concertée des risques.
La prévention des conflits devrait ainsi s’appuyer sur une meilleure prise en compte des faiblesses liées à la gouvernance, notamment en matière de transparence, de responsabilité, d’inclusion et d’efficacité institutionnelle. Les participants ont enfin examiné la contribution de ces mécanismes à la préparation du thème de l’Union africaine pour 2028 : « Renforcer les droits de l’homme, la démocratie et la gouvernance pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 en Afrique ».
Ils ont souligné que sa mise en œuvre nécessitera la mobilisation des soutiens politique, institutionnel, technique et financier nécessaires. Au terme de la réunion, les participants ont convenu de renforcer les synergies entre les mécanismes de gouvernance et ceux de paix et de sécurité, à travers l’approche de « l’Union africaine unique dans l’action ». Cette orientation vise à améliorer la prévention des conflits et à favoriser des réponses communes aux défis qui touchent la stabilité, la démocratie et les droits de l’homme sur le continent.