-- -- -- / -- -- --
Nationale

Dégâts suite au séisme à Mila: La faute à l’urbanisation anarchique

Dégâts suite au séisme à Mila: La faute à l’urbanisation anarchique

Un séisme de magnitude 4.9 est considéré comme léger et ne provoque souvent que peu, sinon pas de dégâts majeurs, selon les experts.

Dans l’histoire des tremblements de terre, les secousses de magnitude 4,0 à 4.9 degrés sur l’échelle ouverte de Richter ont très peu été suivies de pertes en vie humaine ou encore de dégâts matériels majeurs. Plus de 6 000 tremblements de terres d’une telle magnitude sont enregistrés annuellement dans le monde. A Mila, il s’agit du contraire. Les dégâts ont donné l’impression que certaines habitations étaient fabriquées en carton.

La terre dans la région du Nord-Est algérien a connu depuis le début de l’année en cours une activité sismique qualifiée d’intense. Les wilayas de Jijel et Mila précisément ont été touchées ces derniers mois par plusieurs séismes classés dans cette catégorie.

Au mois de janvier dernier, une secousse d’une magnitude mesurée par le Craag à 4.9 degrés sur l’échelle ouverte de Richter a frappé Jijel et deux autres dans la wilaya de Mila, dans la daïra de Sidi Merouane. Précisément, le premier en Juillet et le second le 7 du mois en cours de magnitude 4.9, tous ont été suivis de répliques dont la plus importante fut de magnitude 4.5 sur l’échelle ouverte de Richter, enregistrée le 7 août dans la région de Sidi Merouane à Mila. Cette activité qualifiée de légère dans le jargon géo-sismique a pourtant causé de sérieux dégâts à plusieurs bâtisses à Mila, essentiellement au niveau de deux agglomérations. Si pour le Vieux Mila, la raison serait due à la vétusté du bâti, la cité dite El-Khorba, érigée sur une colline où une soixantaine de constructions ont été ébranlées par le séisme a suscité moult interrogations.

Selon le professeur Ali Yacoub, enseignant chercheur à l’université Ferhat Abbas de Sétif, les dégâts ne sont pas dus à la violence du tremblement de terre, confirmant au passage la règle établie par les spécialistes en la matière au niveau mondial, laquelle règle répertorie très peu de séismes de telle magnitude ayant causé des dégâts aussi importants.

Ayant fait ses classes à l’institut de géographie et aménagement du territoire à l’Université des Frères Mentouri de Constantine, le chercheur ne s’est pas contenté des rapports établis in situ par les services techniques, chargés par les autorités de répertorier les dégâts et suivre l’évolution de la situation, puisque il s’est rendu sur les lieux en compagnie du directeur de l’institut d’architecture et des Sciences de la terre de l’université de la capitale des Hauts-Plateaux.

Précisément au niveau de la région d’El Khorba, supérieur et inférieur, où les dégâts furent, avec ceux relevés au niveau du Vieux-MIla, considérables. Une centaine de bâtisses situées au niveau des deux cités ont été, en effet, sérieusement secouées par le séisme. D’autant que les trois effondrements causés par la « violence » supposée de la secousse ont été répertoriés au niveau des deux quartiers.

La nature du sol en question
Le spécialiste a précisé que lors de sa sortie, il lui a été donné d’observer l’importance de certaines failles et surtout la nature du sol. Il avait entamé « l’expertise » à partir du lieu –dit Ras El-Bir jusqu’à la RN79 dans sa partie reliant Mila à Ferdjioua au Sud-ouest du chef-lieu de wilaya, en passant par les cités El Kharba supérieure et inférieure, précise-t-il. Il relève que les raisons ayant concouru à alourdir le bilan matériel sont d’une part, liées à la nature du sol et d’autre part, à l’urbanisation anarchique.
La première précise le géologue, ayant trait à la nature argileuse du sol de la région touchée, qui a été ébranlée par un très important glissement de terrain en raison notamment d’une pente et qui a été aggravé par les ondulations causées par le séisme. La seconde est, ajoute-t-il en rapport avec les constructions érigées sur de tels sols instables. Pointant du coup les services à l’origine des autorisations à bâtir sur un terrain aussi instable.

Ce qui lui fait dire que : « la région d’El Khorba étant une zone classée rouge et ne peut en aucun cas constituer une assiette pour construire des habitations ». Le spécialiste ne manque pas par ailleurs de préciser que les dégâts auraient été beaucoup plus importants si le séisme s’était produit durant les saisons froides où la pluviométrie est importante, ce qui aurait, dit-il, aggravé le glissement. Qualifiant, au passage, de « capital le travail du géologue, du spécialiste en aménagement du territoire ou en génie civile ou encore le géotechnicien pour le choix du terrain à bâtir, nonobstant l’intervention de l’architecte qui lui s’assure de la nature de la construction ».

Pour rappel les dégâts ont été enregistrés dans une douzaine de communes dont Grarem Gouga, Hamala, Sidi Merouane, Zeghaia, Ahmed Rachdi, Telaghma, Teraï Baynane, Bouhatem, Oued El-Athmania, Chelghoum Laid, Ferdjioua et Ain El-Melouk.

Le séisme a ainsi endommagé près de 250 constructions, dont une bâtisse de cinq étages complètement effondrée et une autre de quatre étages partiellement touchée, mais classée désormais non habitable et donc à démolir. Deux autres immeubles à Sidi Merouane ont été sérieusement lézardés.

Pour rappel, une cellule de crise a été mise en place par la direction de la protection civile, quelques heures après la première secousse d’une magnitude de 4.9 degrés sur l’échelle ouverte de Richter enregistrée le vendredi 7 août vers 7 heures 15 minutes du matin. L’épicentre a été localisé par le Centre de recherche en astronomie, astrophysique et géophysique, Craag, à 3 kilomètres au sud-est de la localité de Hamala précisément au lieudit Enchem, à une vingtaine de kilomètres au Nord du chef-lieu de wilaya de Mila et à une cinquantaine de kilomètres au Nord-Ouest de Constantine.

Les secours avaient sitôt été mis en place par la protection civile. Une centaine de tentes ont été montées au milieu de la pelouse du stade communale Belaid Belkacem par les éléments du corps de secours civile avec le concours des services de la commune de Mila. Les tentes étaient destinées à la prise en charge des familles évacuées des bâtisses menaçant ruine après la première secousse.

D’autres familles ont été rajoutées sur la liste établie par les services techniques, lesquelles ont été chargées de répertorier les personnes devant être prises en charge après la réplique enregistrée le même jour vers midi et dont la magnitude a été établie à 4.5 degrés sur l’échelle ouverte de Richter.
A noter que des équipes de la protection civile des wilayas de Constantine, Jijel, Sétif, Skikda, Oum El-Bouaghi et Médéa avaient été dépêchées pour prêter main forte aux secouristes de la région.
Le ministre de l’Habitat avait annoncé lors de sa visite dans la région l’octroi de 184 logements sociaux aux familles sinistrées dans un délai ne devant pas dépasser les 15 jours. Ces unités sont fin prêtes et sont situées dans la région de Fardhoua.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email