Déficit de foncier à Tizi Ouzou: Un frein à l’investissement
De nombreux projets inscrits à l’actif de la wilaya de Tizi-Ouzou ont du mal à trouver une assiette de terrain pour les accueillir, d’où la difficulté à les lancer lorsque ces derniers ne sont pas carrément annulés. C’est le cas justement du logement. A cause de l’absence de foncier, bien des programmes sont mis sous les boisseaux.
Certaines communes, à cause de l’indisponibilité du foncier ont été contraintes de céder leur programme de logements au profit d’autres communes ayant un tant soit peu la capacité de l’accueillir, ce qui constitue un déséquilibre en la matière.
La question du logement n’est cependant pas le seul secteur à souffrir de cette tare foncière. Le secteur des équipements publics et de l’investissement est également touché par l’opposition citoyenne. C’est ce qui ressort effectivement de l’exposé de Madjid Banoun, premier responsable local de l’industrie et de l’investissement dans la wilaya de Tizi Ouzou, lors de la dernière session de l’Assemblée populaire de wilaya, où le foncier industriel était inscrit à l’ordre du jour des débats.
Le constat effectué par les services de l’industrie lors des sorties effectuées, notamment au niveau des zones industrielles et des zones d’activités ainsi que lors des différentes rencontres avec les investisseurs ou encore lors des mises en demeure émises à l’endroit de ces investisseurs, est sans appel. De ce terrible constat, il en ressort une multitude d’entraves et de blocages les empêchant d’entamer le démarrage des travaux de réalisation, voire l’achèvement des projets.
Concernant ces blocages, Madjid Banoun évoque « l’opposition des citoyens ou riverains à l’installation des investisseurs dans les zones d’activités ou industrielles, soit par refus des projets retenus ou par occupation de certains lots de la zone d’activités, comme c’est le cas de la zone d’activités de Fréha, où certains riverains réclament la propriété des terrains de la zone, à l’image de la zone industrielle d’Oued Aïssi.
Certains investisseurs ne peuvent démarrer leurs projets en dépit de leur possession du permis de construire au motif qu’ils ne peuvent pas évacuer les produits de terrassement en dehors de la zone car les déblais sont de nature minérale valorisable (tuf noble, marbre, etc.).
C’est le cas de la zone d’activités de Larbaâ Nath-Irathen. La plupart des investisseurs affectés dans les zones d’activités gérées par l’entreprise Divindus-ZI souffrent de l’absence d’actes de concession et de cession suite au problème de non-transfert du patrimoine de Divindus aux domaines privés de l’Etat et, par conséquent, les investisseurs ne peuvent pas obtenir le permis de construire et entamer la réalisation de leurs projets.
Par ailleurs, bien des investisseurs, faute de possession d’acte de concession ou de cession n’ont pu entamer leurs démarches administratives pour obtenir leur permis de construire, leur agrément et même les crédits de financement nécessaires. Il n’est pas moins vrai aussi que 95 projets déjà totalement achevés attendent toujours leurs autorisations d’exploitation.
Outre ces oppositions qui constituent un réel obstacle au développement de la wilaya, l’intervenant évoque les insuffisances de crédits pour l’aménagement des 18 zones d’activités.
« La majorité des zones d’activités sont dépourvues de toute viabilité, lorsque le terrain n’est pas totalement nu dans des zones accidentées ; ce qui empêche les investisseurs de réaliser leurs projets dans les délais impartis », a-t-il encore relevé, avant de souligner la nécessité de dégager des crédits pour « une prise en charge rapide des viabilités de ces zones, qui est plus que nécessaire pour relancer le développement économique au niveau de notre wilaya ».
Il convient de rappeler que la wilaya de Tizi Ouzou dispose de trois zones industrielles. Il s’agit de celles de Oued Aïssi, Draâ El-Mizan/Tizi Ghennif et Souamâa ainsi que 18 zones d’activités, totalisant une superficie globale de 876 hectares répartis en 1 624 lots.