«Déclaration du 1er Novembre 1954» : Naissance du texte fondateur de la nation algérienne
La Déclaration du 1er Novembre 1954 est l’un des textes fondateurs les plus importants de la Révolution algérienne. Il a marqué le début officiel de la lutte armée pour l’indépendance de l’Algérie. Cette Déclaration est ainsi le premier appel adressé par le Front de libération nationale (FLN) au peuple algérien, appelant à l’unité nationale et à la lutte armée pour faire triompher la justice et la liberté.
Cette déclaration accompagnant le déclenchement de la lutte armée a été élaborée par les six principaux responsables du déclenchement de la Révolution, à savoir les chefs historiques : Mohamed Bouadiaf, Larbi Ben M’hidi, Mustapha Benboulaid, Krim Belkacem, Didouche Mourad et Rabah Bitat.
La plupart des historiens affirment que l’élaboration de cette Déclaration s’est faite avec la participation de tous afin de rédiger un texte explicatif destiné au peuple algérien, détaillant les causes, les objectifs, les moyens et les conditions de la lutte révolutionnaire. Il convient de noter que les deux mots « Secrétariat National» posé à la fin de ce texte en guise de signature traduit cet engagement collectif qui caractérise les initiateurs de la lutte armée. Cela traduit également l’esprit de collégialité au niveau de la prise de décision. De plus cette signature est le premier acte officiel de la nation algérienne unie et unifiée pour sa liberté et son indépendance.
C’est Mohamed Boudiaf qui a été désigné pour rédiger ce texte fondateur. Une fois rédigé, le texte devait être reproduit en plusieurs milliers d’exemplaires. Amar Ouamrane, adjoint du commandant de la zone III, a annoncé qu’il possédait une machine de reproduction, mais personne ne savait comment l’utiliser. Didouche Mourad s’était alors engagé, à son tour, à faire appel à un journaliste, Mohamed Laichaoui, qui maîtrisait cette machine.
Ali Zammoum raconte dans ses mémoires que le journaliste a été confié à Ouamrane, au marché des Halles de Belcourt, qui le conduisit, à son tour, à Tizi Ouzou. Ensuite, Ali Zamoum, se chargea d’accompagner Laichaoui au village d’Ighil Imoula, pour procéder au tirage sur stencil de la Proclamation du premier novembre 1954. Au village, Laichaoui fut installé au domicile du militant Ben Ramdani. Tout de suite après, on lui montra le texte qu’il fallait taper sur stencil.
Le texte a été tapé sur une vieille machine à écrire à la lumière d’une lampe à pétrole. Et pour tirer le texte à la ronéo, il fallait changer de domicile. Le choix était porté sur celui du militant Idir Rabah. Ainsi, dans la soirée du 27 au 28 octobre 1954 furent tirés des milliers d’exemplaires à Ighil Imoula. L’appel a été distribué ensuite à travers tout le territoire national aux différents journaux, mais seul Alger Républicain avait alors diffusé le texte.
En outre, après le déplacement de Boudiaf en Egypte pour informer Ahmed Benbella, Hocine Ait Ahmed et Mohamed Khider du déclenchement de la lutte armée, l’appel du 1er Novembre a été lu par Benbella sur les ondes de la radio du Caire « Sawt el Arab ». C’est ainsi que la proclamation du peuple algérien d’unir ses forces pour lutter contre le joug colonial et conquérir l’indépendance de la nation algérienne a été entendu en Algérie, mais aussi à l’international.
Ce texte qui avait été constamment la référence fondamentale des responsables de la Révolution tout au long de la guerre de libération, se voulait également un instrument indispensable pour contrecarrer toute tentative d’altérer les objectifs de l’action révolutionnaire auprès de l’opinion internationale. A travers l’Appel du 1er Novembre 1954, l’opinion publique internationale avait aussi découvert la détermination d’un peuple résolu à combattre farouchement le système colonial jusqu’au recouvrement de sa souveraineté.