Déclaration de la politique générale: Le gouvernement à l’épreuve de l’APN
Les débats de la déclaration de la politique générale du gouvernement, présentée mardi dernier par le Premier ministre, se sont poursuivis ce mercredi et s’étaleront sur cinq jours. Les députés de l’Assemblée populaire nationale (APN) qui sont intervenus dans la matinée d’hier ont salué les mesures et les efforts du gouvernement dans sa quête du développement de l’économie nationale, mais ont toutefois signalé des insuffisances et évoqué la baisse du pouvoir d’achat des Algériens.
Les interventions des députés, majoritairement des élus du Mouvement El Binaa et du Mouvement de la société pour la paix, ont versé dans le même sens. Des efforts ont été certes consentis par le gouvernement dans l’objectif d’améliorer le quotidien et les conditions de vie des Algériens, notamment à travers l’attribution du plus grand budget dans le cadre de l’exercice 2023, mais la réalité est autre, selon nombre de députés, lesquels ont dénoncé la détérioration du pouvoir d’achat des Algériens qui se plaignent de la hausse des prix de plusieurs produits.
C’est d’ailleurs ce qu’a signalé Rabah Djedou du Mouvement El Binaa, selon lequel les prix des produits agricoles ont atteint des niveaux très élevés. Pour améliorer la production, il a souligné la nécessité de se diriger vers une agriculture intelligente et de développer la logistique.
Pour sa part, Rabah Daïm Ellah, de la même formation politique, a salué les efforts du gouvernement visant l’amélioration des conditions de vie des Algériens, signalant cependant la baisse du pouvoir d’achat. Il a, en outre, appelé à bannir la bureaucratie qui entrave l’investissement, à numériser au moins les secteurs des finances et du commerce, et ce dans l’objectif d’asseoir plus de transparence.
Toujours dans la formation politique de Mouvement El Binaa, Said Neffissi a salué les mesures prises par le gouvernement et les réalisations en dépit de l’impact de la situation et des changements au niveau international sur l’Algérie. Il a toutefois tenu à évoquer certaines lacunes qui ne sont pas le résultat de l’absence de volonté de l’exécutif mais résulte du dysfonctionnement au niveau de l’exécution.
Le renforcement de la relation entre le pouvoir législatif et exécutif ainsi que le renforcement de la démocratie participative ont été soulignés par Ismail Khach du Mouvement El Binna, qui dit ne pas pouvoir ignorer les réalisations du gouvernement durant cette période.
La question du ciblage des subventions s’est aussi invitée au débat de la politique générale du gouvernement. La question a été évoquée par Abdellah Bouchama d’El Binaa, lequel a souligné la nécessité d’en finir avec le système de subvention généralisé. Il a, dans la foulée, signalé les difficultés auxquelles font face les citoyens en raison de la cherté de la vie.
Un constat partagé par la députée du Front El-Moustakbal, Samira Berhoum, selon laquelle « les augmentations de salaires sont rattrapées par les augmentations des prix ». Elle a tenu à saluer certaines mesures, citant l’ouverture des banques algériennes à l’étranger.
Djamel Ouzeghla, député indépendant, s’est, de son côté, interrogé sur le bilan des subventions directes et indirectes.
Toufik Khedmi du MSP a, pour sa part, affirmé que la présentation de la déclaration de la politique générale du gouvernement est une occasion pour évaluer le travail et les réalisations du gouvernement durant cette période.
Selon lui, l’évaluation est difficile à réaliser « en l’absence notamment des délais de réalisation de certains projets ».
Député de la diaspora, il s’est interrogé sur la place qu’occupe cette catégorie dans la politique générale du gouvernement, considérant cette catégorie comme étant un potentiel supplémentaire pour le pays. Il a plaidé pour l’ouverture des banques algériennes en France, proposant, notamment, les produits de la finance islamique. Il a, en outre, alerté sur l’immigration qui a touché toutes les catégories.
La surcharge des classes, le stress hydrique, la numérisation de l’administration ont aussi été évoqués dans les interventions des députés.