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Op-Ed

«Décisif», certes…

Bientôt l’an VI du chaos en Libye et toujours pas d’évolution significative dans l’ex-Jamahiriya. On comprend pourquoi les déclarations du MAE italien, Paolo Gentolini , tendent à attribuer à la réunion d’Alger une mission impossible.

Qu’il la qualifie « d’importante et décisive » peut encore une fois flatter notre ego mais cela ne suffira probablement pas à garantir une avancée réelle sur le terrain.

Or, la patience de notre diplomatie, devenue exemplaire à l’échelle mondiale, risque de buter contre l’impatience de l’Egypte qui subit aussi avec acuité les conséquences fâcheuses de la situation désastreuse qui prévaut en Libye.

Ce n’est évidemment pas un hasard si Sameh Choukry, le ministre égyptien s’est associé à ce round particulier de discussion supervisées par Abdelkader Messahel son homologue algérien des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue des Etats arabes.

Ce dernier mettait d’ailleurs en garde récemment contre les manœuvres de parties manifestement hostiles à un règlement politique de la crise. En y invitant la partie italienne, qui a un temps exprimé clairement sa position dangereuse en faveur d’une intervention militaire sur le sol libyen, l’Algérie conforte la voie du dialogue en s’exposant à un retour de manivelle si sa « réunion décisive » venait à subir le même revers que les pourparlers de Skhirat. 

Deux gouvernements rivaux qui ne veulent pas d’une gouvernance d’union nationale, l’organisation DAECH de plus en plus puissante pendant que les dissensions de nature tribales exacerbées ont conduit le peuple vers l’impasse. Un peuple qui survit dans des conditions sanitaires de plus en plus difficiles et qui goûte aux tortures quotidiennes du chaos au lieu de la démocratie promise par les bombardements de l’OTAN.

Face à la dégradation de la réalité libyenne, nombre de voix prétentieuses se sont tues. Des grandes puissances du nord de la Méditerranée feignent de se préoccuper davantage de la lointaine Syrie où Russes et Américains rétablissent la Guerre froide.

Le sursaut de Rome peut ainsi, dans cette conjoncture, constituer autant un piège qu’un honnête défi lancé à l’Algérie réputée pour son génie en faveur de la paix et de la stabilité. Gageons cependant qu’Alger surmontera l’épreuve si l’ONU maintient son soutien et sa confiance.

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