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Nationale

Décès du père de l’industrialisation algérienne

Décès du père de l’industrialisation algérienne

L’ancien ministre et chef de gouvernement, Belaid Abdesslam, est décédé ce samedi à l’hôpital militaire de Ain Naadja, à l’âge de 92 ans.

Né le 20 juillet 1928 à Aïn El Kebira dans l’actuelle wilaya de Sétif et originaire de Beni Yenni wilaya de Tizi Ouzou, Belaid Abdeslam a milité au Parti du peuple Algérien (PPA) puis au Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) avant de rejoindre le FLN en mai 1955. Il a été l’un des membres fondateurs de l’association des étudiants musulmans nord-africains de France, puis membre fondateur de l’Union des étudiants musulmans algériens en 1953, l’UGEMA. C’est cette organisation qui a lancé le fameux appel à la grève le 19 mai 1956.

Après avoir rejoint la base de l’ouest, on lui confie plusieurs missions au sein du gouvernement provisoire, en qualité d’assistant au ministère des affaires sociales et culturelles, avant de devenir chargé des dossiers économiques après le cessez-le-feu en mars 1962.

Après l’indépendance, il devient ministre de l’industrie et de l’Énergie sous la présidence de Houari Boumedienne de 1965 à 1977. De février 1979 à juin 1980, il est membre du bureau politique du FLN.

C’est durant les mandats de l’ancien président Chadli Bendjedid que Belaid est poussé à un retrait forcé du monde politique. La déboumedienisation, une politique économique nouvelle dite de l’infitah, est alors lancée. Les grandes sociétés publiques seront démembrées, déstructurées, alors que d’autres ont été dissoutes. L’industrialisation subit alors le coup d’arrêt. Des années plus tard, les fleurons de cette industrie algérienne disparaissent.

C’est avec le multipartisme que Belaid Abdeslam revient à la politique, en se présentant en 1991 comme candidat indépendant aux élections législatives. Il est battu par un parti islamiste. Après l’assassinat de Boudiaf Mohamed en juin 1992, et sous la présidence de Ali Kafi (Haut Comité d’Etat), il est nommé chef du gouvernement de juillet 1992 à août 1993, succédant à Sid Ahmed Ghozali. Il prôna une économie de guerre, refusant les conditions du FMI, et surtout un nouvel endettement. Le pays était exsangue économiquement, en crise politiquement et plongé dans une guerre dramatique. Il s’attaqua aux premiers barons de l’importation, aux premiers bénéficiaires des crédits bancaires. Mais, Belaid ne résista pas longtemps à cette conjoncture exceptionnelle. Il est remplacé par le défunt Redha Malek, en août 1993, qui sera le premier à signer les accords avec le FMI, et les premières dévaluations de la monnaie nationale, ainsi que le début de la politique des privatisations.

Belaid, affublé du titre de socialiste, a voulu revenir à la politique en 1999, lors des élections présidentielles. En tant qu’indépendant, il présenta sa candidature, mais qui n’aura pas obtenu le nombre requis des signatures. Ces élections ont été remportées par Abdelaziz Bouteflika, considéré comme un libéral. Depuis, l’homme s’est retiré, en se contentant de publier des ouvrages ou des contributions dans la presse nationale.

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