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Décès de l’émir du Koweït cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah

Décès de l’émir du Koweït cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah
Disparition d'un homme de paix et de consensus

L’émir du Koweït, cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah, est mort mardi à 91 ans dans un hôpital américain, a annoncé le palais royal de ce riche pays pétrolier du Golfe, région traversée par des décennies de crises et où il était considéré comme un doyen de la diplomatie.

«C’est avec une grande tristesse et un grand chagrin que nous pleurons (…) la mort de cheikh Sabah al-Ahmad al-Jaber al-Sabah, émir du Koweït», avait annoncé cheikh Ali Jarrah al-Sabah, ministre chargé des affaires royales dans un enregistrement diffusé à la télévision.
Plus tôt dans la journée, la télévision publique du Koweït a interrompu sa programmation officielle pour diffuser des versets du Saint Coran.

Le 14 septembre, le cabinet koweïtien a annoncé que la santé de l’émir du pays “s’améliorait” après qu’il s’était rendu, en juillet, aux États-Unis pour suivre son traitement.
Après son hospitalisation au Koweït le 18 juillet, le chef de l’Etat, arrivé au pouvoir en 2006, avait transféré «temporairement» une partie de ses pouvoirs au prince héritier.
Son demi-frère, le prince héritier Nawaf Al-Ahmad Al-Sabah, 83 ans, a rapidement été désigné nouvel émir par le gouvernement, qui a par ailleurs annoncé 40 jours de deuil national.
Nommé prince héritier en 2006, cheikh Nawaf a occupé plusieurs postes importants au sein du gouvernement.
Cinquième fils du cheikh Ahmed Al-Jaber Al-Sabah, qui a dirigé le Koweït de 1921 jusqu’à sa mort en 1950, cheikh Nawaf était ministre de la Défense en 1990, au moment de l’invasion de l’émirat par les troupes irakiennes de Saddam Hussein.

Cheikh Sabah était considéré comme l’architecte de la politique étrangère du Koweït moderne, grand allié des Etats-Unis et de l’Arabie saoudite tout en entretenant de bonnes relations avec le rival de ces derniers, l’Iran.
Après la mort en janvier du sultan Qabous d’Oman, c’est un autre médiateur influent qui disparaît dans une région marquée par des tensions avec l’Iran et la dispute qui a éclaté en 2017 entre le Qatar d’une part et l’Arabie saoudite et ses alliés d’autre part.

Dans ce dossier, cheikh Sabah a adopté une posture de médiation en appelant à une désescalade dans le Golfe.

Les Emirats arabes unis, l’Egypte, le Liban et le Qatar ont déclaré trois jours de deuil en hommage à l’émir. «Le monde arabe et musulman a perdu l’un de ses plus précieux dirigeants», a tweeté le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi.

Le ministre des Affaires étrangères yéménite Mohammed al-Hadhrami a présenté ses «sincères condoléances à nos frères du Koweït».

Le porte-parole des Houthis, Mohammed Abdelsalam, a écrit que les rebelles «n’oublieront jamais le rôle (de l’émir) en faveur des négociations de paix (…) ni son amour du Yémen».

Selon Kristin Diwan, de l’Arab Gulf States Institute, basé à Washington, sa mort «aura un impact profond, à la fois en raison de son rôle en tant que diplomate et médiateur régional mais aussi comme figure unificatrice dans son pays». «Les Koweïtiens ont apprécié sa capacité à garder l’émirat en dehors des conflits et rivalités régionaux.»

La politique de son successeur ne devrait pas s’éloigner trop de celle de cheikh Sabah, alors même que deux de ses voisins, les Emirats arabes unis et Bahreïn, ont décidé de normaliser leur relation avec Israël.
La normalisation reste très impopulaire au sein de la société koweïtienne, qui soutient largement le consensus arabe qui prévalait jusqu’ici et faisait du règlement du conflit israélo-palestinien la condition à toute normalisation avec l’Etat hébreu

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