Déçès de l’ancien président de la république Liamine Zeroual
L’ancien président de la République algérienne, Liamine Zeroual, s’est éteint ce samedi 28 mars 2026 à l’âge de 84 ans, à l’hôpital militaire d’Alger, des suites d’une longue maladie, a annoncé la présidence de la république.
Considéré par beaucoup comme l’homme de la transition et de la stabilité durant les années les plus sombres de l’Algérie, il laisse derrière lui l’image d’un dirigeant intègre et profondément attaché à l’institution militaire.
Né le 3 juillet 1941 à Batna, au cœur des Aurès, Liamine Zeroual rejoint les rangs de l’Armée de libération nationale (ALN) dès l’âge de 16 ans (en 1957) pour combattre l’occupation française.
À l’indépendance, il poursuit une carrière exemplaire au sein de l’Armée nationale populaire (ANP). Il suit des formations militaires supérieures en Égypte, en URSS et en France. Il dirige l’École militaire interarmes de Cherchell, puis plusieurs régions militaires.
Il est promu général en 1988 et devient commandant des forces terrestres en 1989. En 1989, en désaccord avec le plan de restructuration de l’armée proposé par le président Chadli Bendjedid, il choisit de démissionner, marquant ainsi son attachement à ses convictions.
Rappelé en juillet 1993 comme ministre de la Défense, il est nommé Chef de l’État par le Haut Comité d’État (HCE) le 30 janvier 1994, en pleine « Décennie noire ».
Il organise et remporte la première élection présidentielle pluraliste de l’histoire du pays le 16 novembre 1995 avec plus de 61 % des suffrages. Il mène une politique de fermeté contre les groupes armés tout en initiant les premiers jalons du dialogue national (Loi sur la « Rahma »).
En 1996, il fait adopter par référendum une nouvelle Constitution limitant le nombre de mandats présidentiels et créant le Conseil de la Nation (Sénat).
À la surprise générale, Zeroual annonce en septembre 1998 l’écourtement de son mandat et l’organisation d’une élection anticipée. Le 27 avril 1999, il transmet le pouvoir à Abdelaziz Bouteflika, marquant la première passation de pouvoir entre deux présidents civils en Algérie.
Liamine Zeroual reste dans la mémoire collective algérienne comme le « Président du consensus », respecté pour sa sobriété, son patriotisme et sa capacité à avoir maintenu l’édifice de l’État alors que le pays traversait une crise existentielle.