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Début des travaux d’un canal concurrent de celui de Panama

Début des travaux d’un canal concurrent de celui de Panama

Le gouvernement du Nicaragua et l’entreprise chinoise HKND ont inauguré hier la construction d’un canal inter-océanique controversé qui devrait concurrencer le canal de Panama en 2020, sur fond de doutes sur sa viabilité et de protestations des paysans expropriés.

Le projet, grâce auquel le Nicaragua compte devenir le pays le plus riche d’Amérique centrale, a été inauguré par le président Daniel Ortega, qui cherche ainsi à se forger une stature planétaire, et l’énigmatique chef du concessionnaire HK Nicaragua

Development Invesment (HKND), le magnat chinois Wang Jing, lors d’une cérémonie à Managua. HKND, dont les raisons de l’implication restent peu claires, doit construire puis administrer durant 50 ans ce canal de 278 kilomètres de long, un chantier estimé à 50 milliards de dollars.

Les travaux vont débuter au niveau de l’embouchure du fleuve Brito, sur la côte Pacifique sud, par la construction des premiers chemins d’accès au canal et d’un port qui occuperont 300 des 50 000 ouvriers que HKND prévoit d’employer lors des cinq années que durera le projet, selon l’Australien Bill Wild, principal consultant du projet.

Le canal traversera ensuite le lac Cocibolca, la plus grande réserve d’eau douce d’Amérique centrale, continuera son chemin à travers des forêts tropicales et au moins une quarantaine d’agglomérations avant d’aboutir dans l’embouchure de la rivière Punta Gorda, côté Caraïbes.

C’est un vieux rêve, formulé déjà par les conquistadors espagnols du XVIe siècle, qui se concrétisera alors. Alors que le canal de Panama, largement saturé, ne peut accueillir les porte-conteneurs de plus de 110 000 tonnes, le canal du Nicaragua permettrait le passage de monstres de métal de 250 000 tonnes et mesurant jusqu’à 455 mètres de long, appelés les « Post-Panamax ».

Mais ce chantier pharaonique, dont les études de viabilité technique, environnementale et financière restent secrètes, menace de déplacer 30 000 paysans et indigènes ramas et nahuas qui vivent sur le tracé définitif. La peur de perdre leurs biens a mené des milliers d’entre eux à protester ces trois derniers mois. La menace majeure concerne le vaste lac Nicaragua (aussi appelé Cocibolca), qui va devoir être dragué pour supporter le passage des porte-conteneurs, ce qui va tuer la faune et transformer l’eau en boue.

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