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Nationale

Débats à l’APN : Polémique sur le financement non conventionnel

Débats à l’APN : Polémique sur le financement non conventionnel

Dans un hémicycle à moitié vide, le débat sur le plan d’action du gouvernement a repris lundi à l’Assemblée populaire nationale. Les députés présents étaient divergents sur ce plan, proposé par le Premier ministre Ahmed Ouyahia pour gérer ce temps des vaches maigres.

Parmi les fervents partisans du plan Ouyahia, le député FLN Hichem Rahim, qui a considéré que la gestion prudente du budget de l’Etat et le recours au financement non conventionnel permettront à l’Algérie de préserver son indépendance financière tout en finançant l’investissement productif. 

« Le financement non conventionnel a fait ses preuves dans les pays développés et nous devons l’adopter en Algérie », a-t-il proposé.

Ce même député a également approuvé la décision du gouvernement d’augmenter les tarifs du gaz et de l’électricité dans le cadre de ce plan, pour permettre au groupe Sonelgaz de compenser son déficit et de financer ses propres projets. La députée du même parti, Souad El Akhdari, a également salué la décision du gouvernement d’éviter le recours à l’endettement extérieur en dépit des difficultés financières du pays.

« La diversification de l’économie nationale à travers la relance des secteurs de l’agriculture, du tourisme et de l’artisanat est la seule issue pour surmonter la crise et éviter de tomber dans le gouffre », a recommandé cette députée du vieux parti, en prévenant que les Algériens ont toujours en mémoire la crise économique du milieu des années 1980.

Un député du même parti a fait l’exception en contestant le recours au financement non conventionnel proposé par le plan du gouvernement, prévenant contre ses conséquences désastreuses sur l’économie nationale.

Partant du principe que l’argent ne crée pas la richesse mais que c’est la production qui la crée, ce député prévient que « produire de la monnaie et des billets sans avoir, en contrepartie, une production diversifiée et des services, aggravera l’inflation et minera davantage le pouvoir d’achat des Algériens.

« Certes, ce genre de financement a fait ses preuves dans des pays développés comme le Japon et la Grande-Bretagne, mais la réalité économique de ces pays est autre », a-t-il argué. Et d’ajouter : « Ce sont des pays industrialisés producteurs de richesses, alors il ne faut pas nous comparer à eux ».

Une jeune députée du Front El Moustakbal, Halima Zidane, en appelle aux riches de l’Algérie pour sauver le pays de la crise. « L’Etat devrait lancer un appel à tous les fortunés du pays pour collecter des fonds qui seront utilisés dans le développement local de leurs communes respectives », a-t-elle proposé. De l’argent qui sera d’un grand apport pour la réalisation d’infrastructures d’utilité publique.

« Dans les pays développés, les riches contribuent aux œuvres sociales et au financement du développement de leur pays à travers les oeuvres charitables, alors pourquoi pas en Algérie ? », a-t-elle insisté.

Pour sa part, le député du Parti des travailleurs, Hichem Chalghoum, a remis en question tout le document du gouvernement, jugeant que ce plan d’action manque de données chiffrées et précises sur la situation du pays et les mécanismes concrets pour surmonter la crise.

Le député a contesté le financement non conventionnel, en prévenant qu’il profitera en premier aux entreprises privées et aux opérateurs économiques qui vont réclamer l’argent public pour financer leurs projets. « A travers le financement non conventionnel, l’Etat injectera de l’argent dans le Fonds national des investissements ; cet argent profitera au final à l’oligarchie », a-t-il dénoncé.

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