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Op-Ed

Débat d’idées: “Kamal Daoud et les procureurs de la pensée”…????!

Un journaliste se fond dans son article “Les nouveaux procureurs de la pensée…?”, avec K. DAOUD dans ses “aigreurs” sur “les damnés de la terre” -en référence à l’œuvre de F. FANON sur les colonisés- qui subissent encore les affres du néo-colonialisme et de ses effets collatéraux des années après la relative indépendance politique et économique des ex-colonies sous une forme ou une autre.

Revenons au titre accrocheur par sa “victimisation de la pensée”. Mr K. DAOUD serait désigné à la vindicte populaire pour avoir produit de la “pensée” !?
C’est du déjà lu dans un plaidoyer paru dans le même journal en soutien à l’auteur de “MEURSAULT contre enquête” suite à la polémique qu’il avait suscitée.

J’avais lu ce livre. Par curiosité. Du fait que son auteur a été récipiendaire d’un prix littéraire français. Je l’ai relu pour en saisir le sens, le message qu’il était censé avoir produit.
Qu’ai-je retenu ?
La vengeance de l’arabe !? : Elle est lâche. Les portraits des personnages !? : Sans relief, plutôt miséreux et misérables, sans idéaux, sans vertus, des gens qui méritent leurs conditions. La peinture des mœurs !? : Exécrable, une société empêtrée dans la religiosité, fanatisée, intolérante et machiste, le personnage central en est dégoûté ! La ville d’Oran s’est flétrie, elle est même devenue dégoûtante, ses enfants “Ouled labled” sont engoncés dans des postures de citadins parvenus !? Oran ne se singularise que par l’héritage colonial “la promenade de l’ETANG” œuvre civilisationnelle d’un général français ; quelques vestiges rappellent le passage “Arabe”. Signalons le clin d’œil à la communauté juive : “MOUSSA” et ARON – leurs prophètes- néanmoins cités dans le CORAN.
Un “tableau” de la société algérienne repoussant, une stigmatisation de sa culture et de ses hommes, exprimant une haine de “soi” ! – de l’auteur-, du milieu dans lequel il évolue ! Comme pour le transcender ou s’en démarquer, comme un fils ingrat, rejetant les siens au sein desquels il s’est éclos.
Et l’on ose nous dire que cette ingratitude est de la “pensée” !
Quelles idées expriment-elle qui formeraient le corpus d’une production intellectuelle ?
Il a condamné la société algérienne dans ses épiphénomènes. Par incapacité à l’interroger, à s’interroger, sur nos valeurs, sur l’évolution de notre culture et nos conditions sociales. Bref, sur notre histoire inscrite dans le mouvement de celles des autres nations dans un rapport dialectique.
Mais c’est fastidieux pour ce genre de penseurs !
C’est des consommateurs de l’instantané !
Pour revenir aux 19 intellectuels, leur réaction sur les écrits de K. DAOUD est une réponse à son partie pris et à sa proximité avec la partie occidentale la plus hégémonique. Ce chroniqueur serait inspiré de s’intéresser aux causes de ce mouvement dramatique humain -ce n’est hélas pas son souci ! Et de plus , ça le desservirait-.
C’est leur position qui pousse le journaliste H. OUALI à l’outrecuidance de les comparer aux Ayatollah inquisiteurs pour dédouaner son protégé. Continuant sa plaidoirie il relève que les “islamophobes” n’avaient pas besoin d’une tribune de K. DAOUD pour faire valoir leurs démons -néanmoins ça les conforte !- et qu’au contraire ces intellectuels ne font qu’éveiller les prédicateurs et autres marchands de la mort pour relancer leurs FETWAS -comme si lui porter la contradiction, c’est dangereux, c’est servir le discours extrémiste !-
Arguments fallacieux ! Ces intellectuels dénoncent l’allégeance de ce chroniqueur aux thèses xénophobes et discriminatoires auxquelles sont formatés les franges les plus sensibles d’une certaine société occidentale. Pas que . Des intellectuels biens pensant de l’autre rive y souscrivent -citons B.H.L (le sauveur des lybiens qui allaient être massacrés par le dictateur M. EL-KADAFI), et l’auteur non moins philosophe FINKIELKRAUT qui a rendu hommage au livre de K. DAOUD – Par pudeur je ne citerai pas leur origine, parce que d’autres ayant la même filiation se sont distingués et se distinguent dans des positions pour le moins neutres-
Pour revenir au livre de K. DAOUD et du prix qui lui a été décerné, qu’on ne se méprenne pas ! Ce n’est pas une création littéraire qui a été primée, -pourquoi YASMINA KHADRA ou BOUDJEDRA talentueux qu’ils sont ne l’ont point été- c’est la représentation caricaturale des pratiques et mœurs de ses concitoyens que véhiculent ces aigris et nostalgiques de l’Algérie française, qu’il transcrit tout en sublimant une double ellipse : d’identification : ” j’ai en partage votre culture” ; et par la distanciation : “je me différencie de leur culture”.
Mr K. DAOUD ne “pense” pas à contre courant, parce que tout simplement il ne “pense” pas ; il critique avec mépris les effets sur les siens d’une longue domination économique et culturelle pendant laquelle ils avaient été ghettoïsés, hibernés et de laquelle ils ne peuvent émerger que d’un lent processus -la renaissance d’un état ne peut être réduite à la vie d’un homme, ne prenons pas de raccourcis !-
Rajoutons que l’hégémonie économique et culturelle est encore réelle et actuelle qui de plus est amplifiée par une presse audiovisuelle et écrite puissante, omniprésente et omnipotente dont se nourrit K. DAOUD.
Pour conclure, relevons l’écrit du journaliste THOMAS ADAM “pour moi, c’est très difficile d’imaginer que tu peux vraiment croire ce que tu as écrit”. Mots simples, mais cinglants ! “D’où tires-tu cette violence, ce ton acerbe, cette acrimonie contre les tiens, moi l’étranger je ne la comprends pas” est le message codé de THOMAS.
Du reste cette posture est une constante chez lui. De ses chroniques RAÏNA-RAÏKOM dans le quotidien d’Oran suintait la même morgue, ne suscitant qu’écœurement et à la longue, par une distance avec ces écrits et pour ma part avec ce journal.

P.S : Ma manifestation écrite exprime une indignation qu’à suscité en moi les écrits perfides de ce chroniqueur. Ma réaction est celle d’un algérien agressé dans son entité forgée par l’histoire. Ce qui m’apparaissait que forfanteries dans ses chroniques au quotidien d’Oran se sont mues en anathèmes contre sa société.

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