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De Mistura dans les camps de réfugiés sahraouis: Le Polisario pessimiste

De Mistura dans les camps de réfugiés sahraouis: Le Polisario pessimiste

Les sahraouis sont pessimistes. Ils le disent haut et fort. La majorité des hauts responsables du Polisario ne cachent plus ce sentiment. Ils n’attendent presque rien de cette énième tournée d’un envoyé spécial onusien. Pour le Polisario, l’unique solution possible est la tenue d’un référendum, comme seule voie pour la fin de l’occupation et du conflit et qu’il n’existe aucune autre option de compromis.

Mais ce pessimisme ambiant chez le Polisario est d’abord dû aux précédentes expériences caractérisées par les manœuvres sournoises marocaines, ses tergiversations et ses violations, à chaque fois qu’un envoyé spécial décide de relancer les pourparlers. Une politique de statuquo pour consacrer l’occupation et le fait accompli. Ensuite, ce pessimisme est surtout causé par l’inaction ou la paralysie de l’ONU et de son Conseil de sécurité.

Cette institution semble se mouvoir dans une posture injuste, en mettant dans le même pied d’égalité le bourreau et la victime. Jamais ce Conseil n’a dénoncé cette occupation et surtout ce refus de Rabat d’aller vers la solution préconisée par l’Assemblée générale des Nations unies, celle du référendum. Jamais ce Conseil n’a clairement accusé le Makhzen dans son blocage du processus de paix depuis presque trente ans avec le premier accord de cessez le feu.

C’est pourquoi les Sahraouis ne semblent guère emballés par cette nouvelle tournée, se montrant déjà déterminés à refuser l’arrêt des combats le long du mur des sables et à poursuivre la lutte armée.

La mission du diplomate onusien s’avère donc ardue et délicate, du moment que le régime du makhzen s’entête toujours dans le déni et refuse toute autre option que la leur, celle de la colonisation et l’occupation des territoires sahraouis. D’ailleurs, rien n’a filtré de sa première étape commencée ce jeudi à Rabat. Aucune déclaration, même laconique du diplomate, qui s’est muré dans le silence, attendant plutôt la fin de sa tournée pour en faire une première approche.

L’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, M. Staffan de Mistura est arrivé ce samedi à l’aéroport de Tindouf, où il a été accueilli par le représentant du front Polisario auprès de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et coordinateur avec la MINURSO, M. Sidi Mohamed Omar.

Accompagné d’une délégation onusienne, de Mistura s’est rendu dans les camps des réfugiés sahraouis à Smara, deuxième halte de sa première tournée dans la région depuis sa nomination au mois de novembre dernier.

L’envoyé personnel onusien rencontrera, durant deux jours, les dirigeants sahraouis et écoutera leurs avis sur la question de la reprise des négociations avec le Maroc en tant que parties au conflit, et les moyens d’une relance constructive du processus politique au Sahara occidental, après le retour à la guerre.

La position sahraouie a été encore une fois rappelée ce samedi par l’ambassadeur de la RASD en Algérie, Abdelkader Taleb Omar, qui a souligné que la principale revendication que le Front populaire pour la libération de Seguia El Hamra et de Rio de Oro (Polisario) entend soumettre à Staffan de Mistura concernait “l’impératif de parvenir à une solution politique basée sur l’organisation d’un référendum comme solution de compromis, voire une solution onusienne et africaine”.

L’organisation d’un référendum serait susceptible de résoudre tous les autres problèmes, y compris l’exil et l’occupation imposée aux territoires sahraouis, et la violation des droits de l’Homme dans les villes occupées, a-t-il soutenu.

Le diplomate s’est interrogé, dans ce sens, si de Mistura allait suivre la voie de ses prédécesseurs ou s’il envisageait de changer son plan pour tenter de trouver une solution à la question sahraouie, laquelle “ne revêt aucune ambiguïté des points de vue juridique et politique”, rappelant “qu’il s’agit d’une question de décolonisation”.

Le responsable sahraoui a estimé, en outre, que l’émissaire onusien se trouve actuellement devant deux choix, à savoir “suivre le chemin de ses prédécesseurs, à travers le maintien du statu quo ou opter pour une autre approche sérieuse consistant à trouver une solution dans des délais raisonnables”.

Cependant, a-t-il poursuivi, “sera-t-il capable de changement d’autant qu’il puise toute sa force de l’ONU, du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale”.

Le diplomate sahraoui a écarté la possibilité de “parvenir à un accord devant le refus par le Maroc de la solution médiane, à savoir notre revendication pour l’organisation du référendum”.

Et de rappeler que “trois décennies ont été suffisantes pour mettre à nu les tentatives marocaines d’imposer le fait accompli avec le concours de la France. L’agression perpétrée par le Maroc, le 13 novembre 2020, sur des civils sahraouis à El-Guerguarat en est la preuve édifiante”.

“La cause sahraouie est inscrite auprès de l’ONU depuis 1963. La solution est entre les mains du Conseil de sécurité et de l’AG de l’ONU dont l’outil d’exécution est la MINURSO qui a pour principal mandat l’organisation du référendum. Les entraves dressées par le Maroc et des Etats complices, en tête desquels la France, compliquent toutefois cette tâche”, a ajouté le diplomate sahraoui.

S’agissant de la politique adoptée par le makhzen, M. Taleb Omar a affirmé que cette démarche a essuyé un échec cuisant et a eu pour effet l’effondrement du plan de paix et la reprise de la lutte armée. Avec la nomination de l’envoyé spécial, nous sommes revenus à la case départ, l’ONU ayant échoué à appliquer le plan de paix”.

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