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Nationale

Fête du 5 juillet: De l’indigénat à la citoyenneté 

Fête du 5 juillet: De l’indigénat à la citoyenneté 

Le 5 juillet 1962 la terre algérienne libre et indépendante a vibré sous les pieds des citoyens. Grands et petits sont sortis dans les rues pour fêter la libération du joug du colonialisme qui les a asservis pendant 132 ans. Le peuple brandissait l’emblème national et criait « tahya aljazaïr hora mostakila ».     

En ce jour de l’indépendance de l’Algérie, tous les médias étrangers ouvraient avec l’évènement mondial : l’Algérie est indépendante après sept ans et demi de révolution armée de son peuple. En effet, le référendum du 1er juillet 1962, prévu par les accords d’Evian, conviait les Algériens à répondre par «oui» ou par «non» à la question suivante : «Voulez-vous que l’Algérie devienne un Etat indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par la déclaration du 19 mars 1962 ?»

Les Algériens votent en masse. Sur les 6 549 736 citoyens inscrits, 6 017 800 d’entre eux ont voté, soit une participation de 91,8 %. A la quasi-unanimité, les Algériens répondent par l’affirmative : sur les 6 017 800 votants, 5 875 581 se sont exprimés pour le « oui ».

Le 3 juillet 1962, de Gaulle prend acte de la volonté populaire et adresse à Abderahmane Farès, chef de l’Exécutif provisoire, le texte suivant : « La France a pris acte des résultats du scrutin d’autodétermination du 1er juillet 1962 et de la mise en vigueur des déclarations du 19 mars 1962. Elle a reconnu l’indépendance de l’Algérie ».

En conséquence et conformément au chapitre V de la déclaration générale du 19 mars 1962, les compétences afférentes à la souveraineté sur le territoire des anciens départements français d’Algérie sont, à compter de ce jour, transférées à l’Exécutif provisoire de l’Etat algérien.

Par un texte aussi court, la France venait d’abdiquer devant la volonté populaire et de reconnaître la souveraineté des Algériens sur leur pays.

Rappelons que l’Exécutif provisoire, dont Abderahmane Farès était le chef, est une structure mixte algéro-française créée par les accords d’Evian et devait exercer la responsabilité du maintien de l’ordre durant la période transitoire mars 1962- juillet 1962.

La délégation algérienne aux négociations d’Evian était conduite par le ministre des Affaires étrangères du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), Krim Belkacem, tandis que la délégation française était conduite par Louis Joxe. Il y eut deux rounds de négociations à Evian.

Et après d’âpres négociations, menées par une délégation algérienne convaincue de la justesse de la cause nationale, l’indépendance totale de l’Algérie est reconnue dans l’intégrité absolue de son territoire.

Le cessez-le-feu prend effet le 19 mars 1962, suivi de la tenue d’un référendum d’autodétermination le 1er juillet, lors duquel les Algériens votent massivement en faveur de l’indépendance, qui fut proclamée le 5 juillet 1962.

Cette précieuse indépendance n’était pas une fin en soi, comme l’avait affirmé le président du GPRA, Benyoucef Benkhedda, dans son discours au peuple algérien, le 18 mars 1962, pour annoncer la fin des opérations militaires et dans lequel il déclara que « l’indépendance n’est pas une fin en soi, mais seulement un moyen qui permettra la transformation de la situation de notre peuple ».

Une très longue négociation représentée – partie algérienne – par Krim Belkacem, Rédha Malek, M’hamed Yazid, Saâd Dahlab, Tayeb Boulahrouf, Mohamed-Seddik Benyahia, Benaouda Ben Mostefa, Lakhdar Ben Tobbal et par Louis Joxe, Robert Buron, Jean de Brogli – partie opposée – débuta le 20 mai 1961 à Evian, près de la frontière Suisse, et se prolongera par une autre le 7 mars 1962, pour ne donner ses résultats que le 18 mars 1962.

Le 5 juillet 1962, le peuple laisse éclater sa joie et envahit les rues d’Algérie : 132 ans, jour pour jour, après la prise d’Alger par les troupes de Charles X, l’Algérie prenait une revanche historique et redevenait libre est souveraine. Les troupes de l’ALN et les ministres du GPRA font leur entrée dans Alger dans une atmosphère d’euphorie qui durera toute une semaine. Les rêves les plus fous meublent les espoirs d’un peuple privé de liberté durant plus d’un siècle et un quart de siècle.



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