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Culture

De l’importance d’El Ayred

De l’importance d’El Ayred

Lors d’un séminaire sur l’identité dans le texte théâtral, ce mardi 13 décembre, à Batna, dans le contexte de la huitième édition du Festival national de théâtre amazigh, les participants ont relevé la possibilité de transformer le phénomène d’El Ayred en « source nourricière » du théâtre algérien moderne.

Réunis autour de la journée scientifique Théâtre et identité, organisée à l’Institut de la langue et de la culture amazighes de l’université de Batna en marge du Festival national de théâtre amazigh, des chercheurs en théâtre ont estimé qu’il est possible de transformer le phénomène d’El Ayred ou les rituels ancestraux connus dans la société amazighe durant la préhistoire dans différentes régions d’Algérie en « source nourricière » du théâtre algérien moderne, rapporte l’Agence presse service d’Algérie.

Au cours de cette rencontre, les intervenants ont appelé à réanimer les formes théâtrales connues par les premières sociétés amazighes qui, aujourd’hui, sont pratiquées de manière de plus en plus réduite.

Pour le dramaturge et chercheur en théâtre, Ali Abdoune de Tlemcen, El Ayred est un « système de théâtre complet qui renferme, outre les éléments de spectacle, de chants, de danses et de jeu scénique, des valeurs sociales, morales et économiques ».

El Ayred est connu sous cette appellation dans la région de Béni-Snous à Tlemcen, a rappelé l’intervenant, affirmant qu’à T’kout dans la wilaya de Batna, ce spectacle est appelé Chayeb Achoura, en Kabylie il est désigné par Amghar ouchgouf alors qu’à Oued Righ, il est appelé Aras.

Le phénomène théâtral d’El Ayred a pour personnage principal le lion. Ce dernier symbolise chez les premiers amazighs les vertus morales, le courage, la beauté et l’autorité, a précisé A. Abdoune qui note que ce spectacle est encore reproduit dans les communautés de la région de Béni Snous de Tlemcen et coïncide avec la célébration du nouvel an amazigh.

Ce phénomène revêt, d’après ce chercheur, une dimension de solidarité sociale puisque les comédiens portant des masques d’animaux font le porte à porte pour collecter les dons, notamment des denrées alimentaires, qui sont ensuite redistribués aux familles pauvres.

Chercheur dans le patrimoine amazigh, Sassi Abdi de Batna a estimé que l’existence, à travers de l’Afrique du Nord, de plus de trente vieux théâtres « montre l’intérêt accordé pour cet art par la population locale qui le pratiquait avant même l’arrivée des Grecques et des Romains ».

La célébration jusqu’en 1972 de Chayeb Achoura, dans la région de Biskra et à M’chouneche révèle que cette forme de spectacle restait conservée dans la mémoire populaire des habitants des Aurès. Les intervenants ont également appelé à revivifier ces formes de théâtre du patrimoine amazigh et en faire un réservoir pour la relance d’un théâtre algérien moderne.

Le présent Festival national de théâtre amazigh se poursuivra jusqu’au samedi 17 décembre avec la compétition des pièces théâtrales, mais aussi avec une exposition de vente de livres en tamazight et une exposition de bijoux traditionnels conçus par des artisans de Tamanrasset.

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