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Op-Ed

De l’Etat-DRS à l’Etat oligarchie ( ? ?)

Titre ambigüe et inexpressif -Etat oligarchies ?- mais qui a néanmoins suscité notre curiosité de par la qualité de son auteur : professeur « relations internationales et sécurité régionale ».

A lire le contenu de cette contribution il aurait été plus convenant de la titrer « de l’Etat KHELLIL » qui résumerait toutes les charges dont il affuble l’ex-ministre et les appréhensions de son auteur.

Toutes les informations, tout l’argumentaire tendent et concourent à stigmatiser et à culpabiliser M. KHELLIL. Sans aucune rémission, ni même le doute méthodique des rationalistes, des universitaires -enseignants dont il est le représentant-

C’est cette qualité du contributeur qui nous questionne : la rigueur scientifique de l’enseignant qui constitue la première exigence de sa démarche est l’inquiétante « absente »

Dans ce réquisitoire le professeur manque de crédibilité. C’est un lynchage qui aurait pu être le fait de tout militant d’un parti d’opposition ; mais lui conférer un cachet universitaire c’est vouloir abuser les lecteurs.

KHELLIL, abcès de fixation
Dès les premières lignes, on est mis au parfum « le retour de l’ancien ministre de l’énergie et des mines » ami personnel du chef de l’Etat »- cette allusion perfide tend à faire accroire à un abus d’autorité du chef de l’Etat qui s’entourerait de copains, au détriment de la compétence-. Cette tromperie -claironnée d’ailleurs par l’opposition- est destinée à la consommation de l’opinion publique rétive au passe-droit. Mais les lecteurs avertis ne seront pas abusés : tous les exécutifs des différents Etats sont composés d’hommes politiques du parti au pouvoir et de technocrates dont les compétences et la visions politique cadrent avec les programmes politiques du président de la république.

Toutes les élucubrations de certains communicants sur les nominations participent à un brouillage politicien.

La scénarisation du rôle qu’il attribue à Mr KHELLIL commence dès son retour « protocolaire », « médiatisé » dans une rocambolesque suite de situations qui préfigure et projette le futur pouvoir qui doit évoluer dans le gironde ceux qui détiennent le pouvoir et dont l’ex-ministre serait le » neurone »principal.

A travers le personnage de Mr KHELLIL, est décrit un scénario Hitchcokien : « après la dissolution du DRS le défi majeur à relever est la sortie le plus tôt possible de l’impasse politique paralysant les activités du pays à l’exception des actes de prédation ( !?) : l’après BOUTEFLIKA est devenu très problématique pour tout le monde Algériens et partenaires commerciaux ;les enjeux financiers, économiques, institutionnels et sécuritaires sont énormes, incalculables, ou encore, le pouvoir doit rester vaille que vaille au sein de la famille ».
Discours professoral !


Suite à un long réquisitoire sur le parcours et la personne de Mr KHELLIL dans un fatras d’accusations, de préjugés, d’approximations déjà ressassés par une presse dont il épouse les divagations politiques, et qu’il serait fastidieux de reprendre tant les récriminations sont indigestes.

Aussi, comment peut-on donner crédit aux propos de quelqu’un qui ironise sur le CV d’un technocrate dont le parcours est accrédité par des institutions internationales (B.M, OPEP ect…). Comment peut-on croire qu’il a géré un secteur névralgique dans l’opacité à l’instar d’un démiurge ?

Les lecteurs seraient-ils si crédules jusqu’à avaler cette « couleuvre » ?


Sa critique malveillante prend à son compte les extravagances invraisemblables de « source anonyme » ou « autorisé », selon le cas, dont nous gratifie une certaine presse pour tromper l’opinion publique ou l’abuser.


Jugez-en : » il semble que la gestion de KHELLIL a permis au pays d’engranger 1.500 Milliards de dollars ; par ailleurs l’on sait que 800Milliards de dollars ont été injectés pour la relance économique, relance qui n’a pas encore vu le jour ; les algériens ignorent toutefois comment le reste a été dépensé ».

Ces chiffres donnent le tournis ! Il n’a aucune gêne comme universitaire de les reproduire ; un simple calcul démystifie ces aberrations :Mr KHELLIL a été ministre pendant une douzaine d’années, si l’on estime une moyenne de 50Milliards de dollars d’exportations d’hydrocarbures par exercice, on totaliserait 600Milliards de dollars pour cette période-quel écart !-.

Cette somme astronomique-1.500 M- est brandie pour signifier que l’Etat « dilapide »la richesse nationale.

L’influence des zaouias comme tremplin

Dans la continuité de cette introduction critique de la gestion Etatique, il l’élargit à la sphère politico-sociale par le truchement d’une tournée entamée par son « souffre-douleur » auprès des ZAOUIAS pour réhabiliter son honneur.


Ces lieux de recueillement et de pratiques religieuses ancestrales sont tenues par des chouyoukhs héritiers du prestige religieux d’un ancêtre lui-même « Chrif » (Noble) ou Ouali (Saint).

Elles sont fréquentées par les familles élargies de ces ancêtres, leurs fidèles et plus largement par les populations locales qui, par tradition séculaire leur sont attachés de par leur noblesse religieuse.

Notre professeur réduit la Zaouia à » un lieu de culte, une école coranique et à un gite pour les voyageurs », ignorant les causes de son fondement qui motivent l’adhésion et l’attachement de leurs adeptes.


Plus complexe pour lui, ils les assimilent aux confréries dont le caractère religieux est contesté par les vrais musulmans, car, ils s’adonnent à des pratiques charlatanesques qui abusent les niais et les superstitieux- c’est du Maroc que ces sortes d’associations ont affluées au XIX siècles vers l’Algérie, bien que BENBADIS situe l’origine de leur formation et de leur développement en Egypte-.

Avec le temps l’enchevêtrement entre les Zaouias et les confréries s’est développé et s’est confondu par la confusion entretenue par ces dernières, afin de drainer vers elles, par l’émulation, la masse des fidèles.


Par conséquent, il faut comprendre que l’influence des Zaouias est la conséquence de leur fréquentation par tradition qu’une longue période a ancrée à ses fidèles, et, est devenu un fait culturel qui les structure.

Mais notre enseignant par cette confusion entretenue entre Zaouia, mosquée (lieu de prosélytisme de l’islamisme dans les années 80 et 90) et confréries, il affirme « qu’elles sont devenues des lieux de récupération politicienne par le chef de l’Etat, les ministres, les officiels ect… », tout en évitant de faire une distinction entre les fondamentalistes qui ont failli » emporter »,et, cet Etat qui les a combattu en restituant l’islam de nos ancêtres – dont la Zaouia est l’une des constituantes -.


D’autre part « convoquer » Boumédiene aujourd’hui – pour contrarier le Président Bouteflika-, et rappeler la mise à l’écart des confréries pendant sa législature, c’est manquer d’esprit d’analyse et confondre deux époques et deux épisodes de l’histoire nationale.

L’évolution des rapports sociaux en Algérie devrait être étudiée à travers les transformations politiques et leurs influences sur notre société et dans les rapports que celle-ci charrie dans son environnement – étude complexe mais néanmoins intéressante.

Une exégèse de notre héritage religieux comme réponse

Nous estimons dans cet ordre d’idées que l’évolution culturelle de notre société est consubstantielle à une relecture des textes coraniques à la lumière « des contextes concrets, des contextes sociaux, des conjonctures politiques au cours desquels les versets ont été révélés pour en saisir le message et le recontextualiser ». Cette herméneutique du texte coranique, mais également de la tradition, des commentaires et des apports de différents Eulémas qui ont marqués l’histoire sociale et culturelle de notre religion est fondamentale pour évoluer et intégrer notre communauté dans la modernité. Ce projet culturel doit être porté, non seulement par nos savants de l’islam, mais par tous les gens de culture qui participent de près ou de loin à l’éveil des consciences – de la bonne conscience – et non par la polémique des extrêmes.

Vacuité d’un commis de l’Etat

Pour revenir aux visites médiatisées – et souvent à charge par une presse qui l’a « voué aux gémonies « du public – que Mr TLEMCANI réprouve et condamne, elles relèvent du droit de Mr KHELLIL de se défendre, de se rapprocher des citoyens à travers ces structures populaires ou des chaînes TV pour clamer sa vérité, son intégrité et son engagement pour le seul bénéfice de l’Etat. Qu’il ait été aidé dans ce rapprochement, c’est le moins que puisse faire cet Etat qu’il a servi pendant plus de douze (12) années. N’oublions pas l’ingratitude dont, souvent, sont victimes des commis de l’Etat qui se sont sacrifiés pour sa pérennité, et souvent, par une opposition à la recherche du « sensationnel » mais qui n’a aucune idée des lourdes charges de ces serviteurs de l’Etat.

Quand l’amalgame dénature les faits

Pour recadrer son texte à son sujet – l’ETAT DRS à l’ETAT-OLIGARCHIES – il remet « sur le tapis « certaines « affaires « qui ont fait la « une » de ses journaux affidés dont :


    1- Le cas Khalifa dans lequel « plusieurs personnalités ont été exposés au grand public » ; sans le dire clairement il insinue qu’ils seraient impliqués dans la « magouille ».Il est dans l’allusion et non dans la démonstration ; parce que ces responsables ont eu à utiliser les services de cette Banque, autant que cela se pratique avec les autres Banques, ils sont suspectés comme complices ou co-responsables de la banqueroute de cet établissement bancaire légalement établi dans un cadre d’ouverture économique. D’ailleurs ce scandale a refroidi l’Etat dans sa politique libérale, mais essuie en même temps des reproches par cette même presse qui avait crié « au loup ».


    2- Le cas de l’autoroute Est-Ouest : il balance des chiffres glanés auprès de monsieur « tout-le-monde » parce que non sourcés ; ces travaux estimés à 6 Milliards de dollars auraient atteint 21 Milliards de dollars ( !?) et « vogue la galère ! ».

      3- Le compte offshore au Panama de Mr BOUCHOUAREB –ouvert avant sa nomination, mais assimilé à un scandale – au déterrement d’un règlement de comptes d’un ex-premier ministre, pur l’amplifier et affirmer que la corruption peut être estimé à 300 Milliards de dollars (il parle de milliards comme s’il parlait

de cacahuètes) et dont Mr KHELLIL serait le « top de l’iceberg « 

Mais avec quelle légèreté vous nous instruisez Mr le Professeur !

Il ne s’arrête pas là !

Par un scénario « kafkaien », il nous décrit les différentes étapes d’une « passation de pouvoir » que le Président BOUTEFLIKA s’applique à mettre en œuvre entre lui et Mr KHELLIL pour que les affaires du « clan présidentiel », familial, la marque de fabrique demeurent intouchables, pour qu’ensuite l’ex ministre de l’énergie nous ramènerait dans « ses bagages « de MARYLAND USA une nouvelle loi tout à l’avantage des intérêts US et aux dépends des Français qui « grinceraient des dents ». C’est du « haut vol » !

Notre enseignant ne manque pas d’imagination ! Pour lui Mr KHELLIL privilégie des intérêts US au détriment de son pays ! Il serait un « traître » à visage découvert. Dans sa quête des incohérences dans la gouvernance, il pointe du « doigt » :
- – L’ouverture des médias aux oligarques, et ce, au détriment des professionnels de la communication, lesquels ? depuis quand l’Algérien dispose-t-elle de communicants dans le secteur privé « éprouvés » ? bien sûr ! il parle de ses « amis » qui seraient plus « rompus » que les autres.
- – Le FCE où les oligarques siègent dont l’ambition est de s’accaparer les richesses du pays : « des vampires qui sucerez le sang vital de la nation »

Mr TLEMCANI est victime d’une imagination « dévorante ».

Il conclut en chargeant les élites par leur silence, qu’il déplore, et qui met en danger la sécurité financière et la stabilité politique du pays et fait encourir le risque de mettre le feu aux poudres.

La contribution du professeur est une profession de foi, et, en tant que telle, l’honnêteté intellectuelle de Mr TLEMCANI lui aurait dictée de s’exprimer en tant que militant-partisan. Qu’il assume sa polémique !

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