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Culture

De la question du marché

De la question du marché

Avant la clôture du Salon national des arts plastiques, ce mardi 24 février, à la Maison de jeunes et de la culture Bounaâma-Djillali de Blida, la plupart des artistes participants ont estimé que le marché national est en plein marasme.

Une trentaine d’artistes peintres représentatifs de différentes écoles : impressionisme, réalisme, symbolisme, de vingt wilayas ont participé à Blida au Salon national des arts plastiques.

Nombre d’entre eux s’accordent sur le fait que le marché national des arts plastiques est en plein marasme, ce mardi à Blida la ville des Roses, dans leur entretien accordé à l’Agence presse service d’Algérie. En marge de la clôture de cette manifestation, nombre de participants ont déploré que les « artistes peintres algériens, jeunes ou anciens, trouvent des difficultés à commercialiser leurs œuvres ».

Car « il n’existe pas de marché des œuvres d’arts plastiques en Algérie ». Pour l’artiste peintre Abdelhalim Kebich de Jijel, cette situation est due à l’« absence, dans la société algérienne, d’une culture d’acquisition de toiles par les salles d’art, parallèlement au manque de professionnalisme dans l’organisation de ce type de manifestations ».

Il a expliqué que « les organisateurs de salons d’arts plastiques, dans les pays développés, sont des spécialistes qui font la promotion de leurs expositions un mois avant en lançant des invitations à des spécialistes du domaine et à des critiques d’arts, contrairement à ce qui se passe en Algérie, où l’annonce de l’ouverture du salon se fait deux jours avant ». Un autre artiste de Sidi Bel Abess, Noureddine Makdessi, dont l’expérience dans les arts plastiques dépasse les trente ans, a affirmé, de son côté, que ce « marasme peut s’expliquer par les prix exorbitants des toiles par rapport au pouvoir d’achat du public ».

Il a fait remarquer qu’« une toile peut dépasser les 160.000 DA » alors que les « critiques et autres gens du domaine, qui sont seuls aptes à évaluer une toile, sont absents en Algérie ». Zahia Kaci d’Alger, considère, quant à elle, « que celui qui connait la valeur de l’art ne s’arrête pas au prix », soutenant que « c’est la matière première utilisée et la valeur du sujet traité, qui déterminent le prix d’un tableau d’art ».

D’après cette artiste, les prix de ses toiles varient entre 40,80 et 120.000 DA l’unité, en observant que « dans l’état actuel des choses, l’art est pratiqué comme un loisir et non pas comme un moyen pour gagner sa vie ». Quant aux visiteurs de ce salon, ils ont relevé le fait de ne pas pouvoir acquérir des toiles en raison de « leurs prix élevés ».

En revanche, l’artiste plasticien Bakhti Abderahmane de Cherchell manifeste son optimisme quant à l’avenir des arts plastiques en Algérie, non sans rappeler l’existence de nombreux talents prometteurs dans ce genre, en plus du soutien assuré par l’Etat au développement de cet art.

Il fait également remarquer que l’art plastique a réalisé de grands pas depuis l’indépendance nationale, sur le double plan quantité et qualité, citant au passage de grands noms, à l’instar des artistes Baya et Aicha Haddad. Il rappellera aussi que le premier salon d’arts plastiques organisé en Algérie, le fut en 1920, par l’artiste Mammeri Azoulou.

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