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Culture

De la nécessité de zones sécurisées

De la nécessité de zones sécurisées

Consultant en patrimoine culturel auprès de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, archéologue et ancien cadre au ministère de la Culture, Mounir Bouchenaki a animé, ce lundi 20 mars, au Palais de la Culture Moufdi-Zakaria à Alger, une conférence sur le rôle de l’Unesco et des experts internationaux dans la protection des sites archéologiques en cas de conflit armé.

Le conférencier a longuement évoqué les pertes subies par le patrimoine archéologique de Syrie mais aussi en Irak et en Libye. Il a estimé que la situation des biens archéologiques de pays arabes, particulièrement en Syrie, représente un « drame culturel » et une atteinte à la mémoire de l’humanité toute entière.

Mounir Bouchenaki, ex-directeur du Centre régional arabe pour le patrimoine mondial établi à Bahreïn sous l’égide de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), a tiré la sonnette d’alarme sur la situation du patrimoine archéologique en Libye, « le plus important champ de vestiges romains » du Bassin méditerranéen, exposé à la destruction qui s’est étendue aujourd’hui aux stations rupestres de la Tadrart Acacus, un site qui se prolonge jusqu’en Algérie dans le Tassili N’Ajjer.

Tout en rappelant le drame culturel vécu dans les villes syriennes d’Alep et Palmyre ou encore à Mossoul et Nimrud en Irak, l’expert en patrimoine culturel que la situation de ce patrimoine dans certains pays arabes est telle que « le débat est porté devant le Conseil de sécurité de l’Onu » et que la réflexion sur la « nécessité de créer des zones sécurisées » pour la protection du patrimoine en temps de conflit, est amorcée à un niveau international.

Dans ce sens, il a rappelé que seules la Suisse et l’Autriche ont déjà pris des dispositions en créant, « chez eux », des zones sécurisées de protection des collections de musées. Au sujet de l’apport sur l’apport de l’Unesco aux sites algériens classés au patrimoine mondial, l’expert a affirmé, durant le débat qui a suivi sa communication, que l’agence onusienne n’a « aucune autorité » et se doit de « respecter la souveraineté » des Etats membres qui se sont « engagés à mettre en application les principes et conventions » de l’Unesco par des mécanismes internes.

Pour M. Bouchenaki, les sites archéologiques de Timgad et de Djemila « posent problème en matière de conservation », en raison de l’organisation de festivals non loin de ces zones qui nécessitent, à son avis, de nouvelles opérations de fouilles, rapporte l’Agence presse service d’Algérie.

Des archéologues algériens ont par le passé alerté sur les dégâts causés aux sites archéologiques exposés à une activité humaine intense. Ratifiée par l’Algérie en 1974, la Convention du patrimoine mondial adoptée en 1972 compte aujourd’hui 193 Etats parties.

L’Algérie compte sept sites archéologiques inscrits à la liste du patrimoine mondial. Le nombre de classements de ces sites dans la région arabe estimé à une soixantaine, a encore affirmé le conférencier, est « très faible », comparé à la seule Italie où l’on en dénombre 51.

Aussi, Mounir Bouchenaki a-t-il annoncé, au cours de sa conférence, qu’il prévoit d’organiser à l’attention des experts africains et arabes, en septembre prochain à Alger, un atelier sur l’élaboration de dossiers de classement, en collaboration avec le ministère de la Culture.

Cette conférence sera également l’occasion pour cet expert de présenter des extraits et des illustrations de son dernier ouvrage Patrimoines mutilés, ces trésors de l’humanité défigurés par la folie de l’homme (Collection Encre d’Orient de l’édition Erick Bonnier, 2017), en présence de plusieurs chercheurs en histoire et en archéologie et du ministre de la Culture, Azeddine Mihoubi. L’auteur s’est voué tout au long de sa vie à la sauvegarde patrimoine mondial de l’Humanité.

Dans son livre, il ne s’agit pas seulement des sites dévastés par les actions militaires, extrémistes ou terroristes, mais aussi de la lutte contre le trafic de pièces antiques. Les questions inhérentes à la protection des sites archéologiques et avec quels moyens humains et matériels demeurent posées. 

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