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Culture

De la lexicographie de la région blidéenne

De la lexicographie de la région blidéenne

Edité par le Haut commissariat à l’amazighité, en collaboration avec l’Office des publications universitaires, le nouvel ouvrage Tamazight de l’Atlas blidéen du chercheur indépendant Samir El Arifi porte sur la lexicographie de cette région depuis plus d’un siècle.

Tamazight de l’Atlas blidéen constitue le premier ouvrage scientifique inhérent à la lexicographie amazighe de la région de Blida depuis plus d’un siècle. Cette variante de la langue amazighe demeure méconnue du grand public algérien à ce jour.

L’auteur de cette recherche, originaire de Aït Arif chez les Aït Moussa (daïra de Bougara, wilaya de Blida du côté paternel) et des Aït Saleh (du côté maternel) n’est pas un linguiste universitaire.

Il a cependant obtenu un D.U de tamazight en 2009 à l’université d’Aix-Marseille en suivant les cours de civilisation amazighe dispensés par Salem Chaker et ceux du taqbaylit (kabyle). Sa recherche portera alors la langue amazighe locale de la région atlassienne de Blida.

L’importance pédagogique de son ouvrage relève du fait que ce langage est en voie d’extinction, il est parlé par quelques familles seulement, principalement chez les tribus des Beni Misra à Hammam Melouane et les Beni Salah à Chréa.

Plusieurs années durant, Samir El Arifi a rendu visite à des familles qui utilisent toujours ce dialecte, il a recueilli un corpus composé de centaines d’heures d’enregistrements pour pouvoir réaliser ce travail.

Il a retranscrit, vérifié et enrichi les informations qu’il a collectées.
Ce premier travail deviendra la base du futur lexique. Le dialecte amazigh de l’Atlas blidéen est également parlé dans le nord-ouest de la wilaya de Médéa (l’autre versant de l’Atlas), il est aussi bien proche du kabyle (dialecte amazigh de Kabylie) et du chenoui (parlée dans le massif du Dahra, c’est-à-dire dans les wilayas de Tipasa, Aïn Defla et Chlef).

Il est connu sous le nom de tachelhit ou bien taqbaylit, il n’a fait objet d’aucune recherche linguistique depuis environ un siècle. Il y a cependant deux ouvrages de l’époque coloniale (Emile Laoust, 1912 et Edmond Destaing, 1914), ils ont fait mention de quelques mots et phrases utilisées dans ce dialecte.

La plupart des tribus de l’Atlas blidéen ne parlent plus le tamazight, mais cette région est bien connue pour sa riche toponymie amazighe et la plupart de ses habitants originaires sont bien conscients de leurs origines amazighes.

D’après Samir El Arifi, les Atlassiens sont issus d’une dizaine de confédérations aux origines zénéto-sanhadjiennes. Ils se rattachent encore aujourd’hui à leur confédération, à leur tribu, à leur village ancestral.

L’aire dialectale de la région atlassienne est située entre le bloc taqbaylit (Kabylie) et le bloc tachelhit (Dahra). Différentes dénominations existent pour désigner le dialecte atlassien : tachelhit, hachelhit, znatiya (arabisation de taznatit) et taqbaylit, haqbaylit. Egalement les variantes internes du dialecte atlassien : tasalhit, taïchawit, taqbaylit n yeghzer yesser.

L’ouvrage Tamazight de l’Atlas blidéen est venu apporter plus d’éclaircissements sur la lexicographie et la grammaire de cette variante du tamazight.

La première partie est une présentation concise mais riche en détails sur les différentes tribus amazighes de l’Atlas blidéen. La partie lexicographie présente un lexique français-arabe-amazigh.
Une annexe enrichit l’ouvrage avec des proverbes et des informations sur la grammaire de la variante.

Tamazight de l’Atlas blidéen de Samir El Arifi, éd. Office des Publications Universitaires-Haut commissariat à l’amazighité, Alger, novembre 2016

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