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Culture

De la cumbia pour la communion

De la cumbia pour la communion

Lors de la troisième soirée du treizième Dimajazz à Constantine, ce dimanche 29 novembre, la troupe Cumbia Ya !, venue de Paris, a enchanté le public de la salle Ahmed-Bey dans une parfaite communion.

De par ses rythmes et sa dimension sud-américaine festive, la cumbia est souvent confondue à la salsa, ce qui est inévitable en raison des similitudes entre les deux musiques. Elle s’apparente aussi à la chicha. La troupe Cumbia Ya ! se produit au Dimajazz pour la deuxième fois (la première, en 2009).

Dirigée par l’Argentin Augusto Ramos (chant et trombone), cet orchestre de onze musiciens – non pas vingt-cinq comme dans la tradition ancestrale colombienne –, mêle les cuivres aux percussions et aux instruments à cordes.

Chaque performance scénique est une invitation au voyage dans les Andes. Le mélomane va à la découverte d’une musique mise au service des valeurs sociales, un art dont l’acte de naissance est enregistré au cours du XVIIe siècle, en Colombie.

D’abord, les Noirs d’Afrique soumis à l’esclavage et envoyés dans les bateaux de négriers, en particulier du Bénin (ex-Dahomey), animent les veillées funèbres en jouant de leurs tambours. Ensuite, la danse se mêle aux notes, dont une variante a migré au Panama et une autre à Cuba sous le nom de cumba, avant de devenir cumbia.

Le genre poursuit son bonhomme de chemin dans toute l’Amérique du Sud, en particulier en Argentine et au Pérou. Il progressera comme une grande fusion entre les genres modernes, le tango argentin et la musique colombienne.

La cumbia est un répertoire de chant, de rythmes et d’instrumentation légués par moult cultures : africaine, castillane (colonisation espagnole) et indienne. Pour célébrer ce brassage, la troupe Cumbia Ya ! a joué à Constantine Le minaret, un titre composé en 1956 en hommage aux rythmes arabes, qui ont influencé la musique d’Amérique Latine. Car le genre comporte une dimension andalouse dans une danse moderne et chantée de manière mélancolique.

La cumbia sera même fusionnée au rock dans son mouvement des années fastes (1970-1980). Elle est également une musique de rue, les musiciens pouvant jouer et danser en même temps dans une parfaite communion avec l’assistance qui fait la fête en s’exprimant sur sa condition sociale. Ce que la troupe a assuré sur la scène du Dimajazz. 

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