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Nationale

De centaines de passagers bloqués à l’aéroport d’Alger après la faillite d’Aigle Azur

De centaines de passagers bloqués à l’aéroport d’Alger après la faillite d’Aigle Azur

Suite à l’annulation des vols de la compagnie aérienne française Aigle Azur, les clients de cette dernière sont livrés à eux-mêmes à l’aéroport d’Alger où une pagaille indescriptible est constatée depuis une semaine.Ce dimanche, à la nouvelle aérogare, mécontentement et désarroi se conjuguaient pour des centaines de passagers d’Aigle Azur à la recherche d’une place avec d’autres compagnies.

Dans le grand hall de cette gigantesque infrastructure, fraîchement mise en service, aucune information ou indication sur la compagnie en question. Les voyageurs, face à ce black-out, couraient dans tous les sens dans l’espoir de décrocher une réservation avec d’autres compagnies, telles qu’Air Algérie, Air France ou Tassili Airlines. L’infortune de ces voyageurs est plus grave en ce mois de septembre, puisqu’ils devaient reprendre leur travail et leurs enfants rejoindre les bancs de l’école.

Farida, avec des signes d’inquiétude et de colère visibles sur son visage, faisait la queue devant le guichet d’Air France sans être sûre de la disponibilité de vols en partance pour Marseille. «Je me trouve clouée ici à l’aéroport avec mon fils de 5 ans et ma fille de 11 ans, et ce depuis vendredi soir. Il n’y a personne pour nous orienter ou nous informer sur cette décision imprévue (annulation des vols depuis vendredi d’Aigle Azur, NDLR), encore moins une possibilité de remboursement des billets ou une prise en charge, rien ! », déplore cette passagère accompagnée de ses deux enfants et entourée de ses bagages. Et de poursuivre : « Là, j’attends mon tour pour juste me renseigner s’il y a des vols vers Marseille ces jours-ci, car mes enfants devaient rejoindre leur école il y a quelques jours ». Et de lâcher : «En sus des 12 00 euros payés à Aigle Azur, je devrai débourser encore 100 000 dinars pour assurer notre retour. Franchement, avec une telle décision irresponsable et injuste, ils nous ont bousillé les vacances ».

Un cafouillage qui a, à coup sûr, profité aux autres pavillons, nationaux ou étrangers. « En vue d’alléger la souffrance des passagers délaissés par Aigle Azur, la compagnie nationale Air Algérie a procédé à la programmation de dizaines de vols vers plusieurs villes françaises telles Paris, Lyon, Marseille, Metz… ». C’est ce que nous a indiqué, hier à l’aéroport d’Alger, un agent d’escale. «Et pour ne pas aggraver la détresse des clients de cet opérateur en faillite, nous avons baissé nos prix jusqu’à 20% de réduction. De ce fait, nos billets ont été vendus à 30 000 dinars», enchaîne-t-il.

« Certes, les départs ne sont disponibles qu’à partir du 21 septembre, mais heureusement il y a Air Algérie qui est venue à notre rescousse », déclare Mohand, un passager qui attendait dans la file interminable qui s’est formée devant le pavillon de la compagnie nationale.

Par ailleurs, la compagnie Tassili Airlines (TAL) a décidé hier matin d’ouvrir plusieurs vols à partir d’aujourd’hui, lundi, vers Paris, Nantes et Strasbourg. Le billet a été vendu à 31 400 dinars. Une offre qui a intéressé nombre de voyageurs bloqués à Alger, et qui sont à la recherche d’un départ le plus proche possible pour rentrer en France. «Peu importe le prix, je suis obligée de rentrer le plus tôt possible, car je devais rependre mon travail hier», nous a indiqué Karima devant le guichet de TAL pour réserver trois places.

Des dizaines de membres de la communauté nationale émigrée ont préféré l’offre de la compagnie Air France, qui a proposé des billets à 27 000 dinars (50 % de réduction), pour des départs à partir du 16 septembre.

La même situation d’inquiétude et d’exaspération est vécue dans les aéroports français (Orly, Roissy) où des dizaines de passagers ont vu leur vol annulé à la dernière minute et sans en être avisés, ni remboursés.

Les parlementaires appellent le gouvernement à intervenir

La faillite subite et désastreuse de la compagnie de droit français, qui assure le plus gros de ses dessertes vers l’Algérie, a en outre provoqué un tollé et suscité plusieurs interrogations au sein des milieux politiques.

Des parlementaires algériens ont demandé dimanche au gouvernement de ne pas rester les bras croisés. Appelant à une prise de mesures coercitives contre la compagnie française Aigle Azur, qui a laissé des centaines d’Algériens sur le carreau suite à sa faillite, qui a provoqué son placement en redressement judiciaire. À ce titre, Noureddine Belmeddah, député de la communauté algérienne à l’étranger, réclame carrément la mise sous séquestre des avions et des biens immobiliers de la compagnie française en Algérie jusqu’au remboursement rubis sur l’ongle des passagers algériens.

De son côté, le sénateur Abdelwahab Benzaïm a déclaré que la somme totale déboursée par les Algériens pour l’achat des billets, non utilisés, avoisine les 30 millions d’euros.

Le gouvernement algérien doit constituer un dossier pour le soumettre aux autorités françaises, d’autant plus, ajoute le sénateur, que « pour des sommes bien moindres, en rapport avec les soins des Algériens dans les hôpitaux parisiens, les autorités françaises ne lâchent rien» .

Aigle Azur, rappelons-le, est en attente d’une décision de la justice française ce lundi devant trancher sur les offres de reprise de la compagnie.

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