Lamamra plaide pour un système multilatéral
Le conflit palestinien, le dossier sahraoui, la crise libyenne, le Mali ainsi que le prochain Sommet de la ligue arabe prévu à Alger, autant de thèmes abordés ce lundi par le ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra dans un discours lors du débat général de la 77e session de l’AG de l’ONU à New York.
D’emblée, Ramtane Lamamra a plaidé pour un nouveau système mondial plus équitable, en jugeant de remédier à la situation induite par la guerre en Ukraine dans le cadre d’une « approche qui assure l’égalité et l’équité entre tous les pays et mettre fin à la marginalisation de longue date dont souffrent les pays en développement ».
Sur le dossier palestinien, le chef de la diplomatie algérienne a affirmé que l’Algérie s’apprête à accueillir le sommet arabe les 1er et 2 novembre prochain et « aspire à faire de cet événement une étape déterminante dans l’action arabe commune, afin d’assurer une contribution effective du monde arabe à relever les défis actuels sur les scènes régionale et internationale ». Il a dit que l’Algérie poursuit ses efforts « visant à renforcer l’unité nationale entre les frères palestiniens » et a réaffirmé la position algérienne sur la Palestine.
« De cette tribune, je réaffirme que la résolution de la question palestinienne demeure la clef de voûte pour le rétablissement de la sécurité et la stabilité dans la région du Moyen-Orient, en consacrant le droit du peuple palestinien frère à établir son État indépendant dans le cadre des frontières du 4 juin 1967, avec Al-Quds comme capitale, ainsi que la fin de l’occupation de toutes les terres arabes, conformément aux résolutions pertinentes des Nations Unies et à l’Initiative arabe de paix », a lancé Ramtane Lamamra.
Dans le registre de la décolonisation, l’Algérie a réitéré à l’ONU son « soutien au droit du peuple sahraoui frère de mettre fin à l’occupation de ses terres et d’exercer son droit inaliénable et imprescriptible à l’autodétermination et à l’indépendance ».
Lamamra a appelé l’ONU à « redoubler les efforts », à travers l’envoyé personnel de son SG afin de « permettre aux deux parties au conflit », les deux États membres de l’Union Africaine, le Maroc et la République sahraouie, à « reprendre le processus des négociations directes en vue de parvenir à une solution politique acceptable aux deux parties dans le cadre de la légalité internationale ».
Le chef de la diplomatie a demandé à la communauté internationale d’adopter une nouvelle approche dans la gestion des crises qui frappent la planète. « L’Algérie insiste sur la nécessité de sortir de la logique de gestion de crise par la communauté internationale pour se concentrer davantage sur la recherche de solutions », a-t-il dit, en mettant en avant ses « positions de principe » et « son attachement aux principes de non-alignement, et de par son histoire et ses riches expériences en matière de médiation internationale ».
Sur le dossier malien, Lamamra a appelé au nom de l’Algérie la communauté internationale à « soutenir les parties maliennes dans le but d’accélérer le rythme de concrétisation de leurs engagements en vertu de l’accord, notamment à la lumière de la délicate phase de transition que traverse ce pays ».
Sur la crise libyenne, Lamamra a souligné que la solution demeure dans la non-ingérence étrangère dans les affaires de ce pays, et la tenue d’élections libres qui répondent aux aspirations du peuple libyen.
Enfin, M. Lamamra a rappelé que l’Algérie a présenté sa candidature au poste de membre non permanent du Conseil de sécurité pour le mandat 2024-2025. « Cette candidature a été entérinée par l’Union africaine, la Ligue des États arabes et l’Organisation de la coopération islamique », a-t-il souligné, en ajoutant que l’Algérie « compte sur le soutien des États membres lors des élections prévues au mois de juin prochain ».