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Damas et Washington : alliés conjoncturels ou ennemis implacables ?

Damas et Washington : alliés conjoncturels ou ennemis implacables ?

La situation liée au groupe terroriste Etat islamique (EI) qui a investi de vastes territoires en Syrie et en Irak risque d’échapper à tout contrôle s’il évolue en dehors du cadre juridique international, a averti hier le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

« Au fond, tout ce qui se produit à présent au Proche-Orient et en Afrique du Nord est le résultat de la sous-estimation par l’administration américaine de son propre comportement dans cette partie du monde depuis les 10 à 12 dernières années », a déclaré le ministre lors d’une conférence de presse à Moscou. Et d’ajouter qu’il importait à présent d’en tirer les enseignements.

« La situation peut échapper au contrôle si elle évolue en dehors du cadre juridique international (…). Il faut que ceux qui recourent aux actions musclées unilatérales prennent conscience de ces risques », a souligné Sergueï Lavrov.

L’EI, appelé autrefois l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), sévissait au départ principalement en Syrie où il combattait les troupes gouvernementales, s’imposant comme l’une des organisations terroristes les plus cruelles. Il y a quelques mois, l’EI s’est soudainement activé en Irak, s’emparant d’importants territoires.
Fin juillet l’EI a proclamé un califat islamique sur les territoires irakiens et syriens sous son contrôle. Depuis le 8 août, l’armée américaine porte des frappes aériennes contre les positions des djihadistes de l’EI en Irak.

Sans l’aval du Conseil de Sécurité des Nations unies et l’autorisation de Damas, les Etats-Unis ont lancé le 23 septembre des raids contre les positions des djihadistes de l’Etat islamique, du Front Al-Nosra et de Khorasan en Syrie depuis des navires déployés en mer Rouge et dans le nord du golfe Persique. Selon le commandement central des forces américaines (Centcom), l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, la Jordanie, Bahreïn et le Qatar ont participé à ces raids.

Paradoxalement, Washington soutient la position syrienne modérée qui combat tant les troupes gouvernementales que les terroristes de l’EI. Cependant, tout porte à croire que la phase active de l’opération menée par Damas contre l’opposition armée peut aboutir dans 3 à 4 mois, les succès remportés par l’armée syrienne étant tout à fait logiques, a déclaré à la radio La Voix de la Russie Leonid Issaïev, du Haut collège d’économie.

« Ces derniers temps, la situation a contribué à ce que les troupes gouvernementales remportent des victoires, qui s’inscrivent bien dans le cours des événements des derniers mois. Même à présent, il ne s’agit sans doute pas d’une guerre civile, mais plutôt d’une opération antiterroriste d’envergure, menée par le gouvernement de Bachar el-Assad », a estimé le politologue.

Par ailleurs, a-t-il indiqué, les Etats-Unis qui bombardent à présent les positions de l’Etat islamique (EI) en Irak et le gouvernement de Damas qui combat les terroristes en Syrie se sont retrouvés du même côté de la barricade.

« L’opposition (syrienne, ndlr), épaulée autrefois par les Etats-Unis, a tout simplement montré son vrai visage. Et nous avons constaté que les Américains avaient formé durant la première année du conflit syrien ces mêmes forces terroristes qu’ils bombardent à présent en Irak et que les troupes de Bachar el-Assad bombardent en Syrie. Ainsi, les USA ont commis une fois de plus la même erreur au Proche-Orient », a conclu l’expert.

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