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Nationale

Daïra d’Aïn El-Hammam : Des projets satisfaisants et d’autres à donner le tournis

Daïra d’Aïn El-Hammam : Des projets satisfaisants et d’autres à donner le tournis

Dans le cadre de la politique du grand développement des régions lancée par Abdelaziz Bouteflika dès son élection en tant que président en 1999, la daïra de Aïn El-Hammam a eu son quota de projets de développement. En cette fin d’année 2016, certains de ces projets, dont la programmation date depuis longtemps, sont satisfaisants et d’autres, hélas, donnent le tournis.

C’est le constat établi mardi, à l’occasion de la visite de travail et d’inspection effectuée dans cette daïra par Mohamed Bouderbali. Le wali, accompagné d’un important staff parmi lequel se trouvaient des députés, a porté ses observations sur pas moins de 15 points.

La première opération d’inspection de Mohamed Bouderbali a évoqué la station de refoulement dans la commune d’Akbil. Cette station, mise en service le 4 juillet dernier, est d’une production de 1700 m3 par jour et est destinée à alimenter en eau potable 3610 habitants éparpillés dans les villages et hameaux environnants.

Ce projet, dont les bienfaits sont aujourd’hui considérés par tous comme une bénédiction, a pourtant connu deux années de retard suite à l’opposition de certains citoyens.

Toujours dans le territoire communal d’Akbil, l’étape suivante portera sur la bibliothèque communale. Celle-ci a été achevée le 6 juin 2011 et ses équipements n’ont été réalisés que le 20 mai 2014. Quant à son inauguration, elle n’aura lieu que le 20 août de l’année en cours.

Pourquoi avoir attendu 5 longues années pour l’inaugurer ? Mystère ! Mais toujours est-il que sur le plan architectural, la bibliothèque communale d’Akbil est une petite merveille. La troisième étape sera consacrée à la visite du village Aourir-Ouzemmour. Ce village a obtenu le 2e prix Rabah-Aïssat lors du dernier concours. Aourir-Ouzemmour est réellement un village d’une grande propreté.

Aourir-Ouzemmour, un village à vocation touristique

Toutefois, le grand intérêt que pourrait présenter ce village est d’ordre touristique. La cime du Djurdjura, plus exactement le lieudit « La grotte du Mc Abée » est à portée de main.

Un authentique professionnel du tourisme qui visiterait ce splendide espace géographique n’hésiterait pas une seconde à dégager une grande zone pavillonnaire sur une bande d’au moins deux kilomètres, au pied même de la montagne. Les milliardaires du monde entier s’arracheraient les billets de location d’un pavillon.

Hélas, rien que pour gravir la montagne jusqu’à cette fameuse grotte cachant le cadavre d’un guerrier ou d’un chasseur d’une époque lointaine, il faut être un « alpiniste » chevronné.
En attendant, Aourir-Ouzemmour est habité seulement par ses habitants, lesquels sont condamnés à aller gagner leur pitance ailleurs.

Dans la commune d’Abi-Youcef, c’est un véritable désastre. Des quatre points visités, seule la cantine scolaire mérite un satisfecit tant sa construction et sa forme physiques relèvent de la grande rigueur architecturale. Le stade communal, dont le début des travaux remonte au 16 juillet 2012 n’a été réceptionné que le 5 octobre 2014 alors que le délai de réalisation promis n’était que de dix mois.

Plus grave encore ! Après avoir englouti des sommes colossales d’argent, la commune d’Akbil a reconnu son incapacité à continuer d’assurer la tutelle de ce stade d’où la décision du wali de le reclasser sous le tutorat de la direction de la jeunesse et des sports de la wilaya. 

Le stade communal pas convainquant

Le stade en question n’est aujourd’hui encore qu’un simple terrain où les enfants peuvent jouer aux billes. La couche recouvrant le stade fait tout simplement penser à la piste d’un hippodrome. Autrement dit, seuls des chevaux ferrés peuvent y effectuer un trot ou un petit galop.

Les gradins sont inexistants. Les vestiaires sont mal finis. L’enveloppe budgétaire consacrée à cette structure voulue comme « sportive » ou plutôt l’argent dilapidé sous le fallacieux motif de construction d’un stade était de 33 876 968,89 DA.

Un simple étudiant en sciences financières peut démontrer l’inadéquation entre ce montant d’argent et la situation physique réelle du stade. Autrement dit, il y a bien anguille sous roche dans cette affaire de stade. La prochaine halte sera consacrée au projet des 422 logements OPGI.

Là encore, un véritable patriote peut être victime d’une apoplexie tant les choses vont exagérément de travers. Initialement, il était question de la construction de 1200 logements OPGI. C’est un programme inclus dans le plan quadriennal 2010 – 2014.

Plus tard, ce programme sera revu grandement à la baisse puisqu’il ne sera composé que de 422 logements. Et l’inénarrable réside dans le fait que ce programme de 422 logements n’est pas encore lancé. Plus loin, le 3e point dans cette commune d’Akbil, c’est encore la mauvaise surprise qui est au rendez-vous.


« Les locaux du Président » pas encore exploités

Les 54 locaux commerciaux, qui font partie du programme spécial lancé par le président de la République en faveur des jeunes, ne sont pas encore mis en exploitation par qui de droit. Et pour cause : ils ne sont pas encore pourvus des commodités nécessaires comme l’électricité, l’eau courante, etc.

Les travaux en dur sont terminés. Idem concernant le badigeonnage des murs et des façades. Les travaux des plus simples mais des plus indispensables ne sont pas encore faits.

C’est à ne rien comprendre. Tel est le constat réel des projets de développement dans la commune d’Akbil. Dans la commune d’Aït-Yahia, les deux projets visités, en l’occurrence le projet d’unité d’eau minérale initié par un privé et le service biométrie de l’APC, sont encourageants. En effet, ce service biométrique de l’APC d’Aït-Yahia sera opérationnel à partir de la semaine prochaine.

Quant à l’usine, selon son patron, M. Harbaz, une fois opérationnelle, sa capacité de production sera de 108 000 bouteilles par jour. Pour avoir ce liquide précieux dans les bacs de traitement, M. Harbaz a eu l’idée de construire un énorme forage sur les lieux mêmes du site où est implantée l’usine. Ce forage capte les eaux souterraines en provenance de la chaîne de montagne tout près.

Cependant, le directeur de l’hydraulique de la wilaya, Rachid Hamègue, en tant que spécialiste de la ressource hydrique, a suggéré à M. Harbaz de renforcer son forage en eau par un système de canalisation à partir des nombreuses sources environnantes. « Il vaut mieux avoir de l’eau en surplus ou tout simplement en abondance que de prendre le risque de se retrouver avec un forage sec », a insisté Rachid Hamègue auprès de l’initiateur du projet de l’unité minérale.

Joie et la satisfaction à Aïn El Hammam

Dans la commune de Aïn El Hammam, c’est la joie et la satisfaction qui furent au rendez-vous. En effet, c’est au village de Targa-Melloul que le wali actionna la manette gazière devant libérer ce fameux gaz naturel au profit de pas moins de 681 foyers. L’atmosphère festive qui régna dans ce village a fait oublier durant un moment au wali les contrariétés subies plutôt.

De retour au centre-ville, un arrêt à hauteur d’un bâtiment souffrant de quelques endommagements, lesquels ont été provoqués par un glissement de terrain.

L’immeuble en question est privé. Les propriétaires ont sollicité Mohamed Bouderbali pour leur trouver une solution à leur problème. Leur sollicitation n’est cependant pas raisonnable puisqu’ils exigent des correctifs aux seuls frais de l’Etat.

Ce n’est pas juste dans la mesure où la collectivité n’a jamais joué aucun rôle dans cette construction, c’est-à-dire ni dans le choix du terrain d’assiette, ni dans les matériaux de construction et ni dans la dimension de l’immeuble.

Par ailleurs, le danger menaçant cet immeuble a été signalé depuis plusieurs années, mais la construction est toujours debout. Toutefois, le véritable coup de massue sera « reçu » sur le site abritant la polyclinique. L’infrastructure en question est bien faite sur le plan architectural. Ce qui révolte, en revanche, c’est son coût et son historique.

C’est au cours du milieu de la décennie 1970 que l’Etat a ordonné 1 la construction d’une polyclinique et ainsi dégagé de l’argent. En 1976, alors que la polyclinique était en plein chantier, on décida, pour des raisons inconnues encore aujourd’hui, d’abandonner le projet. Pendant presque 30 ans, les bâtiments nus offraient leur laideur à la vue des passants.

Durant toutes ces années, ils étaient dépourvus de murs. En 2005, on décida à nouveau la réalisation du projet d’une polyclinique, et ce sur le même site. Mais au lieu de renforcer davantage les bâtiments déjà construits par des moyens techniques modernes, on procéda tout simplement à leur démolition.

L’opération a déjà coûté beaucoup en termes financiers et temporels. Idem naturellement concernant leur première construction, c’est-à-dire en 1976.

En 2005 donc, la construction repartit de zéro. Au chapitre des travaux de terrassement, le montant d’argent englouti est de 86 231 130,57 DA. Au chapitre portant maçonnerie, VRD, gros œuvres, électricité et autres opérations y afférentes, le montant de l’enveloppe englouti est de 26 223 586,16 DA. Au chapitre portant travaux de structures de soutènement, le montant est de 7.960.212,00 DA.

N’importe quel banquier dira que de telles sommes d’argent sont astronomiques. Là où le bât blesse, c’est qu’aujourd’hui encore, l’ensemble infrastructurel est fantomatique.

Pas le moindre équipement médical n’est installé. Pas même l’ombre d’un télescope. Pourtant, le directeur de la santé de la wilaya, sans doute pour faire croire à Mohamed Bouderbali qu’il est un responsable fort patriotique, a fait semblant d’exiger de ses vis-à-vis que cette polyclinique « devra impérativement être opérationnelle au plus tard le 15 janvier prochain ! « Tout le monde sait que ce rendez-vous ne peut être honoré en si peu de temps.

Concernant le projet du nouveau siège de la daïra, mitoyen du siège de l’APC, les travaux vont bon train. La salle omnisports, que Mohamed Bouderbali a inaugurée à l’occasion de sa présence à Aïn El-Hammam, est également à considérer comme un véritable joyau architectural.

Le lycée Mustapha-Ben Boulaïd a été également visité par le wali. Pourtant, la virée dans ce lycée, inauguré par feu Houari-Boumediène en 1976, n’était pas au programme initialement tracé. Dans cet établissement éducatif, le problème posé a porté sur la panne de la chaudière.

Les responsables de ce lycée ont sollicité Mohamed Bouerbali pour ordonner l’achat d’une nouvelle chaudière car sans la chaleur des chauffages, il fait très froid dans les classes.

Or, le ministère de tutelle a déjà rejeté l’année dernière la demande d’achat d’une nouvelle chaudière son coût étant très élevé. Par conséquent, il n’est pas prévu au budget. Mohamed Bouderbali a lui aussi exclu le projet d’achat de cette fameuse chaudière pour le moment, et ce au motif de son prix élevé. Le wali a suggéré, en revanche, la réparation de cette chaudière puisqu’elle est réparable.
Cependant, Mohamed Bouderbali a indiqué aux responsables de ce lycée qu’une étude sera effectuée à partir de l’année 2017 pour un éventuel achat d’une nouvelle chaudière.

Par ailleurs, une anomalie a été constatée dans ce lycée Mustapha-Ben Boulaïd. La salle de sports, qui s’est écroulée depuis 2005 sous le poids de la neige, n’est toujours pas reconstruite.
Seules les ruines, toujours visibles, témoignent de l’effet nival de ce dur hiver de 2005. Et curieusement, juste après avoir quitté cet établissement éducatif, la pluie se mit à tomber généreusement. Et il va sans dire qu’un froid à enrhumer un canard a accompagné ces pluies.

Projection du film De la maison blanche à l’océan bleu consacré
à la vie et à l’œuvre de Cheikh El-Hasnaoui

Toutefois, la splendeur de la salle de cinéma du centre culturel Matoub-Lounès fera oublier à Mohamed Bouderbali et à l’immense cortège l’accompagnant le froid et la faim. Il était déjà presque 16 heures. Le wali procédera à l’inauguration de la salle de cinéma en question après plusieurs mois de travaux de restauration.

La directrice de la maison de la Culture, Nabila Goumeziane, mettra à profit la présence de Mohamed Bouderbali sur les lieux pour l’inviter à assister à la projection d’un film documentaire, laquelle projection entre dans le cadre du Festival national du film amazigh.

Mohamed Bouderbali verra effectivement le film de Meziane Ourad intitulé De la maison blanche à l’océan bleu qui est consacré à la vie et à l’œuvre de Cheikh El-Hasnaoui.
La projection de ce film à l’intention du wali et de la délégation l’accompagnant n’a pas figuré au programme.

Le geste a été improvisé génialement par Nabila Goumeziane, qui était d’ailleurs membre de la délégation. Par ailleurs, il est à retenir que ce cinéma de Aïn El-hammam est retenu pour abriter les projections de films entrant dans le cadre du Festival du film amazigh.

L’inauguration de cette salle de cinéma a été le dernier acte de Mohamed Bouderbali à Aïn El-Hammam au cours de cette journée de mardi.

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