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Nationale

Daech, l’alibi du pire…

Daech, l’alibi du pire…

Difficile ces derniers jours de comprendre ce qui se prépare à l’échelle internationale pour la Libye. Les informations contradictoires mettent en exergue les progrès effectués par les différentes parties engagées sur la voie d’un gouvernement d’union nationale, tout en annonçant à demi-mot une intervention militaire de l’OTAN. Les pays voisins de la Libye sauront-ils enrayer la machine infernale ?

Fin janvier c’est le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, qui expliquait le préalable d’une éventuelle intervention de la force transatlantique : «  Si un accord politique est trouvé, l’OTAN se tient prête pour apporter un soutien, mais le gouvernement doit le demander, et les conditions sur le terrain doivent changer. »

Or, il n’est pas sûr que la coalition formée par les signataires de l’accord du 17 décembre 2014, qui n’a pas été accepté par le camp de Tobrouk, puisse décider d’une solution militaire importée alors que la majorité des Libyens gardent un très mauvais souvenir des bombardements de l’OTAN durant les jours troubles du renversement de Kadhafi. Surtout que ce gouvernement fragile, formé sous l’égide de l’ONU, peine à gagner en légitimité faute de réelle maîtrise de la situation politique sur le terrain, qui pourrait donner du crédit à l’évaluation sécuritaire sur l’ensemble du territoire libyen.

Le prétexte terroriste

Pourtant, le renforcement des structures locales de l’EI dans différentes localités de l’ex-Jamahiriya relance et alimente la thèse de l’intervention extérieure inévitable. En appui au dialogue politique national alors que les deux options s’opposaient jusqu’à ce que la donne terroriste vienne justifier les ingérences dangereuses. 

Les milliers de mercenaires de Daech qui ont convergé vers Syrte et d’autres fiefs de combattants étrangers imposent un nouveau calendrier militaire.

Comme pour casser les efforts de l’Algérie qui avait, par-delà les négociations de Skhirat au Maroc, réussi à réunir autour d’une table des parties libyennes franchement opposées sur le terrain. Scénario-bis du cas malien où le processus de dialogue inclusif se voit court-circuiter par l’urgence de la riposte contre les « jihadistes ».

C’est ce qu’on peut aussi comprendre des déclarations faites à la dernière rencontre d’Amsterdam. « La Libye est déjà un refuge et une zone d’opérations pour (l’organisation jihadiste de l’Etat islamique (…)

En tant qu’Européens, nous allons discuter de la Libye et nous préparerons les opérations déjà existantes, comme (la mission navale) “Sophia”, au cas où un potentiel gouvernement libyen d’unité demande davantage d’aide » a déclaré la ministre allemande de la Défense, Ursula Von der Leyen, qui s’exprimait devant ses homologues européens au cours d’une réunion conjointe avec les responsables de l’OTAN et spécialement dédiée à la situation sécuritaire en Libye.
Inquiétude des voisins

On retiendra la lucidité du Président tunisien, Beiji Caid Essebsi, dont le pays est pourtant confronté aux violences terroristes, qui met en garde la communauté internationale quant à une intervention militaire désastreuse en Libye. Tunis ne croit guère à cette solution musclée, quand bien même elle serait lancée à la demande d’un gouvernement libyen prétendu légitime.

Mesurant les conséquences dangereuses d’une guerre aérienne au format « otanesque » -et toutes les bavures qu’elle suppose- en plus de la dissémination inévitable que provoqueront les frappes étrangères, les pays frontaliers de la Libye ont mille raisons de redouter le recours à la force aveugle.

L’échange récent de renseignements entre les Egyptiens et les Algériens a pu confirmer la stratégie des missionnés de l’EI qui préparent des intrusions en territoires limitrophes pour une tentative d’embrasement régional. Un projet subversif auquel a répondu le chef d’Etat-major, le Général major de corps d’armée et vice-ministre de la Défense algérien, Gaid Salah, qui a signifié clairement que les forces de sécurité algérienne se tiennent prêtes à riposter à toutes menaces notamment aux frontières.

Plus que jamais, les partisans de la solution politique sont convaincus que seule la restauration d’un pouvoir légitime et fort en Libye pourra ramener la paix civile et vaincre le terrorisme, qui ne prospère que grâce à l’instabilité chronique du pays depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi. 

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