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Nationale

Cyberterrorisme et rôle d’internet : L’Algérie à l’avant-garde

Cyberterrorisme et rôle d’internet : L’Algérie à l’avant-garde

L’Algérie va abriter dès ce mois et mai prochain des ateliers sur le rôle d’Internet et de la démocratie dans la lutte contre le cyberterrorisme, c’est ce qu’a annoncé, jeudi dernier, le ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue des Etats arabes, Abdelkader Messahel, entre temps les organisations terroristes sont en train de mener une véritable campagne de recrutement de jeunes Djihadistes via la Toile. Un gigantesque réservoir humain qui peut allonger la vie des groupes terroristes.

Le cyberterrorisme. Cette nouvelle forme de terrorisme en vogue dans le monde, dont l’Algérie n’est pas du tout épargnée. Chaque année, l’épouvantail Etat Islamique (EI) appelé également Daech, a réussi de recruter des milliers de jeunes Djihadistes via l’Internet notamment sur les réseaux sociaux. Des centaines d’Algériens ont rejoint les rangs de cette diabolique organisation terroriste après des premiers contacts faits sur les réseaux sociaux. Les cybergendarmes qui relèvent de la Gendarmerie nationale ont déjà traité des centaines de cas depuis l’émergence de cette organisation criminelle. Mieux, pas moins de vingt réseaux liés à l’Etat Islamique, spécialement conçus par les terroristes dans le recrutement des Djihadistes, ont été également démantelés. Les exemples se comptent à gogo. Il y’a à citer, à titre d’exemple, la jeune étudiante de Tlemcen qui, en 2015, a été appréhendée par les cybergendarmes dans le cadre d’une vaste enquête menée sur les réseaux sociaux qui a permis le démantèlement d’un large réseau de Daech. Aujourd’hui, les groupes armés arrivent à recruter de nouveaux jeunes Djihadistes après des contacts puis des connaissances avant de convaincre ces jeunes de regagner les rangs des terroristes. C’est le cas en Syrie, en Irak, au Yémen, en Algérie, en Tunisie et même en Europe et aux Etats-Unis, là où des milliers de jeunes ont été recrutés sur la Toile pour finir dans les fronts. La Police Internationale (Interpol) a dévoilé l’année passée le nombre des jeunes européens qui ont rejoint les rangs de l’Etat Islamique (EI) en Syrie et en Irak. D’après Interpol, ils sont plus de 5000 jeunes européens qui ont franchi les frontières turques pour aller en Syrie et combattre aux côtés de l’Etat Islamique et Jebhet El Nosra, l’autre groupe rival de Daech. L’Algérie à l’instar des autres pays a été affectée par le cyberterrorisme mais également la cybercriminalité. Deux sérieuses menaces qui guettent les internautes, enfants comme jeunes. Sur ce plan, selon le Centre de recherche juridique et judiciaire (CRJJ), près d’un enfant sur 3 en Algérie ont été victimes de cyber intimidation. Ils ont reçu des messages méchants ou ont fait l’objet d’images humiliantes sur le Net. L’enfant algérien, à l’instar des autres pays du monde, est plus que jamais ciblé par des personnes anonymes difficiles à identifier, ce qui peut le conduire à se méfier de toutes ses relations. Les risques de la criminalité informatique ont doublé dans notre pays ; la sécurité nationale et celle des personnes sont également en jeu. Face à cette situation inquiétante, des experts algériens ont interpellé l’ensemble de la société, y compris les parents, pour établir avec leurs enfants des règles claires d’utilisation de l’Internet auxquelles ils ne peuvent déroger sans leur accord. Parmi les solutions proposées par les experts, il est conseillé aux jeunes internautes, enfants et adultes, de ne pas diffuser des informations personnelles telles que l’adresse, le numéro de téléphone, le lieu de travail des parents, le numéro de la carte bancaire, l’adresse de l’école, etc. Garder l’anonymat est la première solution conseillée par les participants. Ne jamais accepter de rencontrer physiquement toute personne connue sur Internet. Diffuser ses photos sur le Net est strictement déconseillé et ne jamais visiter les sites interdits par les parents. La Toile est devenue une véritable passerelle virtuelle pour les criminels, en tous genres, qui parviennent même à faire tomber leurs victimes mais aussi à commettre leurs forfaits. Chaque année, les services de sécurité traitent une moyenne de 300 affaires de crime via l’Internet.

100 magistrats et 50 cyber-enquêteurs pour lutter contre le crime électronique

L’Algérie intensifie ses actions afin de faire face à la cybercriminalité et le cyberterrorisme qui ont déjà fait des centaines de victimes dans notre pays. Pour cette raison, le directeur général du CRJJ, en l’occurrence Djamel Bouzerini, avait souligné en 2015, que 100 magistrats et 50 cyber-enquêteurs de la police judiciaire ont été formés pour lutter efficacement contre les multiples crimes électroniques et autres apologies au terrorisme. Ils ont reçu des formations de haute qualité aux Etats-Unis (par le FBI), en France et en Belgique. Il était primordial de le faire, avait expliqué le DG du CRJJ. Outre cela, un arsenal de lois est en préparation en Algérie pour combattre le crime électronique. Entre 2007 et octobre 2015, le CRJJ a enregistré plus de 800 d’infractions en Algérie. Il s’agit souvent d’apologie au terrorisme, d’usurpation d’identité ; les escrocs utilisant les noms et les photos de leurs victimes à des fins diaboliques. D’autre part, la police judiciaire accorde de plus en plus d’intérêt à la lutte contre la cybercriminalité. Durant les années 2002 à 2013, la lutte a connu une hausse considérable, car le nombre d’abonnés à Internet est en train de s’agrandir. Aujourd’hui, le cap des six millions d’abonnés a été dépassé en Algérie, ce qui oblige la Gendarmerie nationale et la Sûreté d’Alger à songer sérieusement à redoubler leurs effectifs et développer leurs moyens pour lutter contre la cybercriminalité. Feu Ali Tounsi avait beaucoup œuvré dans ce sens, d’ailleurs il a été à l’origine de la création d’une nouvelle filière de la police judiciaire appelée cyber-enquêteur. Le but de cette section est l’identification des risques, des infractions dans le cyber espace, des organismes qui sont derrière ces menaces afin de préserver les internautes. Beaucoup d’étudiants algériens ont eu des propositions à rejoindre les rangs de Daech. Cela est fait sur les réseaux sociaux où la nébuleuse organisation mondiale tente de recruter les étudiants Djihadistes au sein de ses filières. La communauté universitaire, dont les étudiants et les enseignants, est contre le terrorisme qui menace la sécurité de la planète. De nombreux étudiants sont victimes d’attentats terroristes, en Algérie, dans les années 1990, et ailleurs dans le reste du monde. Un nombre réduit, mais inquiétant, d’étudiants sont néanmoins « enrôlés » par des terroristes, les poussant même à se transformer en kamikazes. La tuerie de Sousse, en Tunisie, a été commise par un jeune étudiant tunisien originaire de Kairouan, d’après le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur tunisien, Rafik Chelli qui s’exprimait à la radio tunisienne Mozaique FM. Cet attentat terroriste a coûté la vie à des dizaines de personnes, principalement des touristes étrangers. En avril 2015, un « brillant étudiant » en droit se trouvait parmi les terroristes auteurs de l’attentat de Garissa, d’après les autorités kenyanes. Les étudiants de la faculté de droit de Nairobi n’avaient, à l’époque, d’autre discussion que celle concernant ce « brillant étudiant », s’interrogeant comment a-t-il pu devenir terroriste. Il était diplômé de cette faculté de droit. En 2013, Abdirahim Abdullahi est diplômé et finit deuxième de sa classe. Tout le monde s’imaginait qu’il aurait un brillant avenir, avait-il été noté. Le 8 juin 2015, le média tunisien en ligne African Manager publiait un article selon lequel 1300 étudiants tunisiens seraient actuellement enrôlés comme combattants dans les organisations extrémistes à l’extérieur du pays, notamment pour le compte de l’Etat islamique. « Sous l’effet d’un chômage de masse, les universités tunisiennes sont devenues un terrain fertile pour le recrutement de Djihadistes. Ainsi, faut-il dispenser des cours de sensibilisation contre le terrorisme dans les universités ou créer carrément un nouveau module dans ce domaine ? Le but est de mettre à l’abri les étudiants et l’université contre le terrorisme.

L’étudiante de Tlemcen, l’intermédiaire Turc et les terroristes de Daech

En Algérie, le fléau des étudiants qui sont partis combattre avec l’Etat Islamique a été signalé à plusieurs reprises. D’ailleurs, la gendarmerie nationale avait démantelé, en janvier 2015, une cellule terroriste qui avait un lien direct avec des passeurs turcs au profit de Daech. En tout, 27 membres appartenant à une cellule de recrutement ont été arrêtés, dont des étudiants de l’Université de Tlemcen, suite à des enquêtes menées par des gendarmes de la Cybercriminalité. Une étudiante âgée de 22 ans de l’université de Tlemcen faisait également partie de cette cellule. Cette dernière avait divisé le réseau en quatre cellules. La première Cellule avait été démantelée à Alger, son axe d’activité est entre Guelma et Alger. Les recruteurs utilisaient les réseaux sociaux notamment le facebook, Skype et Twitter et échangent des renseignements avec leurs potentielles victimes qui sont, dans leur majorité, des étudiants. Au sein de cette première cellule, les gendarmes ont pu mettre la main sur quatre membres. La seconde cellule qui avait un lien avec la première avait été démantelée à Tlemcen. Cinq recruteurs dont une jeune étudiante de 22 ans avaient été arrêtés. La jeune étudiante qui approchait les étudiants à Daech a été localisée via le Net par les gendarmes. La cellule en question sévissait en complicité avec des membres marocains établis au Maroc, d’ après les investigations menées par la gendarmerie nationale sur cette affaire. Les commanditaires de ces « recrutements » au profit de l’organisation terroriste dirigée par « Abou Bakr El Baghdadi » étaient en contacts avec l’étudiante et quatre de ses complices. Un peu loin de Tlemcen, cette fois à Ghardaïa, ici 13 autres recruteurs ont été arrêtés dans le cadre de cette enquête. Il s’agit de jeunes âgés de 21 à 50 ans, issus notamment de pays du sahel dont figurent trois étudiants, deux algériens et un malien. Ils ont été localisés par les gendarmes à Laghouat, Tlemcen, Oued Souf, et arrêtés par les enquêteurs de la gendarmerie nationale. Par ailleurs, les services de sécurité ont démantelé une vingtaine de cellules chargées de recruter des jeunes Algériens pour aller combattre en Syrie. Les coups de filets des services de sécurité contre les réseaux spécialisés dans le recrutement des jeunes Algériens pour le Jihad en Syrie se sont succédé depuis le début de l’année 2014. Selon une source sécuritaire proche du dossier, Aqmi a créé depuis quelques temps, plusieurs cellules terroristes spécialisées dans le recrutement de jeunes combattants, ce qui a permis à Aqmi d’enrôler 300 jeunes. L’organisation criminelle a profité du « Printemps arabe », pour tenter de convaincre de jeunes Algériens à renflouer ses rangs pour perpétrer des attentats sur le sol algérien, d’autant qu’elle était en manque d’éléments suite aux coups de boutoir infligés par les forces de l’ANP. A El -Oued, à Ouargla, à Tébessa, Tlemcen, Alger et à Biskra, des cellules terroristes ont été identifiées par les cybergendarmes suite à des investigations menées par les sections de recherches. Les enquêtes des gendarmes ont été fructueuses. C’est le cas à El-Oued où deux passeurs de Daech ont été interpellés. Récemment, six terroristes recherchés depuis des années ont été tués à El Oued et 25 personnes ont été arrêtées pour soutien aux groupes armés. 

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