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Crise libyenne : Alger et Tunis plaident pour une mobilisation régionale

Face à une crise libyenne persistante aux lourdes répercussions sécuritaires, l’Algérie et la Tunisie réaffirment la convergence totale de leurs positions en faveur d’une solution politique inclusive, portée par les Libyens eux-mêmes et protégée des ingérences étrangères. 

C’est ce qu’a indiqué Ahmed Attaf, ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, à l’issue de son audience avec le président tunisien Kaïs Saïed, soulignant l’urgence d’une mobilisation régionale coordonnée, tout en mettant en exergue la profondeur historique et stratégique des relations algéro-tunisiennes.

Attaf a, d’emblée, affirmé que « cette rencontre revêt un caractère tout particulier, alors que nos deux pays s’apprêtent à commémorer une date immortalisée dans les annales de leur histoire commune ». Evoquant la commémoration prochaine des événements de Sakiet Sidi Youssef, le chef de la diplomatie algérienne a souligné la portée hautement symbolique de cette date, « qui incarne les plus nobles expressions de fraternité, de solidarité et de sacrifice entre les peuples algérien et tunisien », et qui « consacre la profondeur historique et l’enracinement des relations algéro-tunisiennes ».

Le ministre d’Etat a également réaffirmé « l’attention particulière et la ferme détermination du président Abdelmadjid Tebboune à poursuivre le travail conjoint avec son homologue tunisien », dans l’objectif d’« engranger davantage d’acquis sur la voie du renforcement des relations algéro-tunisiennes, au bénéfice de nos deux pays, de nos deux peuples et de nos espaces d’appartenance communs, arabe, africain, islamique et méditerranéen ».

La rencontre a, par ailleurs, constitué une occasion pour les deux parties d’exprimer leur « satisfaction partagée quant aux conclusions importantes et aux résultats qualitatifs issus des travaux de la 23ᵉ session de la Commission mixte supérieure algéro-tunisienne, tenue le mois dernier à Tunis ».

Le ministre d’Etat Attaf a dit « avoir écouté avec un grand intérêt et une profonde considération les analyses approfondies du président Kaïs Saïed concernant les perspectives de concrétisation de ces résultats sur le terrain », en les traduisant « en projets opérationnels et en réalisations concrètes, à même de conférer un éclat supplémentaire aux relations entre nos deux pays ».

Il a également souligné que le président tunisien a réitéré « sa vision stratégique, intégrative et fondée sur l’interdépendance, du présent et de l’avenir des relations algéro-tunisiennes », une vision « pleinement partagée et portée conjointement par les présidents Tebboune et Saïed ».

 

Préserver la souveraineté de la Libye

Dans le registre régional, le ministre d’Etat a mis en exergue la convergence des positions algérienne et tunisienne sur les enjeux de sécurité régionale. Affirmant qu’« autant nos deux dirigeants accordent de l’importance à la consolidation des relations entre l’Algérie et la Tunisie, ils attachent un soin tout aussi majeur à la sécurité et à la stabilité de leur voisinage immédiat ».

C’est dans cette logique que s’inscrit la tenue, à Tunis, d’une nouvelle session du mécanisme des pays voisins de la Libye, réunissant l’Algérie, la Tunisie et l’Egypte, consacrée à l’examen des développements de la crise libyenne. Le ministre a ainsi expliqué que « cette session s’inscrit dans le cadre de la relance de ce mécanisme essentiel, après les réunions du Caire et d’Alger, afin de réaffirmer d’une seule voix la nécessité impérieuse de mettre un terme à une crise qui n’a que trop duré ». Il a précisé que la démarche des trois pays a pour seul objectif « de soutenir nos frères libyens, de les aider à surmonter leur crise, à recoller les morceaux de leur unité nationale et à parvenir à la solution politique tant attendue ».

Attaf a réaffirmé la légitimité de l’initiative régionale sur la Libye, soulignant que l’Algérie, la Tunisie et l’Égypte sont les pays les plus directement concernés par la crise et les plus attachés à la souveraineté et à l’unité de la Libye. Il a exprimé la reconnaissance de l’Algérie à la Tunisie pour l’accueil de cette réunion, tenue en présence de la représentante spéciale de l’ONU. Le chef de la diplomatie a rappelé que la sécurité de la Libye est indissociable de celle de ses voisins et a insisté sur la responsabilité des pays de la région de favoriser une solution politique libyenne, à l’abri des ingérences et des rivalités étrangères.