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Nationale

Crise humanitaire dans l’est de la RDC : L’Algérie plaide pour une action africaine déterminée

Crise humanitaire dans l’est de la RDC : L’Algérie plaide pour une action africaine déterminée
Ahmed Attaf.

Lors d’une réunion ministérielle du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine consacrée à l’examen de la détérioration de la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a appelé, ce lundi, à une mobilisation africaine urgente fondée sur le dialogue inclusif, la souveraineté nationale et la prise en charge des causes profondes du conflit. C’est ce qu’a indiqué un communiqué du ministère.

S’exprimant lors d’une visioconférence réunissant les ministres africains des Affaires étrangères et de la Défense, M. Attaf a, d’emblée, mis en avant l’importance d’une parole claire et d’une action déterminée, relevant que « nous assistons à une escalade militaire dangereuse qui met en cause directement la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC ». Il a également dénoncé l’occupation récente de la ville d’Uvira par la coalition AFC/M23. « De tels actes violent les principes fondamentaux de la paix et menacent de fragiliser toute la région », a-t-il indiqué, soulignant l’urgence d’une mobilisation collective pour endiguer ce phénomène.

Au-delà de la dimension sécuritaire, M. Attaf a alerté sur l’ampleur dramatique de la crise humanitaire, indiquant que « plus de 5,7 millions de personnes ont été déplacées et près de 25 millions font face à une insécurité alimentaire aiguë ». Il a martelé que « cette crise ne peut plus être ignorée », soutenant encore une fois la nécessité d’une intervention coordonnée et soutenue.

Le ministre a également souligné le décalage préoccupant entre les engagements pris dans le cadre des accords de Washington et de Doha et leur mise en œuvre effective sur le terrain, rappelant que « ces accords représentaient un espoir renouvelé pour la paix dans la région ». Il a déploré que « le fossé entre les mots et les actes montre à quel point le processus de paix demeure fragile et vulnérable ».

En outre, M. Attaf a soutenu que l’Union africaine dispose de mécanismes essentiels pour accompagner le règlement politique de cette crise et qu’il est impératif de les réactiver. Il a notamment cité le Cadre de sécurité et de coopération pour la RDC et la région, capable, selon lui, de fournir une « couverture globale » pour relancer les efforts combinés des processus de Luanda et de Nairobi. Il a soutenu que « l’action africaine doit s’inscrire en complémentarité avec les initiatives internationales ».

Le ministre a ensuite détaillé les trois axes prioritaires autour desquels devrait s’articuler la réponse de l’Union africaine. Premièrement, « il est impératif d’obtenir un cessez-le-feu immédiat et sans condition », a-t-il souligné, « tout en respectant pleinement la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC. La responsabilité des auteurs de violences doit être établie et ceux qui perpétuent les attaques doivent répondre de leurs actes ».

Deuxièmement, « il faut renforcer de manière soutenue l’engagement politique, sécuritaire et diplomatique », a-t-il poursuivi, expliquant que « les missions de sécurité et de protection, notamment Monusco, doivent être adaptées aux défis actuels sur le terrain. Parallèlement, toutes les plates-formes diplomatiques visant à promouvoir le dialogue, la réconciliation et la confiance entre les pays des Grands Lacs doivent être réactivées et consolidées ».

Enfin, M. Attaf a mis en avant l’urgence de s’attaquer aux causes profondes du conflit, déclarant que « la richesse de la RDC doit être un moteur de coopération et de prospérité partagée, et non une source de confrontation ou de division régionale ». Il a précisé que « dans ce sens, nous soutenons pleinement le Cadre d’intégration économique régionale récemment conclu entre la RDC et le Rwanda, et appelons à sa mise en œuvre complète ».

Par ailleurs, le ministre d’Etat a réaffirmé l’engagement constant de l’Algérie pour une solution africaine à cette crise, indiquant que « nous croyons fermement qu’un règlement durable doit être fondé sur un dialogue inclusif, le respect de la souveraineté des Etats et l’adhésion aux principes consacrés par la Charte des Nations unies et l’Acte constitutif de l’Union africaine. Il a conclu en soutenant que « nous avons pleine confiance dans la capacité de l’Union africaine, en partenariat avec les acteurs régionaux et internationaux, à offrir à la RDC et à la région des Grands Lacs une perspective de coopération, de compréhension mutuelle et de prospérité partagée, et non de confrontation et de souffrance ».

Il convient de noter que la situation dans l’est de la RDC a atteint un niveau critique, où les menaces de confrontation militaire, la détérioration de la situation humanitaire et les risques liés au non-respect des engagements pris se conjuguent pour menacer la stabilité non seulement de la RDC, mais également de toute la région des Grands Lacs et, plus largement, de l’ensemble du Continent africain.



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