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Covid-19 : Les chiffres officiels loin de refléter la réalité

Covid-19 : Les chiffres officiels loin de refléter la réalité

La crise épidémiologique en Algérie s’aggrave de jour en jour, menaçant son système sanitaire déjà très fragilisé par les deux précédentes vagues de Covid-19. Les hôpitaux sont saturés depuis plusieurs semaines et les avis de décès inondent les réseaux sociaux, alors que les chiffres officiels communiqués quotidiennement par le comité scientifique semblent loin de refléter la réalité du terrain, indiquent des spécialistes de la santé.

Le Pr Réda Djidjik, chef de service immunologie au CHU de Béni Messous, explique qu’au vu de la situation actuelle dans les hôpitaux et la recrudescence des cas de contamination à la Covid-19, les chiffres officiels communiqués par le comité scientifique doivent être «multipliés par 30 pour avoir une idée réelle sur la situation épidémiologique en Algérie».

Pour le spécialiste en immunologie, l’Algérie enregistre quotidiennement entre 25 000 et 30 000 cas par jour, dont 1 à 3% nécessitent une hospitalisation ou une réanimation et un besoin en oxygène, provoquant une saturation des hôpitaux.

Des chiffres officiels quotidiens bien loin de la réalité

Dès le début de la pandémie, le bilan officiel ne reflétait pas la réalité de la crise sanitaire que traversait le pays, car il dépendait du nombre de tests PCR (Polymerase Chain Reaction) réalisés par jour et non des cas de contamination, selon le Pr Djidjik. Pourtant, à l’heure actuelle, la disponibilité des tests PCR et leur réalisation au niveau des hôpitaux et des laboratoires privés, en plus des tests antigéniques, qui sont d’excellents tests de diagnostic, permettent normalement de faire un constat réel de la situation épidémiologique dans le pays.

Pour stopper le pic pandémique «très aigu», le spécialiste insiste sur l’obligation d’arrêter toutes les activités et les regroupements et procéder à un confinement strict pour pouvoir stabiliser ce pic et désengorger les hôpitaux, et ce afin de permettre aux équipes médicales de travailler sereinement «car aucun système de santé au monde ne pourra faire face à une vague telle que celle que traverse l’Algérie».

Un confinement strict permettrait de briser la chaîne de transmission du virus et, de ce fait, aux hôpitaux d’absorber le choc.

S’agissant de la vaccination, le Pr Djidjik a affirmé que le vaccin ne protègera pas les personnes vaccinées de la vague actuelle car il ne sera efficace qu’un mois après son administration. Il faut du temps pour que le système immunitaire produise les anticorps nécessaires pour lutter contre le virus.

«La vaccination est le seul moyen de contrôler l’épidémie mais pas pendant le pic», tranche le spécialiste qui ne voit d’autre moyen qu’un confinement total et strict pour arrêter le pic.

Il convient de signaler que plusieurs spécialistes de la santé ont pointé du doigt les chiffres officiels, lesquels ne reflètent pas la réalité de la situation. Selon eux, les chiffres coduisent au relâchement dans l’application des mesures barrière par les citoyens.

De son côté, Amel, 35 ans, femme au foyer, déclare qu’au quotidien, des personnes de son entourage sont atteintes de la Covid-19, déplorant une dizaine de décès. «Le pire c’est qu’on ne peut accompagner nos familles, nos amis ou même nos voisins dans leur deuil douloureux», ajoute-t-elle avec peine.

Pour sa part, Mourad, 45 ans et papa de trois enfants, confie au Jeune Indépendant : «En plus du stress de la contamination, je suis en colère contre les personnes qui prennent les choses à la légère et ne respectent plus les mesures barrière. Ce relâchement est en grande partie dû aux chiffres communiqués par les autorités et lesquels ne reflètent pas la réalité. Je ne m’explique pas ce choix de minimiser la situation».

L’Algérie enregistre depuis l’apparition de la pandémie en février 2020, 163 660 cas de contamination à la Covid-19 et 4 087 décès, selon les chiffres officiels.

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