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Crise économique au Maroc : Le front social en ébullition

Crise économique au Maroc : Le front social en ébullition
Une contestation populaire grandissante au Maroc

L’effervescence sociale gagne la rue au Maroc. La crise économique fait des ravages. L’inflation bat des records et le chômage gagne de l’ampleur au sein des catégories les plus démunies. Les conditions de vie deviennent des plus déplorables, alors que la cherté de la vie est devenue un sujet préoccupant chez la population marocaine. C’est la pire crise sociale depuis celle de 1981.

Partout, c’est la colère chez la population, au moment où le gouvernement local vient d’afficher ouvertement son échec dans la gestion du pays. Seule parade pour les autorités du Makhzen c’est la répression et le tout sécuritaire, craignant une plus large mobilisation populaire et surtout une conjonction des actions de grogne.

Actuellement, les observateurs estiment que les revendications sociales risquent de faire jonction avec des revendications politiques, notamment chez l’opinion publique qui revendique le respect des droits de l’homme et des libertés dans les régions du Rif au nord du pays, qui dénonce la normalisation avec l’entité sioniste et son entêtement à refuser toute démarche onusienne dans son conflit avec les Sahraouis.

Au sein des universités et des campus, les étudiants manifestent contre le rapprochement avec Israël et réclament une démocratisation rapide et totale.

L’atmosphère délétère dans la rue, le ras le bol généralisé et la répression tous azimuts de tout rassemblement populaire préoccupe la Makhzen qui pense qu’il s’agit ici d’une véritable menace pour sa survie.

Cette situation a poussé le makhzen à demander de l’aide auprès des monarchies de la péninsule arabique, ainsi qu’auprès de certaines institutions financières et des grands établissements bancaires internationaux. Le régime makhzenien avait espéré derrière sa politique de normalisation avec l’entité sioniste que la grande finance internationale allait lui offrir des investissements et des prêts bonifiés de longue durée, et surtout des aides et une assistance économique gratuites.

L’économie marocaine entame déjà l’année 2023 dans l’incertitude. Elle est marquée par le creusement des déficits, l’augmentation du niveau d’endettement, une saison agricole menacée par la sécheresse et les coûts élevés des intrants et la forte hausse des prix des matières premières et énergétiques, selon un rapport de la banque d’investissement marocaine CDG Capital.

Ainsi, la hausse des prix des matières premières et de l’énergie, combinée au rétrécissement des conditions de financement à l’international et au ralentissement de la demande étrangère adressée au Maroc, “devraient impacter trois équilibres macro-économiques : un creusement du déficit commercial suite au renchérissement des importations, une hausse de l’inflation et un rétrécissement des conditions de financement du Trésor à l’international, accompagné d’une augmentation des charges de la compensation”, présagent les analystes de CDG Capital Insight.

Les équilibres extérieurs du Maroc sont sous pression face à la hausse des importations et de la faiblesse des recettes touristiques.

Beaucoup de facteurs devraient contribuer à creuser de manière importante le déficit commercial du Maroc, qui pourrait franchir pour la première fois la barre des 200 milliards de dirhams (20,54 milliards de dollars), estime-t-on dans le même document.

Et ce constat a mis à nu la politique du gouvernement, mené par un oligarque proche du palais, beaucoup plus porté vers la gestion des affaires courantes et la satisfaction des intérêts personnels des ministres et leurs familles. Depuis le début de l’année, c’est la grogne.

Tous les secteurs sont concernés par cette vague de manifestations et de débrayages. C’est ainsi que le secteur de l’éducation au Maroc connaît une congestion sans précédent ces derniers mois, en raison du mépris qu’affiche le ministère de tutelle envers les revendications professionnelles légitimes des employés. Des syndicats exaspérés par l’attitude des autorités ont appelé à l’organisation de nombreux sit-in et mouvements de grève durant ce mois de novembre.

Il faut dire que ce secteur est l’un des plus touchés par les mouvements de grève au royaume, du fait de l’incapacité du gouvernement du Makhzen à prendre en charge les revendications des employés.

Face à l’impasse à laquelle a abouti le dialogue ouvert avec la tutelle, la Fédération marocaine des fonctionnaires du secteur de l’éducation a décidé de tracer un programme de lutte consistant en l’organisation de plusieurs actions, dont un sit-in mardi prochain devant le siège du ministère de l’Education, ainsi que des rassemblements devant les académies régionales le 29 novembre à travers le pays.

Selon le secrétaire général de la Fédération marocaine des fonctionnaires du secteur de l’éducation, Abdelilah Dahmane, le mouvement de protestation contre les premiers résultats du dialogue sectoriel est un “message d’avertissement.

Par ailleurs, la même Fédération a condamné “l’agression répétitive et injustifiée des personnels de l’éducation et des autres secteurs par les forces de sécurité marocaines lors de leurs différents sit-in”, affirmant qu’elle était “inadmissible” et ne pouvait “en aucun cas être justifiée”.

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