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Nationale

Crise, changement de la feuille de route ?

Crise, changement de la feuille de route ?

Si l’on sait que le Premier ministre ne déposera pas sa démission sur le bureau du Président Bouteflika, on ne sait pas, par contre, si ce gouvernement va appliquer certains dispositifs de la Loi fondamentale. Pour des analystes, le Premier ministre Abdelmalek Sellal attend un « léger » remaniement ou un « lifting » avant de se conformer à l’article 93, alinéa 3, qui dispose que le gouvernement prépare son plan d’action, le présente au Conseil des ministres avant de le déposer au Parlement pour adoption.

Des milieux politiques s’interrogent encore sur l’éventualité de changement de la feuille de route du gouvernement depuis que les parlementaires des deux chambres ont adopté la nouvelle Constitution. Si on sait que le Premier ministre ne déposera pas sa démission sur le bureau du Président Bouteflika, on ne sait pas, par contre, si ce gouvernement va appliquer certains dispositifs de la Loi fondamentale.

Pour des analystes, le Premier ministre Abdelmalek Sellal attend un « léger » remaniement ou un « lifting » avant de se conformer à l’article 93, alinéa 3, qui dispose que le gouvernement prépare son plan d’action, le présente au Conseil des ministres avant de le déposer au Parlement pour adoption.

Or, on s’interroge logiquement sur les auteurs de ce plan d’action ou ce programme nouveau. Sellal lui-même demeure énigmatique, bien qu’il n’ait divulgué que deux idées vagues depuis l’adoption de la nouvelle Constitution. Confiant et pratiquement sûr de rempiler, Sellal attend le quitus de Bouteflika sur le choix de quelques nouveaux ministres avant de se lancer sur des fronts économiques et sociaux.

Ces deux idées que le Premier ministre a balancé récemment aux médias entretiennent le flou et cultivent déjà la polémique. Pour les observateurs, les « révélations « médiatiques du Premier ministre ne rentrent point dans une stratégie de communication ou une opération de marketing politique, car le fait que Sellal dise qu’au mois d’avril (donc dans trois semaines ) le gouvernement va présenter à l’APN un « nouveau modèle économique » et qu’il annoncera dans la foulée un emprunt obligataire national, cela veut dire que tout est au point et qu’il ne reste que ces histoires de « réglages » dans le choix des CV pour des postes ministériels que Saâdani exige, que

Sellal attend et qu’une source autorisée de la Présidence nie.
Mais, dans ce brouillard savamment entretenu, les polémistes guettent le moindre geste, le rai de lumière le plus infime et sont à l’affût des dérapages et des contre-vérités.

Car, aujourd’hui, ces mêmes milieux politiques s’interrogent sur ce « modèle économique nouveau « qui attend les Algériens au mois d’avril. S’agit-il du libéralisme new look ou d’un lifting au socialisme ambiant qu’on traîne depuis l’époque du parti unique ? Ce modèle économique que prône Sellal serait-il la quintessence d’un projet de société ou juste la synthèse d’une formule de sortie de crise ?

Depuis des mois, on savait que le gouvernement a multiplié ses concertations avec des experts et des consultants, notamment sur des questions liées à la diversification de notre économie mono-exportatrice des hydrocarbures, à l’essor de l’agriculture et à la promotion de l’industrie et des secteurs des services.

Des consultations qui devraient, à terme, permettre au gouvernement algérien de trancher rapidement sur la manière de faire front à la chute vertigineuse des recettes pétrolières et à juguler les effets drastiques des coupes budgétaires qui ne vont pas manquer, ou à la multiplication des hausses des prix et des taxes.

Or, pour les économistes, cette panoplie de mesures et de batteries d’actions ne font pas un modèle économique ; elles ne renseignent guère sur la nature d’une doctrine économique qu’une autorité veut appliquer.

Nous savons que nous vivons dans un modèle hybride mi-social, mi-libéral, fruit d’une idéologie qu’on perpétue depuis l’indépendance, mais que la nature de l’Etat algérien, tout au long de son évolution face aux crises économiques, politiques et sécuritaires, a desservie et

complètement « chahutée » et « décrédibilisée ». Reste le choix des hommes ou des compétences. Ces analystes s’interrogent sur le fait qu’on propose un nouveau modèle économique dont on ne connaît pas le contenu, avec les mêmes ministres et les mêmes staffs.

Comment peut-on rendre crédible l’ambition de Sellal de lancer un plan d’action pour concrétiser un nouveau modèle économique national avec un cabinet qui a géré des budgets ministériels quand le pétrole flirtait avec les 110 dollars le baril, avant de les voir sermonner pour serrer la ceinture quand le baril n’atteint même pas le prix de référence de 37 dollars ? Ce modèle n’exige-t-il pas ses propres auteurs, ses propres experts et technocrates qu’il l’ont pensé et conçu ?

Faut-il encore céder aux caprices des politiques pour « phagocyter » le remède à nos maux budgétaires et socio-économiques ? Patientera-t-on encore jusqu’à la présentation à l’APN de ce plan d’action que l’article 93 alinéa 3 ?.

Un plan auquel le gouvernement devrait également insérer son gigantesque travail de législation, avec la promulgation de lois organiques (au nombre d’une vingtaine) et un arsenal juridique avec des projets de loi complexes sur des activités et des secteurs que la Constitution stipule et exige. Un plan d’action qui serait beaucoup plus un plan de « conformité » avec la Loi fondamentale qu’autre chose.

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