Crise avec l'Espagne: Sévère mise au point de l'Algérie à l'UE – Le Jeune Indépendant
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Nationale

Crise avec l’Espagne: Sévère mise au point de l’Algérie à l’UE

Crise avec l’Espagne: Sévère mise au point de l’Algérie à l’UE

Le ministère des affaires étrangères a dénoncé, dans une sévère mise au point rendue publique ce samedi 11 juin en fin de journée, « le parti pris » de l’Union Européenne en faveur de l’Espagne dans le différend politique qui l’oppose à l’Algérie, qualifiant de « fantaisistes » les insinuations de la commission européenne s’agissant des contrats gaziers liant Alger à Madrid.

« L’Algérie déplore et rejette les déclarations hâtives et infondées faites hier (NDLR: vendredi 10  juin) au nom de l’Union Européenne à la suite de la décision souveraine prise par l’Algérie de suspendre le Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération la liant à l’Espagne », a souligné un communiqué du MAE dont un ton ferme et sans équivoque.

La « précipitation » et le « parti-pris » de ces déclarations mettent en « évidence le caractère inapproprié de leur contenu, s’agissant d’un désaccord politique avec un pays européen de nature bilatérale n’ayant aucune incidence sur les engagements de l’Algérie à l’égard de l’Union européenne et ne nécessitant par voie de conséquence nullement le déclenchement d’une quelconque consultation européenne aux fins de réaction collective , estime le MAE algérien.

L’Algérie a rappelé que la décision de suspendre le Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération répond à des « considérations légitimes, qui tiennent pour l’essentiel à ce que le partenaire se soit délié d’obligations et de valeurs essentielles inscrites dans ce Traité, prenant ainsi la responsabilité de vider cet instrument juridique de sa substance et de mettre en cause sa pertinence dans les relations entre les deux parties audit traité. »

« D’évidence, la prétendue suspension des relations commerciales et d’investissement avec l’Espagne, étalée dans lesdites déclarations officielles européennes, y est précipitamment invoquée sans aucun fondement, et les instances communautaires européennes ne disposent en l’occurrence d’aucune base juridique pour établir leur compétence en la matière », poursuit le communiqué.

« Cette intrusion malencontreuse est le fait d’une personnalité manifestement commise à l’amplification des thèses de sa diplomatie nationale au détriment de la préservation des intérêts bien compris de l’Union Européenne au sein de laquelle l’Algérie s’honore de compter de nombreux amis et partenaires fiables et responsables », rappelle le texte du MAE qui donne à penser que l’Algérie est à l’évidence irritée par les propos tenus la veille par le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell et le vice-président exécutif de la Commission européenne et commissaire en charge du commerce de l’UE, Valdis Dombrovskis.

Alger souligne par ailleurs « l’Algérie qui a toujours tenu ses engagements dans le cadre de son Accord d’Association avec l’Union Européenne s’attache légitimement à promouvoir tous les volets pertinents de ce cadre, dans la transparence, en dépit du caractère asymétrique de la structure des échanges commerciaux entre les deux parties et des déséquilibres empêchant le développement d’un partenariat économique mutuellement avantageux. »

S’agissant du dossier énergétique entre Alger et Madrid, « l’Algérie rejette également, comme fantaisistes et malveillantes, les insinuations et interrogations relatives à la question de l’approvisionnement de l’Espagne en gaz, alors même le Président de la République lui-même a eu à affirmer solennellement la détermination de la partie algérienne à s’acquitter de ses obligations contractuelles y afférentes », assure le texte.

Au demeurant, cette question qui concerne des entreprises des deux pays sur des bases strictement commerciales ne se pose nullement dans le contexte des relations énergétiques avec les autres acquéreurs de gaz algérien dans l’espace euro-méditerranéen qui s’acquittent de leurs obligations contractuelles avec la même bonne foi que l’Algérie.

Vendredi 10 juin, l’ambassade d’Algérie à Bruxelles, a déploré  » la précipitation avec laquelle la Commission européenne a réagi sans consultation préalable, ni vérification aucune, auprès du gouvernement algérien, à la suspension par l’Algérie d’un Traité politique bilatéral avec un partenaire européen, en l’occurrence l’Espagne, sans s’assurer que cette mesure n’affecte ni directement, ni indirectement ses engagements contenus dans l’Accord d’association Algérie-Union européenne ».

La représentation diplomatique algérienne a indiqué que « s’agissant de la prétendue mesure d’arrêt par le gouvernement des transactions courantes avec un partenaire européen, elle n’existe en fait que dans l’esprit de ceux qui la revendiquent et de ceux qui se sont empressés de la stigmatiser. »

Cette réaction intervient suite à la parution d’une note l’Association des banques et établissements financiers (ABEF) invitant les directeurs des banques de geler les opérations de domiciliation bancaire pour les importations et les exportations de et vers l’Espagne. Une instruction qui n’a pas été confirmée par la Banque d’Algérie ou le ministère des finances.

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