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Monde Amériques

Crise au Venezuela: Moscou face à l’acharnement occidental

Crise au Venezuela: Moscou face à l’acharnement occidental

La crise au Venezuela née de l’obstination de l’opposition soutenue par les Etats-Unis à se dresser face à un pouvoir légitime, risque de conduire à une exacerbation de la tension en Amérique latine. C’est le scénario que la Russie veut éviter à un pays dévasté par une crise économique sans précèdent.
Depuis la réelection de Nicolas Maduro avec un score des plus confortables et des plus legitimes, Washington a décidé fomenter un coup d’Etat à Caracas sous le couvert du droit d’ingérence humanitaire, un alibi qui a coûté cher aux pays arabes comme la Syrie ou l’Irak.
C’est dans l’espoir d’éviter le scenario du pire que la Russie a paufiné un projet de résolution favorisant le dialogue au Venezuela au lieu de l’invasion du pays . C’est ce qui est souhaité par les faucons de la Maison Blanche à leur tête Elliott Abrams, chargé par Donald Trump de mettre en place les conditions du chaos dans ce pays latino-américain  riche en petrole mais dont les caisses sont vides.

« Certains responsables américains et dirigeants de l’opposition vénézuélienne affirment que notre résolution vise à perturber les soi-disant actions humanitaires planifiées par les États-Unis et leurs alliés », a indiqué avant-hier soir lors d’un point de presse à Moscou le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Pour Lavrov, la version américaine « vise essentiellement à utiliser l’acheminement de l’aide humanitaire comme un moyen de déstabiliser la situation au Venezuela et de créer un prétexte pour une intervention militaire directe ».


Maduro, une résistance face à l’hégemonie américaine

Il soulignera que le Conseil de sécurité des Nations Unies n’acceptera jamais une telle résolution avant d’ajouter que la Russie soutenait l’initiative du Mexique et de l’Uruguay visant à créer les conditions d’un dialogue national avec la participation de toutes les forces politiques au Venezuela. La semaine Lavrov avait déclaré que la Russie était prête à arbitrer le dialogue entre le gouvernement et l’opposition au Venezuela.

Dialogue contre recours à la force
La Russie, la Chine et certains autres pays se sont déclarés disposés à participer à un groupe de contact créé par l’Union européenne pour baliser le terrain à un dialogue. Moscou considère que la crise qui secoue la République bolivarienne est due à une « ingérence évidente » dans les affaires de cet État latino-américain. Lavrov a rappelé que la Russie envisage de défendre ses intérêts au Venezuela par le biais des mécanismes du droit international. Cela d’autant que Washington a imposé des sanctions contre la société pétrolière vénézuélienne afin d’asphyxier le pays.
Le Trésor américain a annoncé lundi dernier de nouvelles sanctions qui interdisent à PDVSA de faire du commerce avec des entités américaines et gèlent ses avoirs à l’étranger. Trois ans après son intervention en Syrie pour combattre le terrorisme, Vladimir Poutine fait tout pour venir au secours de son allié Nicolas Maduro. Quitte à ouvrir un nouveau front dans son bras de fer avec les Occidentaux. Dénonçant ce qu’il considère une nouvelle tentative de coup d’État fomenté par les États-Unis contre la légitimité à Caracas , Poutine a été l’un des premiers à appeler son homologue vénézuélien.
« Il a exprimé son soutien aux autorités légitimes dans le contexte de l’aggravation, par des forces extérieures, de la crise politique dans ce pays d’Amérique latine », avait confié le porte-parole du Kremlin, condamnant une ingérence « qui viole grossièrement les normes fondamentales du droit international ».


Un danger nomme Abrams

Depuis 2014 et les sanctions prises par l’administration Obama, les États-Unis sont obsédés par une déstabilisation de Nicolas Maduro dont le pays possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, selon le rapport annuel de l’OPEP de 2010 en plus du diamant, l’or et d’autres minerais.
Le Venezuela est le quatrième fournisseur des États-Unis en pétrole. Toutefois, en raison de la politique anti-américaine du régime chaviste, les importations nettes ont chuté de 60 % depuis 1997 selon l’Agence d’information sur l’énergie (EIA), une agence indépendante de la statistique au sein du ministère de l’énergie des États-Unis. Selon des observateurs, l’intervention dirigée et coordonnée par les États-Unis pour renverser Maduro n’a absolument rien à voir avec la restauration de la démocratie au Venezuela (dirigé par un président élu par 70 % des électeurs).
Elle a en réalité un lien avec la promotion des intérêts économiques américains. En nommant de fait Guaidó président l’arrogance impériale de Washington est motivée par les mêmes préoccupations que celles qui ont motivé d’autres interventions américaine dans le monde : renverser les gouvernements qui placent les intérêts de leurs citoyens au-dessus de celles des investisseurs nord-américains.
Déterminé à éliminer les gouvernements nationalistes en Amérique latine, Washington a intensifié sa guerre économique contre Caracas dans le but de ruiner son économie et de plonger le peuple vénézuélien dans la misère et le désodre.
C’était un plan que Washington avait suivi d’innombrables fois auparavant et ensuite, en Chine, à Cuba, en Corée du Nord, au Chili, au Zimbabwe, en Yougoslavie, en Irak, en Syrie et en Iran : affaiblir l’économie du pays visé, attribuer le chaos aux « échecs du socialisme » et à la mauvaise gestion économique, et attendre que le peuple se révolte contre sa misère. Au cas où une intervention américaine voit le jour, Lavrov a exhorté les États-Unis de dire où se réfugieront les Vénézuéliens si leur pays finit par sombrer dans une guerre civile.


Zakharova: Washington doit être honnête avec son peuple

L’administration américaine doit répondre à la question de savoir où iront les habitants du Venezuela si une guerre civile se déclenche dans leur pays, a déclaré vendredi la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova.
« Washington doit être absolument honnête avec son peuple ainsi qu’avec le peuple de l’Amérique latine. Où iront les habitants du Venezuela si ce qui a commencé dans le monde entier à l’initiative des États-Unis commence un jour dans leur pays ? », a demandé Mme Zakharova sur les ondes de la chaîne de télévision Rossiya 1. Nicolas Maduro a pour sa part accusé les États-Unis de chercher à organiser un coup d’État au Venezuela et a rompu les relations diplomatiques avec Washington.
Dans une interview accordée mercredi dernier à l’agence de presse russe RIA Novosti, M. Maduro a également révélé qu’il était prêt à négocier avec l’opposition avec l’aide des médiateurs internationaux.
Or, Washington est obstinée par son ambition de voir Maduro subir le même sort que Salvatore Alende en 1973 au Chili, tué alors par des putchistes appuyés par la CIA.

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