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Nationale

Crise au FLN : Baâdji vers la porte de sortie?

Crise au FLN : Baâdji vers la porte de sortie?

La crise ne cesse de s’amplifier au sein du vieux parti. Pourtant sorti victorieux d’une manière inattendue, lors des législatives anticipées du 12 juin dernier, le conflit organique et politique qui oppose la direction actuelle à des membres du comité central persiste toujours. Chaque semaine, de nouveaux rebondissements et des changements surviennent.

C’est ainsi que ce mardi le secrétaire général du FLN, Abou Fadhl Baâdji, aurait émis le souhait de déposer sa démission devant les membres du bureau politique. Lassé par une opposition persistante et une farouche contestation interne, Baâdji aurait compris qu’il ne pouvait continuer à gérer une formation politique dans des conditions aussi lamentables, sans consensus et sans véritable légitimité.

Selon des informations émanant du siège du parti, le SG aurait été contacté par certaines personnalités influentes du FLN qui lui auraient suggéré de quitter le navire par la grande porte. D’ailleurs, on estime qu’il aurait reçu des signaux assez parlants de la part d’institutions étatiques. Il faut dire que la contestation est vive contre lui, et ce depuis plusieurs mois. Le groupe qui dirige la révolte a recueilli plus de 300 signatures de membres du comité central, exigeant la tenue d’une session extraordinaire du CC, la mise en place d’une commission de préparation pour la tenue d’un congrès extraordinaire et la nomination d’un nouveau SG sur la base d’un vote démocratique et transparent.

Le groupe de révolte, mené par un mouhafedh de Blida, est allé jusqu’à déposer un dossier consistant auprès des services compétents du ministère de l’Intérieur, demandant une autorisation pour l’organisation d’une session extraordinaire du CC. A deux reprises, la demande n’a pas reçu de suite. Le groupe a même écrit une lettre explicative au président de la République pour tenter de débloquer l’affaire.

Pour ces opposants à Baâdji, le SG actuel est un intérimaire dont la mission est allé au-delà de son terme (six mois). Légalement, il ne pouvait être le dépositaire et le signataire de factures de dépense ou d’achat, comme il ne peut décider de nommer un quelconque responsable au sein des appareils du parti, selon leurs assertions.

Il y a deux semaines, approché lors d’un évènement banal, Baâdji semblait serein et tranchant. Il est passé directement à l’action en prenant de nouvelles décisions en vue de mettre fin à la crise et remettre de l’ordre au sein de son parti, et ce en excluant, via la commission de discipline du parti, dix-huit membres du comité central. Evidemment, il s’agit de membres parmi les plus actifs de la rébellion.

Les 18 membres définitivement exclus ont été auditionnés devant la commission de discipline pour les accusations liées à «la présentation sur des listes autres que celles du parti, ou d’avoir appuyé des listes autres que celles du parti lors du dernier scrutin législatif anticipé».

Peine perdue, ces opposants sont revenus à la charge en créant une instance de coordination pilotée par le mouhafedh de Blida, Mohamed Issaâd. Celle-ci s’est réunie à plusieurs reprises, ficelant le dossier juridique. Cette instance, qui se dit référer au CC, structure souveraine et délibérante entre deux congrès, s’appuie sur les statuts du parti et les résolutions de la dernière session du comité central.

Selon les dernières nouvelles, en cas de démission de Baâdji, le BP devrait se réunir en toute urgence, et ce en mettant en place un comité restreint d’une douzaine de membres, dont la mission serait de préparer rapidement la tenue d’un congrès pour nommer un nouveau SG, juste après la tenue des élections locales et de wilaya.

Parti majoritaire au sein des deux Chambres du Parlement, le FLN fait face, depuis la démission d’Abdelaziz Belkhadem en 2012, à une fronde politique majeure. Tous les SG qui se sont succédé ont subi les foudres de la critique interne, du volubile Amar Saidani au fantasque Ould Abbès, en passant par d’autres de moindre envergure. Tous sont critiqués, car soit parachutés de cercles externes au parti, soit imposés en foulant tous les règlements et le statut du parti.

Depuis, le FLN ne semble être qu’un gros navire en quête d’un amiral acceptable par ses matelots et ses marins, charismatique et profondément ancré dans l’idéologie nationaliste, socialiste et révolutionnaire.

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