Crimination du colonialisme français: Une loi du consensus national
Adopté à l’unanimité par l’Assemblée populaire nationale (APN) le projet de loi criminalisant le colonialisme français a été endossé par plusieurs partis, dont le FLN, Jil Jadid, le MSP, et le mouvement El Moustakbal traduisant ainsi un consensus national dans la rédaction de ce texte inédit.
Dans un communiqué, le Front de libération nationale (FLN) a salué une « étape historique », affirmant que la question de la mémoire nationale demeure une priorité souveraine, insusceptible de prescription ou de compromis. Le parti a mis en avant le consensus parlementaire ayant entouré l’adoption du texte, y voyant un hommage aux sacrifices des martyrs et des moudjahidine, de même qu’une traduction du principe de justice historique. Le FLN a aussi souligné que cette loi « s’inscrit dans une dynamique visant à établir des relations internationales fondées sur la reconnaissance de la vérité, le respect mutuel et l’égalité entre les nations ».
Dans le même sens, le Front El Moustakbal, par la voix de son président Fateh Boutbig, a exprimé son soutien à l’initiative, et ce à travers un message adressé au président de l’APN, Ibrahim Boughali. Le parti a, à cet égard, fait ressortir « le rôle institutionnel du Parlement et la portée souveraine de la démarche législative », jugeant que l’adoption du texte constituait un message fort quant à l’attachement de l’Algérie à sa mémoire historique et à la dignité de son peuple.
A côté de ces formations disposant d’une représentation parlementaire, le parti Jil Jadid (Nouvelle Génération), qui a récemment annoncé son entrée dans la course, a aussi réagi à l’adoption de la loi à travers un communiqué politique détaillé, signé par le nouveau président du parti Lakhdar Amokrane. « Jil Jadid affirme son soutien de principe et constant à toute démarche visant la reconnaissance officielle de la nature criminelle du colonialisme, la préservation de la mémoire nationale contre l’oubli ou la falsification, et la réparation morale des sacrifices du peuple algérien, ainsi que de millions de martyrs et de victimes », lit-on dans le communiqué.
Cependant, Jil Jadid a, en conséquence, rappelé que la reconnaissance des crimes coloniaux constitue un devoir moral et historique, tout en mettant en garde contre toute instrumentalisation conjoncturelle de la mémoire à des fins de « consommation politique interne ». Insistant sur son positionnement de parti national et démocratique, Jil Jadid a déclaré que la criminalisation du colonialisme ne saurait se substituer aux défis actuels du pays, plus particulièrement « l’ancrage de l’Etat de droit, l’élargissement des libertés et la construction des institutions légitimes ».
En somme, la formation politique avance que toute loi criminalisant le colonialisme doit d’abord s’inscrire dans une vision nationale globale de la mémoire, à l’abri de toute instrumentalisation ou usage opportuniste. Ensuite, elle doit être utilisée sur « les plans diplomatique et juridique pour défendre la vérité historique dans les instances internationales, sans servir à masquer une impasse politique interne ni à retarder les réformes nécessaires », a fait savoir le communiqué.
Jil Jadid a, en outre, soutenu que la défense de la mémoire nationale n’est nullement incompatible avec « la construction de relations internationales équilibrées, fondées sur l’égalité, le respect mutuel et les intérêts partagés, à condition que la vérité historique soit reconnue sans déni ni justification ».